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25 décembre 2016 7 25 /12 /décembre /2016 11:00

Au fond je ne suis qu'un vieil anarcho-surréaliste qui s'est perdu dans des "explications".

 

 

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Published by Gérard Larnac - dans Traduire le vent Chemin faisant
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22 décembre 2016 4 22 /12 /décembre /2016 11:06

 

Les acquis conceptuels, en ce qu'ils viennent clore une question, un débat, font bien plus obstacle à l'avenir que les acquis sociaux qui, eux, relèvent d'un mouvement de conquête, c'est-à-dire d'ouverture.

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Published by Gérard Larnac - dans Chemin faisant Lignes de faille
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21 décembre 2016 3 21 /12 /décembre /2016 17:08

Le rêve a pour mission de décomposer l'aléa; de revenir à ce moment précis où la main du destin n'a pas encore lancé le dès. Il nous entraîne vers une pensée de l'inattendu où toutes les évidences courent à l'envers. Il arrive que certains rêves lèvent un voile sur la réalité. Tout d'abord ils conduisent le réel en mode débrayage, le montre comme représentation pure. Or on peut toujours travailler une représentation, la transformer, revenir, corriger, répéter. C'est à quoi sert le rêve. Il essaye toute les clefs et lorsqu'une porte s'ouvre, on appelle ça "interprétation". Le rêve est entré en résonance avec la vraie vie, en correspondance. Il peut alors se montrer soit bénéfique soit destructeur.

 

 

  

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Published by Gérard Larnac - dans Traduire le vent Chemin faisant
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3 décembre 2016 6 03 /12 /décembre /2016 10:54

 

L’idée de « commun » remonte du fond des âges. C’est le phénomène des enclosures, ferment du capitalisme naissant, qui y mit un terme. Réactivée par les alter-mondialistes et le mouvement des places, promue par le prix Nobel d’Economie 2009, elle trouve une singulière actualité dans l’intelligence partagée du web, ce « commun des connaissances ». Jusqu’à devenir le concept politique, mondialement émergent, le plus important de ce début de siècle.

 

Au moyen âge, on appelait «communaux » des lieux qui appartenaient à tous et à personne. Une tradition qui remonte au néolithique. C’est la terre que l’on cultive librement, le pré où l’on fait paître les bêtes (vaine pâture), la forêt « communale » où l’on coupe le bois de chauffage, le territoire où l’on chasse, où l’on glane, où l’on cueille. Les « communs » sont une libéralité féodale qui accordait au peuple un droit de jouissance sur certains espaces laissés vacants et adoucissait son servage. Le principe des « communs » marque la prévalence de l’usage collectif sur la propriété privée, dans un système de coopération et d’administration communautaire des ressources.

Du XIIème au XVIIème siècle, le mouvement des enclosures va mettre progressivement un terme à cette politique des « commons ». En Angleterre, la privatisation des terres permet d’accroître le rendement des parcelles (assolement) et favorise la révolution agricole. Le droit d’usage des communaux dès lors tombe en désuétude, provoquant une misère immédiate ainsi que des mouvements de révoltes (c’est notamment le cas en 1607 dans les Midlands). La désintégration sociale à laquelle il conduit va provoquer le premier exode rural, le développement de l’industrie et l’entassement du lumpenprolétariat dans des aires insalubres.

De sorte que la notion de « commun » n’a jamais tout à fait quitté les esprits. Elle animera tous les débats sur la propriété privée, de John Locke à Rousseau, de Thomas More à Adam Smith, de Proudhon à Karl Marx. Le mode de vie « communautaire », durant les années 70, fut une tentation pour des millions de jeunes gens de par le monde. En 1968, le biologiste Garrett Hardin, dans « La Tragédie des biens communs » pose le paradoxe des communs : les comportements individualistes de surexploitation entraînent fatalement l’épuisement des ressources collectives. Si les « communs » sont laissés à la discrétion de tous, ils sont donc voués rapidement à disparaître. Il n’y aurait donc de salut que dans la privatisation (appropriation) ou dans la nationalisation (étatisation). Mais Hardin est contredit par la thèse de l’américaine Elinor Ostrom. Celle-ci montre, au contraire, que certains groupes sociaux sont parvenus à un réel équilibre écologique dans la gestion des communs. Ce travail lui vaut le prix Nobel d’économie 2009. Tout repose, explique Elinor Ostrom, sur la question de l’accès aux ressources communes, qui doit être administré, doté d’un système précis de règles qui en définissent l’usage collectif pour le rendre tenable. Cette régulation de l’appétit individuel, en complète opposition avec le crash que vient alors de subir une finance mondiale livrée à elle-même, remonte en fait aux premières organisations humaines.

Si le « commun » a pu perdre de son lustre dans les impasses du « communisme», la violence du choc libéral qui mit brutalement fin aux 30 Glorieuses l’a remis sur le devant de la scène politique. Alors que le concept de « révolution » paraît trop sulfureux, pétri de ses ambiguïtés constitutives et de ses faillites historiques, celui de « commun » semble un bon candidat pour se substituer à lui. La révolution, c’était le tremblement prémonitoire de la démocratie dans un mouvement qui la fait advenir mais ne la contient pas. Le commun au contraire, c’est à la fois le moyen de déployer la démocratie et la démocratie elle-même. Il n’existe pas de commun en dehors du geste même qui l’institue, c’est-à-dire en dehors de la mise en commun. C’est une pratique qui institue un principe, et non un principe qui impose une pratique.

Face à tous ceux qui pensent désormais « l’effondrement » (du système économique, de la civilisation occidentale, de la biosphère) sur le ton de la déploration, le « commun » vient à point nommé pour relancer les utopies : pacifiste, optimiste, fondé sur la mutualisation, la coopération et le partage, il représente un point d’émergence où se rencontrent la nouvelle techno-logique réticulaire, avec ses échanges numériques de pair à pair et la création d’un nouvel espace d’intelligence collective ; un outil de résistance efficace face à la privatisation de tous les cadres d’existence et la nécessité de nouveaux espaces de solidarité ; une conscience historique portée par un réel désir d’avenir. Au point qu’il est désormais considéré comme l’un des grands concepts politiques de ce début de millénaire.

Face à ce nouveau mouvement d’enclosure à l’échelle de la planète que constitue la mondialisation, un mouvement inverse de « disclosure » est désormais à l’œuvre : lors du Forum social Mondial de Belem au Brésil, en 2009, fut lancé le « Manifeste pour la récupération des biens communs » : « La privatisation et la marchandisation des éléments vitaux pour l’humanité et la planète sont plus fortes que jamais. Après l’exploitation des ressources naturelles et du travail humain, ce processus s’accélère et s’étend aux connaissances, aux cultures, à la santé, à l’éducation, à la communication, au patrimoine génétique, au vivant et à ses modifications ». En juin 2012 était même proposée une Déclaration universelle du bien commun de l’humanité. Les communs nouveaux annoncent au plan mondial l’aspiration citoyenne à de nouveaux modèles sociaux, au sein d’une économie écologiquement soutenable et socialement solidaire. 

 

 

Gérard Larnac
Décembre 2016

 

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2 décembre 2016 5 02 /12 /décembre /2016 10:59

 

La révolution, c'est le tremblement prémonitoire de la démocratie dans un mouvement qui la fait advenir mais ne la contient pas.

 

 

 

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23 novembre 2016 3 23 /11 /novembre /2016 07:23

Exister, c'est porter sa propre contingence dans le champ de la nécessité.

 

 

 

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14 novembre 2016 1 14 /11 /novembre /2016 11:44

 

sur le chemin des lucioles
redescendant avec la nuit
vers Hong Kong dans la brume
 

 

 

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Published by Gérard Larnac - dans Signes de piste
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13 novembre 2016 7 13 /11 /novembre /2016 09:57

Vu à Kowloon
dans le quartier de Tsim Sha Tsui
le vieux clochard sur son banc
il ouvre le South China Morning Post
à la page des nouvelles de ce monde
- et il part d'un grand rire.

 

 

 

 

 

 

 

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17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 15:49

 

Où est Dylan ? Encore une fois, c'est l'incertitude : le prix Nobel de littérature 2016 n'a pas manifesté la moindre émotion depuis l'annonce de son élection. Il faut dire qu'un prix n'est jamais qu'un prix ; qu'il appartient à la douce contingence des hommes. 

Mais sûr, Dylan Nobel ça en fait râler plus d'un. "Pas de la littérature", s'étrangle le choeur réactionnaire de la petite papauté culturelle parisienne. 

Pourtant du mot "littérature" personne ne connaît l'origine. Voilà bien un objet que seuls les idiots s'ingénient à enfermer dans une définition. 

Bob Dylan est sur la liste des "nobélisables" depuis 1996. Son oeuvre de troubadour, immense, funambulesque, est prodigieusement vaste. Il fut adoubé en son temps par Allen Ginsberg en personne comme le digne descendant de la tribu Beat.

Mais certains prétendront sans doute que Ginsberg n'appartient pas non plus à la littérature. Moi je me dis simplement que tant qu'elle peut encore nous surprendre, la littérature, c'est qu'elle est bien vivante. 

Thanks for all, Bob.   

 

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28 septembre 2016 3 28 /09 /septembre /2016 09:59

et tandis que c’est

une présence venue de loin

qui

te

regarde

et

pour finir

qui te

soulage

comme te soulagerait

la discrète proximité

d’un compagnon de bagne

que tu te serais inventé

mais rien rien

rien de bien

mystérieux

là-dedans

le noir est simple

comme le bon vin

c’est comme un souffle qui s’avance

à travers le blizzard au moment où l’on s’apprête

à reconnaître un visage familier

ou encore

la lumière sauvage en son point d’eau

(le noir vois-tu ne manque pas de métaphores)

noir ce noir de paupières closes

noir ce noir élégiaque

appliqué à même la toile

au rouleau au pinceau

jeté comme ça peut

dévoilant au hasard quelques

formes sommaires

qu’il recouvre pourtant

maldoror est noir

comme est noir l’ostrogoth

quand sade est si pauvrement vert

de même que le sacrement

discipline est jaune de bile

quant à rigueur

il est rouge d’apoplexie

désordre est noir tout noir

de même que chaos

dehors est d’un beau noir très ample

tirant un peu sur le bleu

noir le pas tranquille de mon cheval

dans ma montagne afghane

noir le khôl

de la beauté

sous l’envol des fusées

aucune noirceur dans ce noir-là

rien d’excessif non plus

c’est un champ où

rien ne manque

parfait équilibre du noir

paix de la complétude

pas de ce noir qui accable la lune

et fait naître l’obscur

pas de ce noir du noir des consciences noires

non non

rien de tel

vraiment

noir ce noir de portes qui claquent

la vie passe par

avec ses courants d’air

lugubre cérémonial de qui veut se débarrasser

du noir

le noir ça se mérite

le noir ça se médite

à contempler comme il advient

advient sans cesse

ne cesse d’advenir

il faut sans doute

approfondir le noir

comme le vieux paysan

ritournelle son

sillon

sans jamais lever les yeux

jusqu’à ne faire qu’un

avec le poids de la terre

retournée

à pas d’indien

toujours

arrive le noir

comme une visitation muette

il se glisse dans la pièce

et tout à coup c’est

ultime de présence

tu fais comme si tu ne t’apercevais de rien

bien sûr

car on dit que le noir

en de certains soirs

est susceptible de rendre

fou

pour ma part je n’en crois rien

mais sait-on jamais

(sur le noir tant de bêtises proférées)

ou parfois le contraire

il te semble que le noir

a toujours été là

sous un aspect ou un autre

qui ne nous le laissait pas connaître

autrement que par de certaines

vibrations atmosphériques

il n’a tenu qu’à toi

de le révéler tel

l’éveil au noir

comme un envol de signes sauvages

aux premières neiges du moine calligraphe

le noir n’existe pas

il est le nom que tu donnes

à la résistance du monde

sa stance
son tonos

peut-être n’as-tu peins le tableau

que pour la présence de ce noir

et ce regard par dessus ton épaule

qui contiendrait les multitudes

que sais-tu des multitudes

le noir lui

sait

le noir funambule et

précaire

comme une œuvre que l’esprit

s’acharnerait à tort à vouloir

compléter

comme utilement il complète lui-même

toute écriture

et la conduit paisiblement vers l’indéchiffrable

qui seul est sa juste

demeure

le

noir

dans sa débusque de lumière

rien de plus humain que le noir

de plus joueur

un humain qui serait ouvert

à tout ce qui l’excède

comme suspendu un court instant
au fil irrattrapé de la vie

reste là face au noir

longuement

longuement

à te demander

de lui ou de toi

qui sera le premier

à rompre ce tête-à-tête

-- et j’entends dans le noir

cette rumeur d’aube fraîche et de

caravanserai

Gérard Larnac septembre 2016.

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Published by Gérard Larnac - dans In extenso
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