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3 mars 2015 2 03 /03 /mars /2015 08:52

Laissons-leur tout.
Privons-les de nous.
Vivons libres : nous n'avons besoin ni de leur cynisme ni de leur avidité. Moins encore de leur façon d'organiser tout cela en notre n
om.

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Published by Gérard Larnac - dans Chemin faisant
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28 février 2015 6 28 /02 /février /2015 14:11

1975-2015 : 40 ans de crise n'en est plus une : c'est un régime. La "crise" ne nomme pas un accident, mais un régime politique. Non que le régime traverse une crise : la crise est le régime politique lui-même.

Le renversement du conjoncturel en structurel, du temporaire en permanent, est la marque du coup d'Etat dont nous sommes les contemporains.

Mais la crise est aussi l'occasion, le moment opportun ; car de l'incontrôlable s'est introduit dans la structure. Et le régime qui croyait étendre grâce à elle le champ de son autorité se trouve aussi exposé comme jamais à ce qui le condamne.

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26 février 2015 4 26 /02 /février /2015 09:00

"Une terre sans peuple", disaient-ils.
L'Autre est toujours invisible aux yeux de l'occupant.
Aucun peuple n'est élu.
Il n'y a que des vivants et des
morts.

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20 février 2015 5 20 /02 /février /2015 11:00

Le concept d’ethnocentrisme vient de l’anthropologie. Il désigne l’incapacité de voir dans le monde et sa diversité autre chose que des archétypes conformes à nos coutumes, nos habitudes et nos intérêts. C’est une pensée racialiste qui privilégie le rejet a priori de tout ce qui ne relève pas de sa propre culture. Depuis toujours, la moindre tribu s’est toujours désignée elle-même comme « l’Assemblée des Vrais Hommes », déniant à tout autre son caractère d’êtres humains ; c’est donc là une tentation naturelle contre laquelle il faut lutter. Depuis que sont apparues les certitudes confortables du consumérisme occidental, depuis surtout les thèses de « fin de l’Histoire » (Fukuyama, 1989) et du « choc de civilisation » (Huntington, 2001), l’ethnocentrisme est de retour. Il marque l’inaptitude à comprendre l’autre depuis les logiques qui sont les siennes, en ne considérant les cultures étrangères que comme des stades plus ou moins avancés de la nôtre. L’autre n’existe pas en tant qu’autre mais en tant qu’adversaire dénué de raison, ou en suiveur plus ou moins efficace. « En refusant l'humanité à ceux qui apparaissent comme les plus “sauvages” ou “barbares” de ses représentants, on ne fait que leur emprunter une de leurs attitudes typiques » (Claude Lévi-Strauss).

L’anomie (terme introduit en 1893 par le sociologue Emile Dukheim) caractérise un état de perte des valeurs, d’effacement des repères et d’irrésolution. Généralement les époques de forts bouleversements, de changements continus, prédisposent à l’anomie. C’est ce qu’il nous arrive en ce moment, d’où le déploiement actuel de nombreuses thèses déclinistes (Le succès du livre « Le suicide Français », d’Eric Zemmour, en est un bon exemple). Cependant un tel effondrement des normes peut aussi s’avérer propice à l’invention et la créativité, en l’absence des barrières traditionnelles. L’anomie serait alors l’état naturel d’une société confronté à des changements majeurs.

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17 février 2015 2 17 /02 /février /2015 11:45

Sans bruit

rejoindre

le but ultime

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2 février 2015 1 02 /02 /février /2015 16:55

Contre l'imposture de ce temps, seul, le discernement.

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2 février 2015 1 02 /02 /février /2015 16:52

Je danse la danse pour que l'espace se souvienne.

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25 janvier 2015 7 25 /01 /janvier /2015 09:04

La séquence "Charlie Hebdo" a permis à la nation de réaffirmer son attachement à la liberté d'expression, à l'esprit critique et au droit à la dérision. C'est pourtant au nom de cette même liberté d'expression que l'on enferme aujourd'hui des gamins de 14 ans "parce qu'ils ne sont pas Charlie" - niant par là cette salutaire provocation que précisément on prétendait défendre.

L'art de la caricature ne possède pas de vertu en soi. Les caricatures antisémites des années 30 ont accompagné la montée du nazisme et l'arrivée d'Hitler : le juif avare, les doigts crochus enserrant sa cassette... Image que Fofana invoquera en 2006 pour justifier le choix de sa victime, Ilan Halimi, forcément riche parce que juif. Le premier cliché journalistique, c'est la caricature. La propagande passe par la caricature; elle n'est même profondément que cela : caricature.

On comprend mieux dès lors comment tous les liberticides ont pu se donner la main dans un tel élan d'unanimisme : que vive donc la caricature ! Dans un monde complexe, hautement interactif, où les hommes et les cultures n'en finissent pas de se heurter sur une planète devenue trop exiguë, la caricature n'aide pas à la compréhension ni à la rencontre mais flatte les bas instincts et attise les haines.

Propager une vision simpliste, systématiquement réductrice, conforme aux intérêts des oligarques : voilà à quoi se résument en général les médias. La politique adore la caricature. Elle ne fait que cela, à longueur de journée. Contre la pensée, contre la complexité, contre la lucidité : encore et toujours la
caricature. Le triomphe d'une carrière politique, en France, ne consiste-t-il pas à avoir sa marionnette aux Guignols de l'Info ? On comprend dès lors pourquoi ceux qui se targuent de "gouverner" mettent un tel acharnement à les défendre, ces foutues caricatures.

Alors oui à la liberté d'expression, à toutes les libertés d'expression; mais avec le décryptage et le recul nécessaires. Oui Charlie a prêté la main à l'islamophobie. Non le rire n'est jamais innocent. Le musulman est le juif d'hier; et la caricature prépare toujours les esprits au prochai
n Vél d'Hiv.

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20 janvier 2015 2 20 /01 /janvier /2015 17:14

Parfois la nuit la rue fait bloc. Un roc impénétrable. Part arrachée à l’épaisseur plus générale du cosmos. On est là, jeté dans cet obscur scintillant, entre le poids des choses et la légèreté du monde. Lévitant. Fracassé. Marchant pour faire sonner nos pas, simplement, sur les trottoirs déserts. Avancer vers ces carrefours d’illusions où les néons rares se déposent en reflets colorés, noyés au fond des flaques avec les dernières feuilles mortes. La nuit charbon noir laisse sa trace sur les chairs à vif. Elle empèse les rares silhouettes, on dirait des âmes de revenant qui feraient pénitence. On les regarde, de loin. On ne sait que leur dire. Comment les aborder. Ce sont nos frères en déambulations nocturnes. Il y a ceux qui rentrent dont ne sait où. Il y a ceux qui errent, qui sait jusqu’où. Entre les deux existe une frontière ténue, indistincte, celle qui sépare peut-être le désespoir et la maraude, l’abattement et l’espérance. Mots d’amour murmurés dans l’obscurité fumeuse des lampes à sodium, dans le creux connecté de nos mains esseulées. Il faudra bien passer à travers cette nuit. Parce qu’on n’a pas mieux à faire. Parce que tout ce qu’on a connu d’ouvert et d’accueillant s’est peu à peu fermé à double-tour. Barrières, digicodes, rideaux de fer cadenassés. Et tout ce que l’on a été se résume à cette ombre furtive dans le fond des impasses. Où allons-nous. Qui sommes-nous. Quelle part de ce calvaire lent, dans le lent dépotoir de nos candeurs et de nos rêves. Nous essaimons nos solitudes en titubant dans le noir. Nous effleurons nos semblables, nous aurions tant voulu nous y accrocher à cette main, à ce bras, cette épaule ; mais nos semblables sont envahis de terreurs toute pareilles aux nôtres. Nous baissons la tête, et personne n’en dit rien, et chacun fait comme si. Seulement cette nuque entrevue, et qui passe. La nuit s’entête. Nous disséminons nos angoisses à travers les mille arrangements de ce vieux chaos mutique. Urban desperado. Dans les tours assombries les rares veilleurs finiront-ils par découvrir quelque chose d’utile à leur propre vie ? On voudrait juste que leur lumière tienne bon, encore un peu, jusqu’au matin qui viendra aussi subitement que tombe la cendre des cigarettes entre les doigts des assoupis. A mille floraisons nocturnes la vie « after hours » se faufile en nous, comme un sortilège. Ronde sauvage des heures perdues. Des pas perdus. Sous la nuit noire la ville est rouge comme la braise. Le feu couve.

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19 janvier 2015 1 19 /01 /janvier /2015 08:45

L'autorité, c'est soit la discipline soit la reconnaissance. La force ou le savoir. Or l'Ecole, l'Ecole républicaine, ne possède plus désormais ni l'une ni l'autre. Sa vocation émancipatrice n'existe plus ; ni pour la formation de l'esprit critique et de la citoyenneté, ni pour la promotion sociale d'un individu. C'est même le contraire : percutée par la société consumériste ultralibérale d'un côté et la relégation sociale de l'autre, l'Ecole est le lieu de reproduction, voire d'accentuation, des inégalités, l'apprentissage du conformisme, de la frustration et du fatalisme. Loin de cet élan émancipateur qui en était le fondement, l'Ecole n'est plus vécue comme le lieu de l'accès au savoir mais comme une prison; une vague garderie avant le chômage.

Comment, dès lors, ne pas désespérer ? En faisant retour à l'antidépresseur de base : le communautarisme, le refuge dans des identités réelles ou fantasmées. Ainsi certains élèves ont recours à l'autorité du religieux pour jouer en contre à l'égard de cette institution dont la fonction intégrative s'est grippée. Ainsi voit-on le désarroi d'un corps enseignant désavoué (on se souvient de la sortie de Sarkozy sur La Princesse de Clèves) face à la perte de l'autorité des savoirs émancipateurs, au profit de l'autorité restaurée de la religion. Croire, mieux que savoir. Croire, pour détruire le savoir et la liberté qu'il suppose. Car ne sachant que faire de la liberté on tend toujours à la détruire, pour ne pas assumer la responsabilité individuelle qu'elle suppose.

Oui l'Ecole républicaine est vouée au désastre, faute de moyens, faute de convictions.Oui la religion est cette arme de réaction massive qui est en train de la subvertir jusqu'en ses fondements. Oui la doxa libérale - et cette autre arme de réaction massive que constitue la dette - représente l'autre mâchoire de la tenaille. Ainsi Saoudiens et Américains partagent-ils un même dessein : celui de soustraire notre monde à l'intellection et au discernement. Leur ennemi commun ? La liberté.

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