19 avril 2014 6 19 /04 /avril /2014 11:03

Equateurs équarris

interval

- les poétiques

pour mesurer la vie

à l'échelle

de l'inouï

Celui qui sait

ne va nulle part

immobile

silence

qui ne dit

ni ne tait

au sein du vaste

dans l'inconstance

du pire

et du meilleur

permanence du

changement

du même au même

à travers

le même

Les renonçants sont

des saints

les seuls peut-être

véritables

Rimbaud s'arrête

Melville s'arrête

lignes interrompues

ouvertes

à autre chose

 

en grand et

inexorablement

 

 

 

 

Gérard Larnac - avril 2014.

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18 avril 2014 5 18 /04 /avril /2014 09:00

Avant-garde : un processus de désaffiliation, de déconditionnement qui favorise l’apparition existentielle et artistique d’un écart, vécu comme le nouvel horizon d’attente de la modernité parce qu’il en constitue, à travers sa proposition inattendue, à la fois la somme, la critique et le dépassement.

On dit le processus en panne. Force est de constater que l’avant-garde ne se signale guère à notre attention. Si l’individu contemporain a bien du mal à répondre à l’injonction « Adaptez-vous », c’est faute de savoir « à quoi s’adapter » - et non « comment s’adapter». Une même question se pose à l’avant-garde : de quoi se retirer ? Impossible aujourd’hui de savoir dans quoi s’engager, de quoi se dégager. L’avant-garde est le double inverse de la société intégrative. Or celle-ci disparue, disparaît du même coup la possibilité de l’avant-garde.

En se volatilisant, la société a ôté du même coup à l’individu cette capacité de révolte dont l’avant-garde n’est qu’une des nombreuses manifestations. Pas de contre-culture sans culture préalable. Si la tentation d’avant-garde, le goût de l’avant-garde, demeurent, c’est à la manière de la sensation dans un membre fantôme. Ainsi chacun possède secrètement son moment d’avant-garde, qui l’anarchie, qui Dada, qui Picasso, qui les Surréalistes ou les débuts du rock’n roll… Une approche muséale, mémorielle, commémorative – décorative en somme. La néo-avant-garde est partout, dans la publicité ou dans le papier peint, plus référentielle que vivante ; l’inattendu manque.

Mais de quoi faudrait-il être si fier ? Les avant-gardes ont-elles rendu la société plus juste, plus équilibrée ? Aujourd’hui la haine de la culture et de la connaissance a pris le pas sur la haine de l’injustice et de l’exploitation politico-économique. La culture n’a pas su se rendre assez aimable, ni assez proche, ni assez vivante, ni assez désirable. Le même reproche sera adressé à l’avant-garde, entendue comme pointe avancée de la culture.

L’avant-garde est comme la jeunesse ; on sait seulement que quelque chose s’est passé, que cette chose n’est plus là mais que rien ne peut faire qu’elle n’ait pas été. En cela elle nous constitue, comme un sédiment très profond dont le principe est, qu’on le veuille ou non, encore actif.

La société n’est plus la somme de valeurs dont on pouvait naguère encore contester l’empire ; mais la somme des flux, des courants, des vitesses auxquels nous sommes continument livrés.  On peut toujours fuir : cela ne constituera pas une avant-garde. L’avant-garde fait partie intégrante de la société de son temps. Elle est la conscience des tectoniques sociales. L’avant-garde consiste à faire plier l’ici maintenant au désir irrépressible de l’ailleurs, de l’autrement. L’underground n’est pas un « other ground ». Oser la sortie vers l’otherground représenterait quelque chose d’autre qu’une avant-garde. La société en réseau favorise, par le jeu de ses interactions faibles, la constitution d’un tel otherground ; d’une telle utopie.

C’est peut-être dans ses ratés même qu’il faut concevoir une avant-garde toujours possible ; car l’avant-garde est avant tout désir d’avant-garde. Jusqu’en cette société vaporisée, même au sein de cet individualisme sans sujet qui est notre actuelle condition, il y a place encore pour un geste ayant vocation d’étonner, de dévier, de revitaliser. Cela donnerait enfin de la gueule à la vie. Un geste né derrière le fantôme des avant-gardes, mais conservant comme elles le pouvoir d’ouverture, d’utopie et de métamorphose.

L’urbanisation forcenée crée la modernité comme un lieu arraché au passé, à la mémoire. Son moteur, c’est l’à-venir. Le changement perpétuel. La vitesse. Pareil à la bicyclette qui ne tient droit qu’en mouvement. La ville a autant besoin de mouvement que l’usine. Sa production en série : le sentiment de contemporanéité. Cela suffit à la soumission des masses.

L’utopie est avant tout le chemin qui y conduit, un chemin que l’on n’aurait jamais emprunté sans elle. En cela l’utopie c’est l’autre mot pour « avenir ». C’est cette force d’avenir, cette force d’utopie, qu’il faut réveiller sous les avant-gardes assoupies. Face au non-sens absolu que constitue la société contemporaine le Sujet absent, éparpillé, trouve l’occasion de se ressaisir.

Chacun des moments, chacun des lieux propices à ce ressaisissement est un espace d’avant-garde.

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12 avril 2014 6 12 /04 /avril /2014 14:07

"Le discours décharné et rabou­gri de la gauche, son empressement à se fondre dans l’ordre libéral planétaire (Pascal Lamy), son assimilation du marché à « l’air qu’on respire » (Ségolène Royal), sa proximité avec le monde du spectacle et de la frime (Jack Lang), sa réticence à évoquer la question de classes sous quelque forme que ce soit, sa peur du volontarisme poli­tique, sa haine du conflit, enfin, tout cela n’aurait-il pas préparé le terrain à la victoire de ses adversaires ? Les éter­nels « rénovateurs » de la gauche ne semblent jamais s’ins­pirer de ce genre de questionnement, au contraire. Il n’existe pas de meilleure preuve de son urgence."

 

Serge Halimi

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7 avril 2014 1 07 /04 /avril /2014 10:14

"La presse underground représente la seule opposition sérieuse à une puissance grandissante et aux techniques de plus en plus sophistiquées utilisées par les mass media de l'establishment pour falsifier, dénaturer, citer à faux, écarter comme ridicule a priori, ou simplement ignorer ou effacer pour toujours les données, les livres, les découvertes qu'ils jugent contraires aux intérêts dudit establishment."

William S.Burroughs

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7 avril 2014 1 07 /04 /avril /2014 10:03

Connaissance................. Autonomie

. .

. .

. .

Liberté ......................... Contestation

La Connaissance est la clef de l'autonomie qui permet l'esprit de contestation qui, seul, donne accès à la liberté. C'est ce que j'appelle la boucle de rétroaction libératoire.

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1 avril 2014 2 01 /04 /avril /2014 14:54

Il est deux mondes que tout oppose: celui qui aspire à développer les droits humains, le respect de l'autre, l'expression des cultures et la maturation des idées ; et celui qui entend entreprendre et conquérir, dans une logique de profit maximum et de globalisation.

Aucun n'est moins légitime que l'autre.

Ce n'est pas par incompétence ou sens moral que l'on refuse de faire fortune, ce n'est pas par bêtise et inculture que l'on consacr sa vie aux affres de l'économie.

La dissymétrie vient de ce que le monde de l'économie tend à désorganiser le monde de la culture en y imposant ses logiques, tandis que le monde de la culture se montre inapte à conduire le monde de l'économie vers ses vues et ses modes de fonctionnement.

Personne n'est fondamentalement dans l'erreur.

Mais ces deux mondes ne sont pas conciliables.

La politique, la vraie, consisterait à organiser simplement, avec lucidité, leur coexistence pacifique.

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16 mars 2014 7 16 /03 /mars /2014 19:02

Qu’aurons-nous été d’autres que des voyageurs grisés à la portière d’un train fou, accoudés à nos vitres baissées tandis que file le paysage dans le ballet où se croisent et se décroisent incessamment tous les plans du visible, goûtant avec délice cette seconde suspendue à l’abîme, ivresse, juste avant de glisser dans le noir ?

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13 mars 2014 4 13 /03 /mars /2014 14:55

La reprise internationale qui se dessine chaque jour un peu plus nettement ne doit pas masquer pour autant le marasme de la consommation intérieure. La modération salariale, la pression fiscale et le gonflement des dépenses contraintes ont ôté au consommateur toute marge de manœuvre. Et devant le manque de certitude au regard de son avenir, celui-ci ne semble toujours pas décidé à puiser dans son épargne. Résultat : une ambiance de quasi-dépression et un arbitrage de crise prolongée qui pèse durablement sur la consommation.

Pour les entreprises, l’impossibilité de répercuter les hausses de prix et de charges fait planer une menace déflationniste. La demande se raréfie, les marges se compriment : avec un effet désastreux sur les emplois et les investissements.

Curieux moment que celui que nous traversons actuellement. Malgré le brouillard certains faits nouveaux commencent cependant à être attestés. Nous sommes passés de la croyance en la fable des crises conjoncturelles de réajustement cyclique à la certitude désormais partagée que nous traversions une « crise systémique ». La distance s’accroît considérablement entre ceux à qui profite la crise parce qu’ils jouent sur le marché mondial et l’économie virtuelle, et ceux qui en sont les victimes parce qu’ils sont restés dans l’économie réelle et perdent leur emploi sans espoir d’en retrouver un autre sous un délai raisonnable. On ne peut donc parler de « déni » français, dû à on ne sait quel refus congénital de regarder l’avenir en face ; mais bien d’une rupture entre deux catégories qui ne partagent plus aucun intérêt commun. Il n’existe plus désormais de compromis social entre les différentes couches de la population. C’est nouveau, et c’est explosif.

Une situation d’inégalités grandissantes d’autant plus préoccupante que de plus en plus d’études révèlent que la France n’est pas ce modèle social généreux que l’on prétend. Le système socio-fiscal s’avère en fait peu redistributif au regard de nombreux pays. Le transfert monétaire des catégories aisées vers les plus modestes y est moins élevé qu’ailleurs. Les classes moyennes supérieures contribuent davantage à l’impôt que les 10% de la population les plus aisés ; tandis que les classes moyennes inférieures sont peu soutenues, contrairement à ce que l’on observe en Finlande, en Suède, en Italie… mais aussi en Irlande et au Royaume-Uni !

La question des inégalités a été récemment relancée, non par quelque gauchiste exalté, mais par les instances économiques les plus sérieuses. Que ce soit dans l’enceinte du FMI ou dans le cénacle de Davos, on commence en effet sérieusement à s’interroger : et si les inégalités pesaient sur l’efficacité même de l’économie ? Dans son rapport de février dernier intitulé « Redistribution, Inégalité et Croissance », le FMI affirmait par exemple que les inégalités étaient une cause déterminante de la permanence de la crise. Et qu’à l’inverse, un niveau approprié de redistribution aurait une incidence bénéfique sur le retour de la croissance.

Au chômage de masse apparu dans les années 80 est venu s’ajouter, depuis la crise des emprunts toxiques américains de 2007, le poids de la dette. Rembourser la dette, c’est plus de chômage donc plus de dette. A ce niveau d’absurdité, ce n’est plus de l’économie, c’est un sketch à la Raymond Devos ! Pris en tenaille entre ces deux impératifs inconciliables, le système est tout bonnement en train de s’effondrer sur lui-même. La seule issue consisterait à « penser en dehors de la boîte ». Quel sera donc le deus ex machina ? Le dénouement n’est peut-être pas si lointain. Poussée par l’innovation, une véritable « troisième révolution industrielle » est en effet en train de se profiler. Dans un bel exemple de mobilisation et de mutualisation des compétences, toute la région Nord-Pas de Calais s’active actuellement à donner corps aux thèses de Jeremy Rifkin sur la transition écologique (à partir d’une synergie entre énergies renouvelables et technologies Internet). C’est sans doute la grande chance dans l’histoire chaotique des hommes que de n’avoir jamais achevé un cycle d’évolution avant d’avoir inventé l’outil lui permettant de s’adapter au cycle suivant. Tel est ce qui est en train de se passer sous nos yeux. Nous sommes sortis du XXe siècle, qui aura certes été le plus violent de tous, mais munis d’une connexion Internet !

Après des décennies de soumission inconditionnelle au dogme de la dérégulation, la soudaine prise en compte de la question des inégalités par les analyses officielles marque un tournant fondamental dans la pensée économique dominante. Quant à la perspective d’une troisième révolution industrielle, elle offre un cadre inédit pour repenser à nouveaux frais les rapports entre pacte social et compétitivité soutenable. Une nouvelle aventure à écrire.

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12 mars 2014 3 12 /03 /mars /2014 14:51

à Walt Whitman

Réserver une chambre au Wigwam Hotel peut vous prendre une vie et parfois davantage. Ni les élégantes façades victoriennes de Waferly Place ni les lofts de Soho devenus hors de prix ni même la toux des camés dans les coursives du Chelsea Hotel ne sauraient abriter lieu plus étrange, peuplé de plus de visions, de formules aux anciennes magies.

Je voudrais ivre balbutiant passer les bornes dans blanc surgissement de paroles premières. Les foules les ponts les tours les avenues : dire leur vrai. Je voudrais parler des hommes comme si les pierres pouvaient parler, les voir comme si les arbres pouvaient les voir.

Je descends Broadway l’indienne en territoire Manahatta. Les totems sont de vastes marbres étincelants mais le grand ciel au-dessus de l’Hudson est encore le grand ciel de toujours. Comme j’entends tes tam-tams, bonne terre indienne ; je me joins à ton chant. Mes pieds ont retrouvé la piste ancienne.

Si hautes que soient les tours la mer rigole, et avec elle la moindre de ses vagues. Le dernier passant des villes sera un vent très silencieux.

Le jour se déchire entre les tours. Les ombres lentes vous avalent. Les encoignures guettent le moindre de vos faux-pas. Mais on voudrait plus avant la cruauté du fauve et le chant du sauvage. On voudrait plus avant la folie. L’euphorie gagne.

Pensées enchevêtrées dans la rumeur automobile. L’odeur métallique des trains et des éclisses. La ferraille encagée des métros aériens, dans leur crépitant vacarme de fer à souder, de soupirs pneumatiques, de fracas, de dégringolade.

Brooklyn Bridge Brooklyn Bridge Suis-je pris dans tes filets Ou au contraire libéré par eux Comme le saumon sauvage Qui saute hors de la barque Sous les yeux du pêcheur Pour devenir un dieu

Les passantes ne savent plus que faire de leur beauté. Sur leur hanche nue n’apposer qu’un seul cri : « Je vous aime ! ». Foules entières ondoyantes, félines, la tête qui se retourne et qui me voit de là d’où je ne me verrai jamais – et m’emporte, me laissant derrière elle comme un fantôme vide.

Une mer de fenêtres et de verre avec chacune son message secret, sa secrète espérance, son coït secret. Une houle de destins, de désirs pêle-mêle. Et sur la rive sud, gigantesque, ce mot : WATCHTOWER.

Les villes étrangement ont parfois ce même air retiré, ces yeux mi-clos de femmes juste avant qu’on ne les pénètre, anticipant le jouir, la nostalgie du jouir.

Manhattan ! Ah !

Juste ajouter ma queue

A l’empire de tes tours

Manhattan ! Ah !

Réserver une chambre au Wigwam Hotel peut vous prendre une vie et parfois davantage. Il faut être patient.

Le ciel est traversé d’enclumes stellaires. Au fond de la rivière est tapie l’armada clandestine des sous-marins immobiles. Sur un banc de Brooklyn un enfant devient si vieux qu’il en oublie que l’enfance a fui. Dans le square l’écureuil suspend son geste, les yeux subitement brûlant d’amour.

Je suis pareil au membre oublié d’un réseau dormant, un insurgé assoupi dont le complot a été éventé depuis longtemps et qui prête à rire parce qu’il ne correspond plus à rien qui soit digne des « actualités ». La bohème est partout en faillite. Son action s’est effondrée. Lehmann Brothers n’est plus là mais partout dans les têtes, à consumer l’arrière des cerveaux. Van Ronk est mort. Suze Rotolo est morte. Bleecker Street en habit du dimanche, c’est juste à vous glacer les sangs.

America

Show me what your democratie

Looks like: NOW !

L’amour est un vieux chien qui jappe entre les jambes des jours pluvieux et qu’on évoque encore dans les cafétérias ouvertes toute la nuit comme Harvey Keitel dans un film noir de Paul Auster – avec cet air las de ceux qui pensent ne pas devoir lui survivre très longtemps.

Je ne suis plus de ces poètes qui tentent en vain de faire repartir la machine. Je ne suis qu’un songwriter en vieux jean’s et santiags dans des rues aux façades murées. Et mes chants ne s’élèvent que pour faire tomber la pluie sur les seins nus des femmes manahatta le soir parmi les ombres. Quand l’instinct veille.

Réserver une chambre au Wigwam Hotel peut vous prendre une vie et parfois davantage. Il faut être poète.

Poésie, la mal barrée : pareil au dernier de ma troupe défaite je redresse les morts en attendant les renforts. Poésie, l’atrophiée : son soleil est étrange, étrangement distant comme au cours des nuits blanches de Saint-Pétersbourg. Que sait-on de la nuit au soleil de minuit ? Où se retire-t-elle ?

Veille, ô ma fureur, à remplir à plein bord cette coupe. Lance-toi au galop vers des prairies opaques. N’écoute pas le feu. Ne tourne pas la tête. Plonge dans la mêlée. Que ton whoooopeee s’élance.

Gérard Larnac 2014.

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11 mars 2014 2 11 /03 /mars /2014 10:30

Nous avons laissé la pente techniciste et l'automatisme productiviste penser à notre place. Un individualisme sans sujet s'est substitué à l'édification d'un Sujet humaniste, universaliste/diversaliste, faisant usage d'une raison libre et autonome. Nous avons pris l'habitude de chercher dans l'innovation technologique le principal moteur des changements sociaux et culturels. Asphyxié par ses contradictions, cette logique doit être abandonnée. Ce qu'il faut c'est détruire l'abjection productiviste qui réduit nos cerveaux, et non se contenter d'en répartir les fruits. En ce sens, marxisme et libéralisme pensent d'une seule voix.

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