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9 juin 2010 3 09 /06 /juin /2010 10:41

Lire est plus vieux que l'écrire ; car en lui repose un désir bien antérieur à l’écriture, celui du déchiffrement. Le coin le plus sombre, cette attente dans la blancheur de l’avant-dire. L’écriture inverse le temps et remonte vers ce désir du déchiffrement dont elle assume le champ en un débord plein de fracas, de secousses, de ratures, de stupeur, de ferveur, de jubilation. La chose dans l’écriture, l’écriture dans la chose. Cette trouée d’absence par où le monde nous atteint dans son silence d’entre voix.

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Published by Gérard - dans Traduire le vent
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8 juin 2010 2 08 /06 /juin /2010 15:08

"Insatisfaction complète de tout ce que j’ai fait comme écriture… si l’écriture n’a pas le danger et l’immédiateté, l’urgence de la tauromachie, elle n’a rien à voir avec la façon dont je la conçois… je suis fatigué d’être placé derrière les lignes avec un appareil d’enregistrement imparfait qui reçoit des bulletins inexacts… je dois atteindre le front"

                                                                                                       William Burroughs

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7 juin 2010 1 07 /06 /juin /2010 09:31

La structure littéraire insolite, comme la phrase énigmatique qui par son aspect frappant détourne le flux de conscience de son cours habituel, contraint le lecteur à faire lui-même le mélange des couleurs. C'est pourquoi un texte digne de ce nom ne peut avancer que par empêchements successifs vis-à-vis des vieilles recettes (récit unidirectionnel, point de vue, etc) ; par ruptures, dérivations, élipses, digressions, tags surréalistes, jeu cubiste du dehors et du dedans, prolifération sauvage de l'inédit. Il est ce qui avant lui n'avait jamais été.

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4 juin 2010 5 04 /06 /juin /2010 17:15

Le communautarisme est l'essence même du racisme.

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3 juin 2010 4 03 /06 /juin /2010 15:06

Toute la pensée occidentale contemporaine est gauchie par cette extraordinaire évidence qu'elle s'efforce de ne pas voir : Israël est le dernier des états ouvertement colonialistes. Un anachronisme. "Une terre sans peuple pour un peuple sans terre ?" Mais ça n'existe pas ! Quand un lieu n'est qu'une utopie, il ne doit sa survie qu'à la violence sans fin qu'il déploie pour se maintenir.

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31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 10:40

Après de très belles lectures, riches en conseils éclairés, faites ici et là par quelques grands noms de l'édition à propos de mon roman amazonien, je remets sur le métier et - chirurgie à coeur ouvert - redispatche complètement le texte pour une composition nouvelle. C'est vrai que le récit présentait une succession un peu folle de 14 chapitres où il ne se passait pratiquement rien (14 chapitres de sensations de jungles, on finissait par avoir envie de se gratter partout). Donc je retends tout ça sur un mode plus nerveux, plus narratif. Cela donne effectivement plus de relief aux propos, et ça vient aisément. Impression d'exhumer une pyramide maya et de n'en apercevoir que le haut du dernier degré... Mais quel pied : j'ai expédié mon Dylan (avec mon billet pour le concert bordelais fin juin), je relis mon vieux Kerouac (cette nouvelle version de Sur la route est un chef-d'oeuvre que je ne pensais pas goûter avec autant de joie) et me revoilà plongé au coeur de l'Amazonie (avec les cris pleins d'entrain des péruches sauvages à ma fenêtre). Que demander de plus ?  

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28 mai 2010 5 28 /05 /mai /2010 14:57

La bancosphère à peine renflouée par le public - grâce à vos humbles deniers, mesdames messieurs - n'a donc rien eu de plus pressé que d'attaquer les Etats qui venaient de se découvrir pour voler à son secours. Rien d'étonnant. Depuis Marx, nous savons que l'Etat n'est en fait que le moyen efficace qu'à trouvé le Marché pour nationaliser ses pertes et faire payer à d'autres ses prévarications. Appelez ça démocratie, merdocratie ou tout ce que vous voudrez, c'est comme ça.

Plus grave, c'est ce mythe de La Dette qu'on voudrait nous faire gober. Rappelons-nous que le ciment des sociétés archaïques, ce qui en assure l'ordre et la violence (car les deux vont de pair, toujours), c'est cette idée selon laquelle tout enfant naîtrait avec une dette supposée contractée par ses aïeux. La Dette, c'est ce déterminisme qui a toujours fait croire à un individu qu'il était redevable, responsable d'une situation antérieure qui le dépasse. Tout esclavage repose sur la capacité de l'esclave à gober un tel credo.
 

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28 mai 2010 5 28 /05 /mai /2010 07:38

Je me souviens de ce vieil homme rencontré dans la gare de Huê, lors de mon premier séjour au Vietnam. Il ressemblait à l'oncle Ho. Comprenant que nous étions français, il s'était approché de nous afin de nous déclamer de longues tirades de Victor Hugo sur un ton impeccable - ce dont nous aurions été bien incapables. Ce français si longtemps interdit... Je restai stupéfait devant ce paradoxe : le français était la langue envahissante de l'ancien maître, il était aussi la langue de la liberté et de la poésie. 

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Published by Gérard - dans Traduire le vent
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27 mai 2010 4 27 /05 /mai /2010 22:54

Enfin ! La version originale de Sur la route, le rouleau de 40 mètres de long, sort aujourd'hui dans les librairies françaises sous les couleurs de Gallimard. Une édition que l'on doit d'abord à la réémergence, à la faveur d'une vente aux enchères au début des années 2000, du mythique rouleau sur lequel Jack Kerouac a écrit la route. Puis à l'extraordinaire travail de Howard Cunnell qui en a conduit l'édition au format livre et a doté celui-ci de quatre préfaces qui feront dates. On y voit Jack au travail, prenant son temps (de 1947 à 1957, date de la parution du livre), doutant, râlant, s'amusant comme un fou au milieu de ses innombrables carnets, amassant un à un chaque élément de sa poétique nouvelle, tapant plus vite qu'un télescripteur tout en écoutant Charlie Parker, traçant vaille que vaille chacun de ces sillons d'où allait germer le roman-culte. J'ai écris quelque part que Sur la route ressemblait à la course d'un marathonien qui s'arrêterait de temps en temps pour culbuter une fille ou souffler dans un saxo. Cette édition nous le montre dans sa nudité première, fébrile et vrai comme l'aube fraîche sur les tours de Manhattan après trois jours et trois nuits d'ivresses et d'insomnies. Egalement indispensable, paraît le même jour, et pour la première fois,  Livre des esquisses (La Table Ronde). Jack Kerouac : non stop

 

http://www.kerouac.com

 

 

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25 mai 2010 2 25 /05 /mai /2010 20:22

Le renégat. Avant-hier, l'insurgé ; hier, le marginal ; aujourd'hui, le migrant. Demain : l'homme vivant, qui est la somme des trois premiers.

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