Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
3 juin 2010 4 03 /06 /juin /2010 15:06

Toute la pensée occidentale contemporaine est gauchie par cette extraordinaire évidence qu'elle s'efforce de ne pas voir : Israël est le dernier des états ouvertement colonialistes. Un anachronisme. "Une terre sans peuple pour un peuple sans terre ?" Mais ça n'existe pas ! Quand un lieu n'est qu'une utopie, il ne doit sa survie qu'à la violence sans fin qu'il déploie pour se maintenir.

Repost 0
Published by Gérard - dans Chemin faisant
commenter cet article
31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 10:40

Après de très belles lectures, riches en conseils éclairés, faites ici et là par quelques grands noms de l'édition à propos de mon roman amazonien, je remets sur le métier et - chirurgie à coeur ouvert - redispatche complètement le texte pour une composition nouvelle. C'est vrai que le récit présentait une succession un peu folle de 14 chapitres où il ne se passait pratiquement rien (14 chapitres de sensations de jungles, on finissait par avoir envie de se gratter partout). Donc je retends tout ça sur un mode plus nerveux, plus narratif. Cela donne effectivement plus de relief aux propos, et ça vient aisément. Impression d'exhumer une pyramide maya et de n'en apercevoir que le haut du dernier degré... Mais quel pied : j'ai expédié mon Dylan (avec mon billet pour le concert bordelais fin juin), je relis mon vieux Kerouac (cette nouvelle version de Sur la route est un chef-d'oeuvre que je ne pensais pas goûter avec autant de joie) et me revoilà plongé au coeur de l'Amazonie (avec les cris pleins d'entrain des péruches sauvages à ma fenêtre). Que demander de plus ?  

Repost 0
Published by Gérard - dans Signes de piste
commenter cet article
28 mai 2010 5 28 /05 /mai /2010 14:57

La bancosphère à peine renflouée par le public - grâce à vos humbles deniers, mesdames messieurs - n'a donc rien eu de plus pressé que d'attaquer les Etats qui venaient de se découvrir pour voler à son secours. Rien d'étonnant. Depuis Marx, nous savons que l'Etat n'est en fait que le moyen efficace qu'à trouvé le Marché pour nationaliser ses pertes et faire payer à d'autres ses prévarications. Appelez ça démocratie, merdocratie ou tout ce que vous voudrez, c'est comme ça.

Plus grave, c'est ce mythe de La Dette qu'on voudrait nous faire gober. Rappelons-nous que le ciment des sociétés archaïques, ce qui en assure l'ordre et la violence (car les deux vont de pair, toujours), c'est cette idée selon laquelle tout enfant naîtrait avec une dette supposée contractée par ses aïeux. La Dette, c'est ce déterminisme qui a toujours fait croire à un individu qu'il était redevable, responsable d'une situation antérieure qui le dépasse. Tout esclavage repose sur la capacité de l'esclave à gober un tel credo.
 

Repost 0
Published by Gérard - dans Chemin faisant
commenter cet article
28 mai 2010 5 28 /05 /mai /2010 07:38

Je me souviens de ce vieil homme rencontré dans la gare de Huê, lors de mon premier séjour au Vietnam. Il ressemblait à l'oncle Ho. Comprenant que nous étions français, il s'était approché de nous afin de nous déclamer de longues tirades de Victor Hugo sur un ton impeccable - ce dont nous aurions été bien incapables. Ce français si longtemps interdit... Je restai stupéfait devant ce paradoxe : le français était la langue envahissante de l'ancien maître, il était aussi la langue de la liberté et de la poésie. 

Repost 0
Published by Gérard - dans Traduire le vent
commenter cet article
27 mai 2010 4 27 /05 /mai /2010 22:54

Enfin ! La version originale de Sur la route, le rouleau de 40 mètres de long, sort aujourd'hui dans les librairies françaises sous les couleurs de Gallimard. Une édition que l'on doit d'abord à la réémergence, à la faveur d'une vente aux enchères au début des années 2000, du mythique rouleau sur lequel Jack Kerouac a écrit la route. Puis à l'extraordinaire travail de Howard Cunnell qui en a conduit l'édition au format livre et a doté celui-ci de quatre préfaces qui feront dates. On y voit Jack au travail, prenant son temps (de 1947 à 1957, date de la parution du livre), doutant, râlant, s'amusant comme un fou au milieu de ses innombrables carnets, amassant un à un chaque élément de sa poétique nouvelle, tapant plus vite qu'un télescripteur tout en écoutant Charlie Parker, traçant vaille que vaille chacun de ces sillons d'où allait germer le roman-culte. J'ai écris quelque part que Sur la route ressemblait à la course d'un marathonien qui s'arrêterait de temps en temps pour culbuter une fille ou souffler dans un saxo. Cette édition nous le montre dans sa nudité première, fébrile et vrai comme l'aube fraîche sur les tours de Manhattan après trois jours et trois nuits d'ivresses et d'insomnies. Egalement indispensable, paraît le même jour, et pour la première fois,  Livre des esquisses (La Table Ronde). Jack Kerouac : non stop

 

http://www.kerouac.com

 

 

Repost 0
Published by Gérard - dans Chemin faisant
commenter cet article
25 mai 2010 2 25 /05 /mai /2010 20:22

Le renégat. Avant-hier, l'insurgé ; hier, le marginal ; aujourd'hui, le migrant. Demain : l'homme vivant, qui est la somme des trois premiers.

Repost 0
Published by Gérard - dans In extenso
commenter cet article
25 mai 2010 2 25 /05 /mai /2010 11:30

Je ne sais pas ce que Freud, ou Michel Onfray, en diraient, mais il vient de m'arriver un très beau lapsus, et je veux en garder trace. Le docteur me demandant ma "carte vitale", me voilà sans hésiter qui fouille dans ma poche et lui tend... "Poésie Africaine" - Anthologie de six poètes d'Afrique francophone - choix et présentation par Alain Mabanckou. Vitale poésie, décidément.

Repost 0
Published by Gérard - dans Traduire le vent
commenter cet article
25 mai 2010 2 25 /05 /mai /2010 07:53

Inclassable, à contre-courant : ce premier roman aura donc été un échec. Peu vendu, jamais chroniqué. Un échec ? Allons donc : j'aurais eu le luxe inouï de n'en faire qu'à ma tête, d'aller au bout de ma route, dans un monde éditorial pourtant peu enclin à la prise de risque - et j'en reste reconnaissant à l'éditeur, Les Editions de l'Aube. Et puis les lecteurs, ces imprévus magnifiques, avec leur passion, leur vision des choses : bienheureuse dépossession du travail d'écriture, bienheureux voyage d'un esprit à un autre, quand le texte pour ainsi dire change de propriétaire. Qu'ils aient été peu nombreux n'est rien ;  la joie de ces mots échangés compense tout (écrivant cela, je pense surtout à l'accueil extraordinaire que m'ont réservé les lecteurs de Draveil à l'automne dernier). Comprendre que le livre n'existe au fond qu'ainsi, dans le regard de l'Autre.

 

"Deviens lisible", me conseillent en substance les amis qui tentent de défendre mon travail dans le milieu de l'édition. Avec de l'action, des "événements", des "péripéties". Ce qui me semblait impensable hier, depuis la rencontre avec ces premiers lecteurs, prend désormais un autre sens. Puisque l'essentiel du message purement littéraire "passe" en tant que tel, pourquoi ne pas en faciliter l'abord par un aspect plus "divertissant"? Je crois que je vais finir par y travailler. Après tout, je lui dois bien ça, au lecteur.

 

La seconde leçon de ce premier roman est la suivante : on n'est pas écrivain. On est un homme. Que l'on écrive est bien certain, mais que la littérature se tienne à bonne distance, derrière - qu'on ne se résume surtout pas à cela. Rester, quoi qu'il arrive, ce type qui fait l'écrivain. La dérisoire stabulation de l'écrivain de salon du livre derrière ses piles, très peu pour moi. Je jetterai peut-être encore quelques romans dans les conduits, mais comme ça, avec légèreté, mine de rien ; l'esprit ailleurs. 

Repost 0
Published by Gérard - dans Traduire le vent
commenter cet article
21 mai 2010 5 21 /05 /mai /2010 09:51

En écoutant ce matin Dave van Ronk chanter "He was a friend of mine" -  souvenir de ce vieux copain de classe primaire, un peu plus âgé que moi, tabassage en règle dans les orties, cartables éventrés sous la pluie des terrains vagues - on se frittait régulièrement, histoire d'entretenir la relation - puis ado genre Mick Jagger, bassiste et défoncé - curieusement il me faisait partout de la réclame, il était le rock et j'étais la littérature, il aimait faire part de son admiration pour mes textes en dépit de nos bagarres passées - suicidé à 20 ans, à peine arrivé au service militaire, sa façon définitive de ne pas se corrompre aux médiocrités des années 80. Etrange que ce soit lui qui se soit imposé à mon souvenir, sur la voix de Dave van Ronk. Peut-être fut-il mon premier lecteur, attentif à cette intensité sacrée qu'il percevait lui-même à travers ses solos de basse - et qui, au fond, nous rassemblait bien mieux que ne l'eut fait une amitié ordinaire.  

Repost 0
Published by Gérard - dans Carnet d'esquisses
commenter cet article
19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 15:52

Revenir de voyage, Johannesburg, New-York, Saint-Denis de la Réunion, Dubaï l'autre lundi. Flottant à travers monde, le Moyen-Orient, la belle nuit de Perse, Bagdad, Téhéran, puis Ankara. Pas plus ici que là. A 10 000 mètres au-dessus de l'époque. Ce monde entier en moi, à chacune de mes secondes, à chacun de mes souffles. Puis, à peine posé le sac, relire mon "Dylan", 155 pages achevées à présent dont il me faut faire imprimer les exemplaires, songer à mon "Amazonie", 150 autres pages adressées, pas de nouvelles, perdues sans doute dans le dédale des illettrés du marketing littéraire ou des maîtres trop sourcilleux pour m'accepter à leur table, ne plus y penser, sans cesse repartir dans le brouillard des mots sans trop savoir quoi en attendre, à la machette s'il le faut, absorbé tout entier, à la tâche. 

Repost 0
Published by Gérard - dans Signes de piste
commenter cet article