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1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 10:34

 

 

C'est pour rire, ou par effet de style, qu'on parle d'une fin de la littérature. Car même dans son manque, son absence, la littérature reste littérature. 

Que nous parlions art ou politique, ne pas se contenter de dire lâchement que nous traversons une époque de transition ; toute époque est une époque de transition. Composer avec le crépuscule. En tirer la note bleue. Elle est là, notre présence à l'ici maintenant. Dans cette tentative. Nous ne passerons la main qu'une fois ce travail achevé. Pour l'instant, c'est à nous de nous y coller.

 

Blanchot : « L’essence de la littérature, c’est d’échapper à toute détermination essentielle, à toute affirmation qui la stabilise ou même la réalise : elle n’est jamais là, elle est toujours à retrouver ou à réinventer».

 

 

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31 mai 2011 2 31 /05 /mai /2011 11:35

 

 

 

Littérature, maintenant : entre déclins des théories (comme instances de légitimation) et le "tout fait littérature" (comme instance de libération). Une position ouverte, où tout texte est avant tout une "proposition" faite à la littérature. Pourtant, lorsque tout écrit "fait" littérature, il y a fort à parier que l'instance de légitimation ne soit rien d'autre que le pedigree de son auteur. Appartenir à la clique (notabilité, réseaux divers) deviendrait alors la ligne de démarcation entre ce que l'on publie et ce que l'on se garde de publier. Cette crise du discours de la légitimation ouvre un espace à la liberté en même temps qu'elle enferme dans un système de passe-droit, de reproduction d'un imaginaire de classe par elle-même, d'autisme et de consanguinité littéraires. 

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30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 12:09

 

 

Le Monde Arabe en révolution. Mais l'Europe elle aussi laisse entendre son indignation. Quelque chose ne passe plus. Quoi : la panne d'avenir. Le déni démocratique. Le mépris des oligarques. La pénurie organisée. La terre brûlée de la financiarisation globalisée qui ne s'achèvera que lorsque le dernier espace commun aura été mis à sac. La guerre des riches contre les pauvres, cette lutte des classes inversée.

 

La feinte démocratie qui nous est imposée : les édiles élus ne doivent leur pouvoir (sans partage ni contrôle, le plus souvent à vie) qu'à leur pedeegre, leurs réseaux et leurs héritages ; qu'à leur popularité ; qu'à la puissance de leur faire-image. D'où leur fragilité : ils ne sont que des marionnettes médiatiques. Fragiles, facile à destabiliser, contrôlables à merci. Ici le rôle des média : la scène glissante où se joue la répartition des tâches et des postes. L'espace des conjurations modernes. Informer ? Vous rigolez !

 

Insurgés de Madrid, de Barcelone, d'Athènes, de Londres, de la  Bastille... Insurgés de partout. Que grossissent vos rangs. Que vive le flambeau de vos amères espérances. Nous ne pouvons plus accepter la désillusion moderne. Il faut désormais une percée : une percée pour le futur, pour l'équité, pour l'Homme qui vient.   

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20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 16:42

 

 

Chateaubriand, Apollinaire, Lautréamont : les pères foudroyants. Valéry, Gide, Breton : les patrons. Jack Kerouac, Allen Ginsberg, Bob Dylan, Kenneth White : les amis.

 

 

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18 mai 2011 3 18 /05 /mai /2011 06:43

 

 

Au cinéma comme ailleurs, j'aime les fous, les atypiques, ceux qui mettent l'industrie en péril et la tête de leur public à l'envers. Je suis tombé sur Terrence Malick il n'y a pas si longtemps : bouche bée à l'écoute des voix off, le ton des voix off, soutenues par des lumières - des lumières plus que des images.

 

The Tree of Life à Cannes : critiques gênées aux entournures. Peur d'assister au syndrome Wenders, quand Wim, passant de l'ombre du chercheur d'or à la lumière du succès commercial, enfonça son oeuvre dans un magma amphigourique filmé comme un clip vidéo.

 

Rien de tel ici. Une thématique ambitieuse mais maîtrisée : le duel entre la nature, violente et impériale, et la grâce, désintéressée, transcendantale. Un peu manichéen, avec recours à Dieu. A l'américaine, en somme. Mais l'ordinaire d'une famille banale dans son petit lotissement texan, filmé au rythme de la conscience et du destin en train de déployer ses pièges. Mais ces visages que la douleur, que le doute viennent approfondir. Il y a de l'Antonioni dans la dernière séquence ; ce pourrait aussi être une pub pour un parfum. Pourquoi arbitrer. Malick propose au spectateur d'entrer dans une expérience. La vie est une expérience. Le cinéma, le vrai, ne sert pas à autre chose. Il n'est pas une machine à rêves : il propose un dehors à éprouver.

 

 

 

Bande-annonce : http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=132244.html

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10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 07:21

 

 

Il faut avoir eu 20 ans et avoir vécu ça. La cavalcade dans les escaliers pour échapper aux parents attérés devant leur poste de télé, persuadés (qui les a persuadé ?) que les chars russes vont arriver. Rejoindre les vieux résistants pleurant de joie dans la nuit en parlant de libération et vous tombant dans les bras. Trinquer avec des inconnus dans cette ville de Caen, pourtant si réservée d'habitude et se sentir peuple, devenir peuple, pour la première fois.

 

Il faut avoir eu 20 ans et avoir sans fin débatu, dans la brasserie qui vendait nos conversations aux RG, de la francisque de Mitterrand, du plein pouvoir qu'en ministre de la Justice il donna aux militaires pour les laisser torturer en Algérie. Bousquet, ça, nous l'apprendrions plus tard.

 

"Tu n'as pas de consience politique", m'avait dit un ami socialiste d'alors tandis que je faisais campagne au premier tour pour Coluche. L'espérance, en ces jours-là, voyait sa cote s'envoler. L'hallucination aussi. Ma correspondance sur le sujet avec Raymond Aron : "Gardez vos espoirs, je garderais mes doutes", concluait-il sagement.

 

La France vira à gauche au moment pile de la révolution conservatrice mondiale initiée par Hayek (Prix Nobel d'économie 1974) et mis en musique par l'hydre à deux têtes Thatcher-Reagan. Aussi mit-on 30 ans à réaliser ce que nous avions vécu et à quoi nous avions pris part. Et encore : beaucoup ne l'ont toujours pas compris.

 

Qu'importe : la ferveur d'un peuple lorsqu'on la libère, l'absurdité et la médiocrité des professionnels de la politique bien incapables de rejoindre les hauteurs de cette ferveur : la double leçon du 10 mai. 

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9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 20:13

 

 

Plagiaire, pauvre homme
qui jamais ne saura
que la phrase ne valait

pas en soi

mais seulement dans cette soif

qu'elle avait d'elle-même

 

le chemin, mon ami, le chemin

la destination n'est rien

seul compte le pas accompli

 

 

 

 

 

 

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9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 08:22

 

 

Alors, hein, la Poésie ?

  

Une façon de se tenir sur le quai et observer le train filant de ses pensées.

  

Une formule sans mot que seul l'esprit entend.

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9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 08:11

 

 

En tant qu'écrivant, il n'y a pas 36 solutions ; soit vous répétez le connu, soit vous tentez l'inconnu. La première impatiente et enrichit parfois, la seconde passionne et isole toujours. Bon, un mixte des deux, alors ? Un dosage savant ? Mais ce n'est pas de la cuisine ! Comment doser la démesure ? Doit-on rendre lisible ce qui n'est pas essentiellement fait pour être lu ? Autant remettre en ordre un cut-up à la Burroughs ! Imposer la logique à un cadavre exquis ! Réécrire l' Ulysse de Joyce ! C'est peut-être pourquoi disparaissent les poètes : on a voulu les lire.

 

 

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8 mai 2011 7 08 /05 /mai /2011 20:09

 

 

Pourquoi j'aime le livre de Keith Richards, Life

Parce qu'il parle des hommes, tout simplement.

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