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10 décembre 2015 4 10 /12 /décembre /2015 18:25

Cessons de nous mentir à nous-mêmes. Le danger nous expose à un ensauvagement proche de la liesse, de l'euphorie. Il nous extrait de la torpeur où nous enfermait la banalité des jours. Quelque chose se passe. Quelque chose plutôt que rien. Et cette chose, tragique bien sûr, cette chose qui devrait nous oppresser au contraire nous allège. Nous sommes ainsi faits. Un dieu farceur a placé le meilleur dans le pire. Nous ne respectons la vie qu'au moment de la perdre parce qu'elle touche là à sa vérité : fragile, précaire, toujours déjà perdue. Seul le tragique nous éveille à la vie.

Parfois l'angoisse sourde qui nous exténue, quelqu'un vient à la briser. L'occasion suffit. Pourquoi avez-vous tué ? Parce qu'il y avait cette arme. Un rien. Nulle explication. Nulle glose. "Crée le chaos" exigeait une publicité Adidas sur les affiches de notre automne 2015. Crée le chaos. L'ultime commandement de la société consumériste du divertissement. Crée le chaos. Soit. Et maintenant ?



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6 décembre 2015 7 06 /12 /décembre /2015 10:41

C'est du vide contemporain dont se nourrit Daesh, c'est du vide social dont se nourrit la haine en banlieue, c'est du vide politique dont se nourrit l'anomie contemporaine liée à la disparition de l'Etat sous les logiques du marché.

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Published by Gérard Larnac
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5 décembre 2015 6 05 /12 /décembre /2015 15:54

Si la quête de la "vérité" a rendu tant de gens fous, c'est sans doute qu'elle ne se présente pas comme on dit, comme on croit.

La vérité n'est jamais qu'un arrangement temporaire.


Le fait que l'on doive reprendre les catégories précédentes pour se faire comprendre contraint la pensée, la nouveauté de la pensée. Mais sinon nous passerions pour erratiques, pour hérétiques, pour insensés. Notre "admissibilité" est à ce prix.


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4 décembre 2015 5 04 /12 /décembre /2015 14:19

La "littératie" se définit comme l'ensemble des aptitudes cognitives et sociales à comprendre et utiliser des informations données de façon à transformer et améliorer les choses. Un faible niveau de "littératie" serait un marqueur de notre époque. Et "l'empowerment" dans tout ça ?? Et la "capacitation" ? Bref, moins l'on a de prises sur les choses et plus on invente de mots pour mesurer la perte.

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25 novembre 2015 3 25 /11 /novembre /2015 12:34

En cette période trouble, un mot me revient : "Amiable".
Un accord à l'amiable.

Il y a Ami dans amiable.

L'ouverture d'une vraie de vraie possibilité de rencontre.
On ne dit pas : "Un accord Kalach".
On dit : "Un accord à l'amiable".

Que s'est-il passé pour que le premier s'impose au second ?


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20 novembre 2015 5 20 /11 /novembre /2015 08:49

Dieu est mort, c'est juste son fantôme qui revient.

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16 novembre 2015 1 16 /11 /novembre /2015 10:56

On ne prend jamais assez des nouvelles des autres. Et vous, comment allez-vous ce matin ? Etiez-vous à l’abri ? Qu’en est-il de vos amours, de vos proches ? Qu’en est-il de vos voisins, de vos collègues ? Qu’en est-il de ces inconnus familiers que vous croisez tous les jours et dont vous vous apercevez soudain qu’eux aussi font partie de vous, et que leur disparition eut été une perte ?

L’année s’achève comme elle a commencé – en pire. Encore une fois c’est la liberté que l’on tue. La liberté d’être différent. La liberté d’être insouciant. La liberté de vivre comme on l’entend, mais comme secrètement unis aux autres dans une pratique républicaine. Et c’est la jeunesse cette fois que l’on vise. Cette jeunesse qui porte tous les prénoms et possède la même beauté sous toutes les couleurs.

Paris, Capitale de la douleur. Paris qui compte ses morts. Mais Paris Capitale de cet esprit républicain qui sait si bien faire unité. Paris Capitale de la lucidité et du courage. Le courage de porter plus loin encore la liberté, l’égalité, la fraternité. Voltaire nous regarde. Nous voulons désormais la liberté sans l’égoïsme, l’égalité sans l’indistinction ni le refus des différences, la fraternité sans l’exclusive. Si ces mots ont un sens, c’est aujourd’hui qu’ils s’actualisent. C’est aujourd’hui qu’ils nous parlent, plus que jamais.

On connaît l’ennemi : l’ennemi est celui qui se croyant immortel entend imposer par la violence son ordre transcendantal sur le monde. On sait le rêve qui l’anime : fracturer le corps social et provoquer un conflit interne entre chrétiens et musulmans ; instaurer le chaos pour prendre le contrôle politique. De sorte que collaborer, c’est prêter main à cette division. De sorte que résister, c’est travailler à l’unité de la nation. Un deuil collectif, cela nous rappelle surtout que nous sommes un collectif, une communauté indivise, une nation. Ici, en terre de France, nul n’est un étranger s’il est ami de la liberté.

L’esprit de la nation s’est glissé parmi les décombres, dans cette salle de concert, sur ces terrasses ; et ce qu’il murmure aux oreilles de chacun de nos assassinés, d’une voix que rien ne saurait altérer, est une promesse et une seule : que nous soyons, pour eux, en leur mémoire, les sentinelles de cette république qu’ils aimaient tant.


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9 novembre 2015 1 09 /11 /novembre /2015 20:54

"Hello Old Friends" - Eric Clapton



Gordon et Gren jouant "Sarah" à la guitare sèche.
Le gars du 6e tombant sur le toit d'une voiture en stationnement.
Grete de Bergen me laissant cet étrange adieu énamouré, 17, 18 ans peut-être.
Mon vieux poète l'apiculteur partant saoul, droit et tranquille.
Gordon et Gren jouant "Sarah" à la guitare sèche.
Miss Hide à Hollywood Park, Birmingham, et la pendule qui n'en finit pas. Et sa beauté qui n'en finit pas.
Le gars du 6e : le seul à qui je parlais encore.
Tombé du balcon.
Gipsy girl dans les rues reconstruites à la va-vite. Va-vite : vis vite. Garde la tête ailleurs.
Gipsy.
Comme la pluie s'accordait bien à tes cheveux.
Et Antigone, Antigone, gone, gone, tapant sur son tambour.
J'entends encore les pas de ma tribu.
J'entends encore les pas de ma tribu.
Et lui l'ami ricannant qui disait si bien que j'étais "épatant", personne ne dira plus "épatant" après lui.
Gordon et Gren jouant "Sarah" à la guitare sèche.
Le gars du 6e debout enfin. Relevé. Les morts se relèvent toujours.
Rien ne s'achève.
Tout continue.
Tout continue.









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8 novembre 2015 7 08 /11 /novembre /2015 20:26

Sur la destruction.

Colloque organisé par Frédérick Lemarchand, Université de Caen Basse-Normandie (septembre 2014).

Intervention perso : "Incidemment l'apocalypse : pour un portrait-robot de l'Homme catastrophique"

Sur Canal-U :

http://www.canal-u.tv/video/centre_d_enseignement_multimedia_universitaire_c_e_m_u/01_jeux_de_memoire_et_d_histoire_autour_de_la_destruction_des_villes_normandes.19257

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6 novembre 2015 5 06 /11 /novembre /2015 15:35

Ce que Pivot fut : le début de la fin, l'intoxication médiatique qui emporta nos écrivains, plus empressés à apparaître sous les spotlights qu'à disparaître dans les sous-pentes de la littérature, cette incognito laborieuse. Pivot transforma l'écrivain en starlette, les libraires demandèrent des starlettes et les directeurs de collec se mirent à la chasse aux starlettes. Toute la chaîne en fut prise de danse de saint-guy. Ultime burlesque : ce journaliste économique amateur de pinard et de foot, ce qu'on ne saurait lui reprocher, siège aujourd'hui à la présidence du Goncourt. Les Lettres ne sont plus que des chiffres et des paillettes.

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