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20 octobre 2008 1 20 /10 /octobre /2008 07:24

Belle exposition en ce moment à la Pinacothèque de Paris : "Pollock et le Chamanisme".
Frappant ce moment où dans son oeuvre Pollock cesse de représenter le chamanisme pour devenir le chamane.

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17 octobre 2008 5 17 /10 /octobre /2008 09:59
Conseil aux experts des marchés financiers : investissez dans le stable, dans le long terme : dans la pauvreté. Car la pauvreté ne connaît pas la crise. Aucun effondrement en vue.
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10 octobre 2008 5 10 /10 /octobre /2008 20:03

"Alors commence le rêve, comme un doute, comme un regret qui unit les vainqueurs et les vaincus à la beauté et aux forces secrètes du Mexique... Rêve qui s'achève dans la mort des dernières nations nomades du nord et du nord-ouest - les "barbares", Chichimèques, Tepehuanes, Seris, Yaquis, Apaches. Rêve que poursuit Antonin Artaud, jusque dans la Montagne des Signes, au pays des Indiens Tarahumaras. Le rêve mexicain, c'est cette question que notre civilisation actuelle rend plus urgente : qu'aurait été notre monde, s'il n'y avait eu cette destruction, ce silence des peuples indiens ? Si la violence du monde moderne n'avait pas aboli cette magie, cette lumière ?" (Le Rêve Mexicain, ou la pensée interrompue - Gallimard - 1988).

Repartir sur la vieille piste du Rêve Mexicain, en compagnie d'Artaud. Pour guide désormais un Prix nobel de Littérature : Jean-Marie G. Le Clézio.


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Published by Gérard - dans Carnet d'esquisses
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8 octobre 2008 3 08 /10 /octobre /2008 18:10

Dans le jardin du temple Jyomyoin aux 84 000 bouddhas j’ai cru un instant percevoir la rumeur vague du fond des choses – mais non, seulement un avion dans le ciel bleu de cette fin de matinée.

 

*

Ce qui m’intéresse est moins une croyance qu’une expérience. Il n’y a pas chez moi une once de mysticisme. Je pense à Gary qui fut moine zen ici, dans ces temples. On y sent moins l’éternité que le vol de l’éphémère. Rien de mystique là-dedans. La réalité telle qu’elle : vide. Etrangement signifiante et belle et vide.

 

*

Marche des temples du côté de Yanaka : ils ont pour nom Kanchiin, Myonji, Daioji, Daienji, Zuirinji, Tahoin, Kan-noji, Sorinji, Chokyuin, Jishoin, Tenryuin, Chomeiji, Ryusenji, Honkoji, Myokoji, Sozenji, Rinkoji, Gyokurinji, Ichijogi, Rengeji, Ryogenji, Zuirinji, Fukusoji, Anryuji, Jozaiji, Kudokurinji, Choanji, Honryuji, Kanouin, Myounji, Kyo-oji, Enmeiin, Nansenji, Tenneji, Hongyoji.

 

*

Mince filet d’eau qui glisse le long du bambou dans le roc évidé d’où le trop-plein s’échappe en lente mousse verte. Ecuelle rituelle dos au soleil. A l’ombre du ficus le bouddhas garde les yeux mi-clos sur ses mains jointes. Comme Avalokitesvara, éveille-toi par le son. Le bruit de la petite fontaine, c’est le Bouddha d’Asakusa qui t’a suivi jusque-là. A cette pensée ma poitrine se gonfle de reconnaissance.

 

*

Arpentant cette voie je marche sur une route plus ancienne que le temps des hommes, trop nouvelle pour le temps des hommes.

 

*

Meiji-Jingu Temple, devant la fontaine : Fais comme eux : rince-toi la bouche avant de prononcer toute parole importante, rince-toi les mains avant d’écrire toute phrase te tenant vraiment à cœur.

 

*

Dans l’obscurité du temple à demi fermé je n’ai aperçu rien d’autre que deux chaussettes blanches qui montaient furtivement vers l’autel avec une souplesse de jeune chat – un prêtre shinto sans doute, à moins que ce ne soit un esprit à chaussettes blanches.

 

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Cimetière de Yanaka – rien d’humain ici. L’endroit ne peut convenir qu’aux morts, aux corbeaux et aux éveillés.

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6 octobre 2008 1 06 /10 /octobre /2008 17:52

Soleil revenu, début d’après-midi tranquille sur la baie de Tokyo face au Rainbow Bridge sur fond de gratte-ciel. Ici à Odaiba, au pied de l’immeuble de la télé qui ressemble à un mécano géant une dame passe avec une ombrelle tandis qu’une autre pêche, un groupe de collégiens s’est abattu sur les bancs comme une volée d’étourneaux et se sont installés pour pique-niquer, un club de lolita blondes permanentés passe en gloussant, demoiselles toutes excitées d’elles-mêmes, certaines arborent des bonnets de laine plantés de travers sur la tête, des t-shirts jaunes vifs, mini jupe et cuissardes, mais aussi des snowboots ou des bottes en caoutchouc – toute cette tension pour échapper à la banalité - mais au fond mes lapins à des degrés divers nous en sommes tous un peu là. Plus loin une bande paisible de petits papys peignant des aquarelles, ou dessinant au fusain. Des couples de jeunes gens. Tout un peuple essayant de passer un moment de sa vie à jouir de cette lumière.

Du côté de l’aéroport domestique d’Haneda on aperçoit les 747 qui décollent droit sur nous, puis spectaculaire virage vers le sud, en recherche maximum d’altitude, histoire d’éviter la zone habitée qui clignote de partout pour rester bien visible – un des décollages les plus verticaux de la planète, et sans doute l’une des positions les plus limites qu’un avion puisse tenir en plein ciel ! Il y a dans une telle envolée une beauté taoïste.

Devant moi des oiseaux noir pétrole se prélassent au son des vagues, immobiles sur leur rocher, tandis qu’à intervalle régulier passe un canard qui tient absolument à me montrer combien de temps il peut tenir sous l’eau – frimeur ! Des poissons volants jettent par moment leur trait argenté : « floc ».
A l’ancre entre les îles : sur la péniche aux lampions rouges le karaoké est enfin terminé. Soudain, profitant du silence, une voix venue d’on ne sait où traverse le paysage.

 

*

Ici au Japon je suis un « oversea ». Un type d’au-delà des mers.

 

*

Omotendo. Assis en terrasse, regardant le passage : toutes les excentricités de la mode, toutes les vanités du look, toutes les terreurs d’être soi – et pourtant je me perds dans la contemplation du boulevard comme devant mes espaces sacrés. Façon de dire, peut-être, à la Walt Whitman : « Je vous ai vu et aimé ».

 

*

Mon plus grand défaut quand je voyage ? Mon manque absolu de sens de l’orientation. Mon plus grand atout ? Mon manque absolu de sens de l’orientation.

 

*

J’adore ces plans dans Tokyo où tout est en japonais, excepté You Are Here.

 

*

Quelques bières Asahi sur Omotesando, tequila frappée à Roppongi, « Purple rain » en sono, nuit lumière samsara, quelques verres d’un excellent vin rouge dans un bar néo-zélandais, « Country Road » version remix et la fille d’à côté qui dans son dos porte en lettres d’or « Touch’s dangerous ».

 

 *

Lorsque j’ai commencé à voyager, mes lettres de recommandation, elles étaient paraphées Jack Kerouac de Lowell, Gary Snyder de la Shasta Bioregion, Kenneth White de Gwenved, certaines d’entre elles n’étaient pas signées du tout, elles disaient simplement : « Va ! »

 

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5 octobre 2008 7 05 /10 /octobre /2008 09:26

Au-dessus de Novossibirsk, au-dessus des sombres steppes mongoles ou de la mer de Chine, lire à nouveau un livre de mon vieux Ken, écouter une fois encore le dernier Elliott Murphy, alternativement, cela va sans dire : il faut être tout à ce que l’on fait.

 

*

Hong Kong tapie tout au fond de la brume, buildings comme une armée de pierre – et à présent la baie de Tokyo sous la pluie. Des cigales, pourtant. Tokyo qui fait grise mine – austères, évanescentes, ses architectures dérivant au-delà des mondes.

 

*

Cette semaine j’ai passé plus de temps dans les aéroports et en l’air que sur la terre ferme – quoi qu’au Japon on ne sache pas très bien ce que « terre ferme » veut dire. J’appelle ça mes « flash travels », mes voyages cul-sec.

 

*

D’où me vient cette fascination pour la compagnie Cathay Pacific ? J’aime le nom, Cathay, ce vieux nom de la Chine. Mais il y a autre chose. Je revenais d’Inde. Dans la gare de Bordeaux, au téléphone public, un type à côté de moi annonçait son retour. Mais il n’était pas le bienvenu. La conversation dégénérait. On a du lui raccrocher au nez. Il a baissé la tête, a soupiré profondément, il est resté un peu désemparé, ne sachant plus quelle direction prendre. Sur sa valise cette étiquette : Cathay Pacific. Il était comme moi un homme du loin. Aujourd’hui lorsque je choisi un vol de la Cathay Pacific, c’est mon petit rituel de ressouvenance, mon salut à ce voyageur perdu.

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28 septembre 2008 7 28 /09 /septembre /2008 19:51

En route ! Voler à travers la mappemonde, en quête du Vent d'Est. Paris-Hong Kong, dix-sept heures à travers ciel. Puis remontée vers le Japon. Tokyo-Narita. Etre, une fois encore, ce voyageur étrange dans la douceur de l'automne japonais. J'ai dû laisser mon âme là-bas il y a bien longtemps. Juste vérifier qu'elle est toujours là, quelque part au bord de la Sumida, ou dans le quartier d'Asakusa. Ne surtout pas la reprendre. Renouveler le bail. 

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28 septembre 2008 7 28 /09 /septembre /2008 11:41

Dans une démocratie chaque individu en vaut un autre. Le sujet ne se sort de cette indistinction que par l'hystérie identitaire et par l'élitisme. Culte du happy few. Il s'agit de se désolidariser de la foule pour être soi. Pourtant la démocratie, c'est aussi la possibilité du fruit sauvage, celui qui pousse de lui-même là où personne ne l'attendait.

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27 septembre 2008 6 27 /09 /septembre /2008 13:10

Hier soir le concert à ne pas manquer était celui de mon bon Elliott Murphy. La Mairie du 6e en collaboration avec l'université Paris-Diderot célébraient les 35 ans de carrière du plus parisien des folk-rockeux américains (Il vit du côté de Bastille depuis 1989). Celui qui parle de Dylan comme du Picasso du rock'n roll, poète à ses heures sous influ Lord Byron et Jack Kerouac, était donc là, sur la petite scène, sous les lambris dorés, devant 300 personnes toutes acquises à sa cause. Olivier Durand à la lead guitar. Présenté comme le meilleur guitariste français, Olivier est un phénomène, certainement un des musiciens les plus stimulants du moment. Il sait tout faire dire à sa guitare, même ses pensées les plus secrètes. Jeu de scène très Pete Townshend grande époque. Survolant le dernier cd "Notes from the Underground", avec bien sûr quelques vieux classiques comme "The Last of a rock'n roll star" ou des reprises comme L.A Woman des Doors.  Elliott grâce au son volcanique des Normandy all Stars affirme son style et fraye une voie farouchement authentique - ce qui n'exclue ni l'humour ni la simplicité. Toujours le même, tel qu'il m'est apparu pour la première fois en 1982 à Caen - où il eut une influence déterminante sur le jeu d'harmonica de mon frère (que j'avais amené avec moi ce soir-là), lorsque celui-ci fit par la suite un peu de scène. En 1999, comme je passai l'été près d'Anduze, dans le Gard, une affiche visiblement faite par des amateurs du coin attira mon regard : au milieu de dix noms improbables j'avais lu "Elliott Murphy". Elliott, dans ce bled paumé ? C'était bien lui. Après s'être tapé quelques groupes de baluche, sous les étoiles, nous étions quoi, cinquante spectateurs peut-être (tous les autres étaient restés accrochés à la buvette) pour assister à un de ces concerts magiques qui communiquent à tous le simple bonheur d'être là. Je me souviens notamment de sa magistrale version du Blind Willie McTell de Dylan. Je me souviens aussi que c'était le premier concert rock de ma fille de... trois ans. Et je ne suis pas peu fier, pour dire le vrai, qu'elle ait commencé par là.


Site officiel d'Elliott Murphy :
http://www.elliottmurphy.com/


Site officiel d'Olivier Durand :
http://www.olivierdurand.com/

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26 septembre 2008 5 26 /09 /septembre /2008 09:40
Conversation hier soir à L'Arbre à Lettre rue du faubourg Saint-Antoine avec des représentants. Beau métier : ce sont eux les passeurs entre l'éditeur et le libraire; eux qui font faire au livre l'autre moitié du chemin, vers le public. Cette phrase inquiétante toutefois prononcée par l'un d'eux : "Il y a des livres qui sont déjà morts avant de sortir de chez l'imprimeur". Me suis resservi un petit coup de rouge, histoire de reprendre courage.
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