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6 juin 2007 3 06 /06 /juin /2007 10:39

Pour sa naissance la flamboyante Viviane Hamy offrit à ma fille une superbe lampe de chevet en forme de phare maritime. Lecteur pour elle pendant quelques années (et avec quel plaisir), Viviane savait que j'avais frayé dans les parages de la littérature de voyage (quelques textes publiés par Jacques Réda à la N.R.F), que je n'avais toujours pas renoncé à mes petits vagabondages. Comme si souvent cette grande dame de l'édition touchait au plus juste.

C'est ainsi que je vois les éditeurs : ils aident nos pauvres raffiots textuels, déglingués par trop de vide et de silence, par trop de paquets de mer et de courants contraires, à regagner le port. Même à l'état d'épave. De radeau improbable.  Ecrire, c'est entrer dans un éloignement qui peut se refermer sur vous. On peut s'y perdre. Y disparaitre. On part à l'aventure, dans la blancheur. Des signes commencent à apparaître, folie, beauté, on ne sait. Une terre prochaine. Une île ? Un continent ? Un leurre ? Y trouverons-nous haine ou hospitalité ? On accomplit le périple. Vient ce moment où il n'est plus temps de garder pour nous le butin, aussi maigre soit-il. Alors tenter de revenir. Rentrer au port. Débarquer.

Parfois un phare nous guide au milieu des brisants et des paysages de brume. Contrairement à ce que l'on croit souvent il y a chez la plupart des éditeurs tant de patience, d'égards anticipés pour ce texte à venir, texte espéré, arraché aux démons de l'esprit pour se faire littérature. Vous êtes sans relation, sans le sou, sans rien : mais si votre texte parle pour vous, vous serez entendu. Mais pour gagner cette rade-là, il faut que vos yeux aient été marqués, vraiment, par la tempête du grand large.  

 

 

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Published by Gérard Larnac - dans Carnet d'esquisses
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