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9 septembre 2010 4 09 /09 /septembre /2010 13:47

Je n'aime pas Bret Easton Ellis, ses poses faussement dandy, ses audaces de cocktail auxquels l'époque ne feint de croire que pour mieux imposer sa morgue, sa veulerie et ses compromissions. Pas une once de dénonciation. Une littérature de collabo, où la collaboration s'est fardée avantageusement de branchitude second degré pour mieux se fondre dans l'air du temps. Au moins Tom Wolf avait l'ironie mordante devant les vanités - et puis il avait écrit Acid Test. Bret Easton Ellis, lui, distille son peu de romans comme cocaïne de cocktail chic. Dans son univers Hugo c'est Hugo Boss et pas Victor. Les stock options et pas Les Misérables. Ce pur produit des années yuppies (les sinistres années 80, quand la révolution conservatrice s'imposa en silence au monde entier) écrit pour les happy few qui roulent en Hummer. Eloge du trader en nietzschéen bohème. En France, Houellebecq ou Beigbeder ont tenté d'appliquer la recette. Houellebecq surtout a forgé un style d'époque, autiste, neurasthénique, finalement assez intéressant - du point de vue du psycho-sociologue. Prendre tous les logo "must have" des pages shoppings, tous les people de Voici, secouer le tout et on obtient ce parfait petit produit dont raffolent les oligarques, parce qu'ils attirent sur eux plus d'admiration que de colère. Quel roman en cette rentrée pour dire "ça suffit" ? Réclamer justice ? Pas branché, ça, coco... 

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Published by Gérard - dans Chemin faisant
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commentaires

V.S. 02/10/2010 22:45



On ne peut pas dire que j'aime Bret Easton Ellis. Ni que je ne l'aime pas. Pas non plus de tiédeur, de "moui... pas mal..." du coin de la bouche en jetant un dernier coup d'oeil à la quatrième de
couverture. Simplement parce que je DETESTE lire Bret Easton Ellis. Trop pénible. Trop plombant. Je frôle la dépression à chaque fois. Mais j'y retourne. Ce n'est pas un mauvais auteur. Juste un
talent inopportun. Je pense que c'est le genre de livre qui choisit son lecteur. Et, certes, il a de très mauvais lecteurs, le pauvre.



chervonaz daniel 09/09/2010 19:12



Cher Gérard, certes je me répète mais vous écrivez vraiment bien ! Avec tout plein de mots que je ne connais pas  ou dont je crois subodorer le sens  mais cela ne résisterait pas à la
confrontation avec un dictionnaire!


Vous flinguez Bret easton ellis dont je n'avais jamais entendu parler Hélas je ne fréquente pas de soirées mondaines ni privées ni caritatives de type Lyons et autres . Je ne vais donc même pas
pouvoir citer ce fameux nom. Fameux puisque vous l'avez choisi pour cible. Belle publicité pour ce Bret !


Mais si vous le décriez si fort, alors pourquoi en faire un papier semi-public?


Vous faites mieux que le célèbre syllogisme crétois :" je parle très fort et en public de bret machin car il ne mérite pas , mais alors pas du tout d'être connu" !!!!


Peut être écrivez-vous afin de vous relire avec délectation?


Je déguste vos écrits comme un cornet de glace à la vanille en train de fondre.