Depuis 2007, près de 1000 textes de l'écrivain et essayiste Gérard Larnac en accès libre. Une invitation à pénétrer dans son atelier littéraire, avec ratures et coups de gueule. Textes en devenir, expérimentations, projets de livres et de publications sur le thème de la littérature et de l'édition, de la philosophie, de la sociologie engagée et de la poésie.
Ecriture : lot de consolation, ou technique de libération ? Il faut choisir. L'un exclut l'autre, et réciproquement.
Dans un monde exclusivement marchand où seule compte la vitesse de péremption, la forme est devenue une idée vieille.
Pas de droit sans liberté, pas de liberté sans droit.
Doutez de toute pensée qui ne doute pas.
En exaltant une culture du fait divers, le journalisme étend chaque jour un peu plus la dictature de l'exception.
L'Etat d'Israël est une victime devenue monstrueuse à force d'exiger réparation.
Utopie : l'autre mot pour dire "futur".
Qu'est-ce que la littérature est-elle supposée savoir ? Doit-elle savoir quelque chose ? La littérature ne serait-elle pas plutôt le contraire d'un savoir : un accès ?
Mais les Anges. Ce n'était pas des anges : c'était les gens. Presque le même mot. Et là, brusquement, c'était tout un. Pour le comprendre peut-être convient-il d'être tout à fait mort. Les gens, les anges. C'était donc eux.
Je cherche les nervures, l'éclat de l'initial. Le reste : poubelle ! Je ne lis presque plus de romans. Essais et poésies. Voilà ma diététique. Avec un peu de vin.
En embrassant cette petite dame de 90 printemps, grande résistante et amie de Stéphane Hessel, j'ai pensé ce jour-là : "Allez, à nous de jouer maintenant. Tâchons d'être à la hauteur".
Que serait un monde sans livre, gouverné par le cynisme et l'avidité, la distraction et la soumission, la cruauté et l'ignorance ? Le nôtre.
Comment préserver la finesse de la nuance sans succomber à la tiédeur de la lâcheté ?
Nous vivons en harmonie avec l'échelle de nos perceptions. A quoi nous servirait une "super-vision", si ce n'est à détruire en nous toute idée de beauté ? Le sens n'est pas dans la performance mais dans la coïncidence - la convergence secrète.
Il deviendra chaque jour un peu plus jeune, un peu plus étrange, un peu plus possédé par son propre rire.
"Les journaux m'exaspèrent, dont l'optimisme pleutre et suranné semble toujours croire que le triomphe consiste à ne pas consentir à s'apercevoir des coups que l'on reçoit". André Gide, Journal, 29 octobre 1916.
Sur le boarding pass British Airways du 25 juillet 2012 pour le vol 285 de 11 heures 30 à destination de Frisco Porte B 45 cette mention : « World Traveller ». Le titre peut-être d’un prochain recueil.
On écrit parfois pour retrouver la fluidité du monde. Lorsque la vie nous ramène à l'improviste auprès d'elle, plus besoin d'écrire. L'Art n'est un mot que dans le langue de ceux qui ne vivent pas naturellement de façon artistique.
"Si tu veux être poète, découvre une nouvelle façon pour les mortels d'habiter la terre" Lawrence Ferlinghetti ("Poetry as Insurgent Art")
Que le livre disparaisse ne m'effraie pas ; ce qui m'effraie, c'est que l'on cesse d'entendre la musique du texte.
Travailler à de grands livres. Des livres si grands qu'ils sont sans doute inachevables. Une vie n'y suffira pas. Qu'importe. Cela ; ou rien.
C’est dans le partage des valeurs que se crée une culture.
Tristesse, ferveur. Ne pas écouter le chant des petits connards pragmatiques.
Modifier les perspectives c'est inventer un monde autre.
Ce qui fait de l'art une escroquerie, c'est la contingence des jugements de valeur qui mènent à la fabrication du consensus autour d'une cote. L'art se situe toujours "hors cotation" : quelque part dans l'ouvert, dans le chemin faisant.