Depuis 2007, près de 1000 textes de l'écrivain et essayiste Gérard Larnac en accès libre. Une invitation à pénétrer dans son atelier littéraire, avec ratures et coups de gueule. Textes en devenir, expérimentations, projets de livres et de publications sur le thème de la littérature et de l'édition, de la philosophie, de la sociologie engagée et de la poésie.
Tant de livres sur l'étagère des "choses à lire". Ils me sont tous à ce point indispensables qu'en rajouter un de mon cru me semble une indécence.
Sans bruit rejoindre le but ultime
On écrit toujours depuis ce petit quelque part que l'écrire constitue.
Longtemps je ne lus au fond que dans le seul but d'écrire. A présent j'écris pour continuer à lire. Ma vie y a gagné en puissance, et en sérénité.
L'oeuvre au sens fort n'est opérante que de l'écart qu'elle institue avec l'ordre du marché; mais ce faisant elle devient impossible. Faire oeuvre aujourd'hui c'est avant tout faire silence.
La vie proportionnée à nos attentes est une vie en réduction. La vie, la vraie, déborde l'échelle de nos rêves. Elle reste avant tout sauvagement inconcevable.
Ce qu'un homme ne dit jamais à la femme qu'il aime, c'est qu'il n'aime pas ses formes parce qu'elle a un beau cul ou une poitrine de star, mais qu'il aime ses formes parce que ce sont les siennes.
La culture a partie liée avec la liberté en ce qu'elle défait les déterminations, constitue avant tout la domination de l'irrépressible. En cela elle déconstruit les identités pour permettre la rencontre avec l'autre.
Créoliser la langue. L'amplifier. Travail de poète.
pour José Santuret Dans un monde négligent nous tenons des points de vigilance. Quelles que soient les formes que nous donnons à cette résistance, tenir l'écart.
On ne fait avancer les choses qu’en se situant de l’autre côté de la limite.
La révolution, c'est le tremblement prémonitoire de la démocratie dans un mouvement qui la fait advenir mais ne la contient pas.
Il se fit poète pour ne correspondre à rien ni à personne. Puis fit des livres qui ne correspondaient à rien ni à personne. Ne trouvant pas de lecteur, nulle offense. S'il en avait trouvé, pourquoi donc aurait-il écrit ?
Le monde est ma représentation - et quelque chose en plus. Beaucoup s'attachent à cette représentation. Pour ma part mon attention tout entière se déporte vers ce "quelque chose en plus".
La croyance la plus tenace en nous est cette certitude selon laquelle ce qui ne s'est encore jamais produit ne se produira jamais. C'est le dogme de la course à l'abîme sans abîme. Pouvons-nous survivre à ça ?
Ce qui change profondément je le vois bien : c'est la transformation définitive de la ferveur rebelle en euphorie infantile d'être d'accord sur tout...
Autrefois on disait qu'un écrivain écrivait toujours le même livre.A présent on a le sentiment que ce sont tous les écrivains qui écrivent le même livre.
En cette période trouble, un mot me revient : "Amiable". Un accord à l'amiable. Il y a Ami dans amiable. L'ouverture d'une vraie de vraie possibilité de rencontre. On ne dit pas : "Un accord Kalach". On dit : "Un accord à l'amiable". Que s'est-il passé...
Il pensait que la vie était tragique, mais qu'il ne fallait pas la prendre trop au sérieux.
Qu'est-ce que onze heures moins le quart ? Qu'est-ce que la présence d'un corps ? Qu'est-ce que tout ceci ?
J'ai commencé ici dans un bel environnement soigné où j'avais plaisir à déposer des ébauches de textes, des coups de gueule, des copeaux d'atelier, des éclats de vie littéraire. Depuis la pub est venue polluer cet espace. Je ne remercie pas Overblog pour...
Seul notre insatiable besoin de donner et de recevoir de l'amour nous empêche de n'être que des monstres échappés de l'enfer. Ne cherchez pas : il n'y a rien d'autre.
"Est-ce que l'Art vous fait peur ?" C'est sur ces mots-là que je quittai l'Université. Je les retourne aujourd'hui : aux lecteurs aux éditeurs "Est-ce que l'Art vous fait peur ?"
Poésie toujours comme un vieux maître opiniâtre qui mesure mes ignorances d'un oeil dubitatif
La poésie est un soleil que je n'ai jamais regardé que de biais. Cela n'empêche pas ses rayons de me réchauffer. Et quelques ombres de m'apparaître dans le contre-jour.