Depuis 2007, près de 1000 textes de l'écrivain et essayiste Gérard Larnac en accès libre. Une invitation à pénétrer dans son atelier littéraire, avec ratures et coups de gueule. Textes en devenir, expérimentations, projets de livres et de publications sur le thème de la littérature et de l'édition, de la philosophie, de la sociologie engagée et de la poésie.
La langue sans cesse proliférée contre le souffle de l'esprit.
Juste créer - mais créer juste
Fouler l'Ailleurs, défouler l'Ici.
Le monde est une porte ouverte dont nous croyons avoir perdu la clef.
Sur les Carnets d'Eucharis - toujours aussi soignés, inventifs, chargés de découvertes - le texte inédit Sur la Vieille route de l'homme, poème à deux voix avec Nathalie Riera. A lire sur : http://lescarnetsdeucharis.hautetfort.com/
En finir avec le substantif. Ne dire à travers un mot que l'ensemble des relations auxquelles il engage, les rêves auxquels il invite, les ailleurs où il se dépossède silencieusement de lui-même à seule fin de mieux faire entendre sa liberté.
La culture, c'est avant tout ce déplacement vers la culture, ce chemin qu'aucun clic du temps immédiat ne nous donnera jamais.
Le jour où la faim disparaîtra, la politique cessera elle aussi d'exister. L'ère de l'esprit pourra alors commencer.
Quand l'écriture efface l'intention qui lui a donné son élan premier, là est le livre.
La plupart des rapports de force sociaux dont nous croyons encore avoir à débattre démocratiquement sont de fait toujours-déjà résolus dans la complexité des processus techniques qui nous entourent.
Bon, ça y est. 250 feuillets de route d'un côté. Presque autant pour ma remontée d'Amazone avec les esprits de la grande forêt pluviale. Deux bouquins de plus dans le fatras. Brûler ? Publier ? Avant de continuer, atteindre ce lieu de l'esprit où brûler...
Depuis Auschwitz, la question centrale devrait être : que faut-il ajouter à la culture pour qu'elle devienne conscience ?
la douleur garde-toi d'en guérir on ne guérit pas d'être on ne saute pas par dessus soi la douleur juste lui trouver, exacte, une place - et de là regarder
Penser entre les mondes. Je voudrais parler de l'étrangeté du réel comme à l'émigrant on raconte sa terre natale, le soir, autour de la table commune.
Ecrire comme un vieil indien goguenard qui affûte sa flèche en rigolant sous cape.
Ecrire, c'est être le premier d'une peuplade qui n'existe pas encore.
D'une porte close savoir faire un radeau.
"Où va-t-on quand on ne va nulle part ?" - Yannick Haenel - (Cercle, Gallimard)
"Ne rien écrire avant que ton écriture, ta pensée et ta vie, ne soient sur le même axe", dit-il.
Avoir faim, mais vraiment, de littérature, c'est comme une envie de sexe dans une foule en prière.
Ah les petites phrases décoratives qui s'agitent, qui prennent des poses, qui font comme si... Si la phrase n'ouvre pas un champ à la conscience, et de là un nouveau champ d'expérience, franchement, à quoi bon écrire ? On est con, mais pas à ce point...
« Ecrire est impossible, mais pas encore suffisamment impossible » - Samuel Beckett -
Inventer une langue, c'est échapper au cirque. Sortir du rang. Désappartenir à la clique.
Non pas définir, bien sûr ; indiquer une direction possible. Un cap. Et ne pas le tenir, cela va sans dire.
L’unique question, au fond, que pose la publication d’un livre, un vrai, c’est « dans quel état va-t-il laisser la littérature ? Et que va-t-il se passer, maintenant, pour elle ? »