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Depuis 2007, près de 1000 textes de l'écrivain et essayiste Gérard Larnac en accès libre. Une invitation à pénétrer dans son atelier littéraire, avec ratures et coups de gueule. Textes en devenir, expérimentations, projets de livres et de publications sur le thème de la littérature et de l'édition, de la philosophie, de la sociologie engagée et de la poésie.

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Note sur les "premiers romans"

Un « premier roman » ? Mais ça n’existe pas ! Ou alors à titre personnel, uniquement, dans l’histoire particulière de celui qui écrit. Ca ne regarde que lui, ne constitue absolument pas un genre, une catégorie, un corner de libraire, une chronique à part.

 

Il y a dans cette appellation de « premier roman » comme une indulgence de principe, alors que dans la réalité c’est tout le contraire : le premier roman est le plus difficile à publier parce que personne ne l’attend ni le souhaite, lorsque vous en postez le manuscrit, sans lettre de recommandation, à un éditeur qui n’a jamais entendu parler de vous.

 

Les lecteurs des maisons d’édition sont beaucoup plus exigeants envers le premier roman d’un parfait inconnu qu’envers la production régulière de leurs auteurs confirmés. Le contraire, donc, de l’indulgence. Et l’on connaît nombre d’écrivains célèbres qui n’ont de réellement aboutis que leurs premiers romans, parce qu’ils avaient encore cet essentiel tourment et cette fureur intacte ; qu’ils avaient surtout le temps de la création et de la maturation, qui est temps long, et non le temps hystérique de la production à tout prix auquel certains contrats d’édition les soumettent par la suite (surtout dans le cas d’auteurs salariés par leur éditeur). Entretenir une notoriété d’écrivain revient en France à publier quasiment un livre chaque année. Non pas être bon, mais être présent dans le flux insatiable des nouveautés. Le premier roman possède derrière lui plusieurs années de gestation – cette patience d’aguets, ce couteau entre les dents, cette faim de loup des steppes, cet élan d’abordage qui, par la suite, font si souvent défaut.

 

Il faut au livre la rage d’un élan intact. Il y a ceux qui en portent trace, il y a les autres. Premier ou pas. Un « premier roman », ça n’existe pas. Il n’y a que des romans plus ou moins aboutis.  

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