Depuis 2007, près de 1000 textes de l'écrivain et essayiste Gérard Larnac en accès libre. Une invitation à pénétrer dans son atelier littéraire, avec ratures et coups de gueule. Textes en devenir, expérimentations, projets de livres et de publications sur le thème de la littérature et de l'édition, de la philosophie, de la sociologie engagée et de la poésie.
Sorti fin janvier dans l'indifférence générale, mon "premier" roman, "Le Voyageur
français" suscite des échos contradictoires et j'en suis le premier ravi : l'ambiguïté étant pour moi la première vertu de l'art. Deux tendances : "c'est un livre à relire lentement" (j'ai
mis 20 ans à l'écrire, après tout le lecteur peut bien mettre 20 ans à le lire !) ; "c'est un livre dont on ne trouve pas l'entrée". Normal : d'entrée, il n'y en a pas. Mais
il porte en lui, très visible, à la fois sa propre genèse et son "mode d'emploi". Son "acheminement". Simplement, c'est vrai, comme la peinture moderne, il s'intéresse plus à la pâte vibrante des
mots, des pensées et des phrases, qu'au sacro-saint "point de vue" et au diktat du narratif. Il donne moins à lire une "histoire" qu'il ne donne à voir l'écriture dans son processus. Il
est fait de temps. De présences. De présence au temps. Sa totalité, comme un hologramme, est contenue dans chacune de ses phrases. Le texte n'avance pas, il creuse - et creusant s'efface. Jusqu'à
parvenir non pas à l'universel (quelle prétention ce serait là !) mais à l'impersonnel. A quelque chose du monde sans nous que nous parvenons pourtant à entrevoir. C'est qu'il
n'épargne guère son lecteur, il est vrai, puisque rôdent dans ces parages philosophie et poésie ; deux repoussoirs absolus, à ce qu'il paraît, qui vous éloigne aussi sec de la liste des
"meilleures ventes". Sûr, on n'est pas seulement dans le divertissement, bien que pris au premier degré le récit soit celui d'une passion amoureuse à la japonaise. Bon, j'espère seulement que mes
bêtises ne vont pas ruiner mon valeureux éditeur, à qui je souhaite bien du courage. En fait le premier geste d'amitié envers ce livre est venu d'une libraire, sous forme d'invitation à
venir le présenter. Au fond cela vaut toutes les envolées savignesques de cette critique inepte qui, en France, ne parle sans lire que de ces livres qui lui renvoient un reflet
avantageux et lui donne occasion de resserrer ses rangs.
Critiques sur Web, avis de Lecteurs :
http://www.jacquelinepeker.com/blog/2009/05/02/des-livres-pas-comme-les-autres/