Depuis 2007, près de 1000 textes de l'écrivain et essayiste Gérard Larnac en accès libre. Une invitation à pénétrer dans son atelier littéraire, avec ratures et coups de gueule. Textes en devenir, expérimentations, projets de livres et de publications sur le thème de la littérature et de l'édition, de la philosophie, de la sociologie engagée et de la poésie.
D'année en année le Salon du Livre de Paris (qui débute le 13 mars
prochain) s'est réduit à une grande surface à l'usage de petits lecteurs de feuilleton. Je me souviens de ma rencontre avec Jean Edern-Hallier, et tous les gens autours qui murmuraient
: "Ouais, chouette, il est comme à la télé". C'est quoi, un écrivain, quand il est "comme à la télé"?
Même les émissions littéraires puent la grande surface : La "Grande" Librairie, ovni anti-artistique du si sympâthique Busnel aux si sympâtiques questions mongoloïdes (comme si écrire
n'existait pas) : on y invite les diva "tête de gondole" comme à la pire période Pivot. Mais on ne peut lui en tenir rigueur : il n'est que le pur produit d'un processus à l'oeuvre
depuis longtemps. Le Centre national des Lettres s'appelle désormais Centre national des Livres. Ca fait belle lurette que nous sommes passés de la défense de l'Art à
celle de l'industrie.
Le salon du Livre ? Il enrichit d'abord des vendeurs de mètres carrés. Un salon, c'est le bizness. Les auteurs ? Quand il ne s'appelle ni Anna Gavalda, ni Marc Lévy, ni François Bégaudeau... un
écrivain n'a pas de fonction sociale, n'enrichit personne, et donc ne sert à rien.
Ceci dit, pas un drame. C'est lorsque cela ne sert plus à rien d'écrire qu'advient le livre. Le vrai. Ni tête de gondole ni "grande librairie" ni Fnac de la Porte de Versailles. Juste une oeuvre
qui vient.