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Depuis 2007, près de 1000 textes de l'écrivain et essayiste Gérard Larnac en accès libre. Une invitation à pénétrer dans son atelier littéraire, avec ratures et coups de gueule. Textes en devenir, expérimentations, projets de livres et de publications sur le thème de la littérature et de l'édition, de la philosophie, de la sociologie engagée et de la poésie.

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Voyager léger

Un certain esprit de sérieux, parfois, tend à obscurcir la limpidité naturelle des choses. Il faut apprendre à ne pas en savoir trop. A voyager léger, parmi montagnes et rivières.
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S
"Toute chose est insignifiante. Toute coutume vue de l'extérieure semble inutile et obscurantiste." <br /> Malgré cela les sauvages pourtant unis repoussaient avec force la violence de la mort. Ils fuyaient, hurlaient en coeur, on veut juste vivre, vivre comme bon nous semble, grandir avec ce qui nous rend libre et heureux.<br /> Le temps a passé et pourtant les peuples gardent dans l'ombre de leur mémoire les stigmates de leurs aïeux. Ils savent raconter avant de quiter leur monde: souvenez- vous, ils étaient si nombreux, si nombreux ces guerriers venus dans nos contrées, pour nous évangiliser.
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G
A ce propos, on ne saurait trop recommander la lecture de mon vieux Gary Snyder (le Japhy des Clochards célestes de Kerouac) : Montagnes et rivières sans fin, paru aux Ed.du Rocher en 2002.
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Z
Comme dit Sophia- Maïté Rey ....à la fin les montagnes sont les montagnes, et le sac à dos un sac à dos.
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Z
Savez-vous qu'en certaines contrées on vient partager ses repas avec ses morts? Et si les morts étaient plus vivants que nous?
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S
Bonjour, <br /> <br /> Voyager léger, avant que le souffle nous manque, avant que les envies nous dévorent. La légèreté transporte l'esprit aiguisé vers mille choses, mille mystères.<br /> <br /> Mais les hommes très souvent se nourissent de pensées absurdes, de maladresses incontrolables, de sales intentions qu'ils déposent sans gêne, là où se repose la vie, là où le silence tout entier, n'appartient plus à la mort.<br /> <br /> Pas plus tard que ce matin, entre deux allées du cimetière de Décines-Charpieu. Vide en apparence à cette heure du jour. Je me suis arrêté devant un parterre de pot de fleurs qui recouvraient un caveau. Mon regard fut attiré par le mot "LEGUMES" inscrit sur la face d'un panier en osier, ou quelques fleurs et légumes en plastique semblaient s'être perdu en ce lieu.<br /> Je n'ai pas pu m'empêcher de faire disparaître la face insolente ou niaise de cet ornement de petits légumes, qui se doivent d'attiser en d'autres lieux, la gourmandise de tout bon vivant. <br /> Mais ici, ici sur ce lit de terre du mort, ce pot en osier, ce mot "LEGUMES" m'ont fait réagir et agir avec la même frustration que pouvait ressentir ce mort... <br /> J'ai enlevé le désordre, emporté l'intrus tout habillé de plastique, loin de la vue de la lumière et du mort, loin de la vue des âmes qui sommeillent en paix.<br /> <br /> Des hommes ne comprendront jamais ce qu'est la vie, et n'aurons jamais de coeur utilement bon.
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