Depuis 2007, près de 1000 textes de l'écrivain et essayiste Gérard Larnac en accès libre. Une invitation à pénétrer dans son atelier littéraire, avec ratures et coups de gueule. Textes en devenir, expérimentations, projets de livres et de publications sur le thème de la littérature et de l'édition, de la philosophie, de la sociologie engagée et de la poésie.
J'aime bien Michel Onfray. Le type, pas l'oeuvre. Respect pour son Université Populaire, à Caen - ville où nous nous sommes peut-être croisés au cours de fêtes païennes sous la pluie, ou fumant les herbes rares au pied du Phénix, au siècle dernier. Allez savoir pourquoi, j'éprouve une amitié instinctive pour cette espèce de ferveur froide qui lointainement semble l'animer. Seulement, trop souvent, ses livres sonnent faux, au bon Michel. La philosophie est-elle à ce point compatible avec l'air du temps et la pose avantageuse ? Pas sûr. Quant à l'anti-philosophie qu'il professe, elle n'est souvent que pure anecdote d'étourdi sympathique. Bref je ne crois ni à son hédonisme, tarte à la crème bourgeoise style "parce que vous le valez bien", ni à ses volcans. S'il fume, je crois l'avoir écrit, ce serait plutôt à la manière des cheminées d'agrément. Rien de révolutionnaire, donc ; Onfray est un propret. Mais en lisant sa "Théorie du Voyage", entre deux poncifs et quelques idées sur un sujet qui ne l'inspire guère (maudites commandes d'éditeurs ! ) je trouve ça, et ça me comble : "D'un voyage ne devraient rester que trois ou quatre signes, cinq ou six, guère plus. En fait, autant que les points cardinaux nécessaires à l'orientation". Pas mal. Même si, bien sûr, j'aurais préféré que le passage s'achève sur le mot de "désorientation"...