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Depuis 2007, près de 1000 textes de l'écrivain et essayiste Gérard Larnac en accès libre. Une invitation à pénétrer dans son atelier littéraire, avec ratures et coups de gueule. Textes en devenir, expérimentations, projets de livres et de publications sur le thème de la littérature et de l'édition, de la philosophie, de la sociologie engagée et de la poésie.

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Traces

 Tu en as fini désormais d'écouter les grands professeurs, d'admirer les grands poètes, de déambuler d'un air faussement convaincu dans les allées du "salon du livre". Ce que tu cherches est sans prestige : un certain dehors. Et les traces qui accidentellement s'y manifestent ça et là.
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L
<br /> <br /> cette rupture d'avec la définition me ramène à Glissant, à sans doute beaucoup d'autres,<br /> <br /> <br /> je la voudrais entière sans filins de retours qui nous y ramènent<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> hélas ce n'est pas ce que je vois ; la tentation me semble toujours forte de revenir hanter les lieux<br /> <br /> <br /> j'y vois comme une contradiction<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> j'appelle la trace et le fragment<br /> <br /> <br /> l'allusif afin d'éviter le construit et le défini<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> j'y vois le vent<br /> <br /> <br /> <br />
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A
Alors vous aimerez lzq protoglyphes du plasticien Alain Gestin; oui vraiment.
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G
quelque chose s'est passé<br /> et puis rien<br /> seul le vent<br /> sur des visages<br /> inconnus
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S
TRACES... <br /> <br /> Eglise de Décines-Charpieu, le 9 avril 2008<br /> Père,<br /> C’est lorsque le cœur ne bat plus que toutes les futilités humaines s’évaporent comme neige au soleil. Et pourtant, pourtant ! Les geais migrent de leur terre, comme émigrent les êtres. Les hirondelles nous annoncent par leur va-et-vient des brindilles d’herbe au bout de leur bec que c’est le printemps. 1914, 2008, à peine le temps de suivre une route. D’aimer la vie à en perdre la tête. De s’adapter au XXème siècle, avant que ne débute le XXIème siècle et que les maux du corps s’emparent de toi…1914, dure époque. Cela évoque des poilus en guerre. Des batailles féroces en Europe. Mais dans un village de Sicile, une histoire émerge et prend forme de vie. Faustino regarde son destin qui prend forme, les couleurs de sa vie se dessinent. 2008 le voilà un peu fade, la peine se mêle à la joie. 2008 fardé du signe d’un nouveau souvenir et d’une touchante mort. L’expérience d’une vie bien remplie qui prend soudainement le titre de « Fin ». Le 5 avril au petit matin, Dame la Mort, est venue promptement prendre par la main Faustino Salamone. Bras dessus, bras dessous ils sont partis heureux, ensemble comme de vieux amants.<br /> <br /> Il y a encore quelques semaines c’était le printemps des poètes. Alors père, pour t’accompagner dans ta nouvelle demeure, je demande à Homère de te narrer dans un de ses contes. Qu’il te dépose en douceur, non pas au cœur de la rage de l’Odyssée, mais plutôt là-bas ! dans les immenses pâturages d’alors de la vielle Palestine, Abel te tenant compagnie.<br /> <br /> Plus tard à Dante, je proposerais père, s’il le veut bien, de laisser quelques instants Virgile seul dans la Divina Comedia. Dante et toi père, lors de votre visite dans le purgatoire, sa Béatrice ne serait autre que ta Joséphine et c’est toi qui parleras avec ton amour de toujours. Puis sans les nommer tous, de Théocrite à Pasolini. De Villon à Théophile. De Verlaine à Rimbaud. De Leopardi à Rilke. Tes mots, ton vécu, tes histoires père seront disséquées, scindées par de l’art poétique, soufflées par tous les grands poètes de la terre.<br /> Avec un brin de pertinence… durant son sommeil, à Baudelaire je prendrai la main et la guiderai dans la dernière page des Fleurs Du Mal. Baudelaire écrira pour toi ceci père : <br /> Je ne tangue plus sur les vagues de la vie<br /> Je dors !<br /> Je suis descendu au fond de la cale ivre, ô<br /> Je dors !<br /> Le corps ici, sur cette butte haute de Décines<br /> Je dors !<br /> Sans faire de bruit, sans faire de ramdam<br /> Je dors !<br /> Mon âme pour l’heure partie en voyage<br /> Je dors !<br /> Emue au bon gré du temps de L’Amérique<br /> Je dors !<br /> Au bon plaisir de la majestueuse France<br /> Et, dans le souffle de ma chère Sicile,<br /> Dieu je dors.<br /> <br /> Maintenant père je lâche la main de Baudelaire, Hugo te tend ses bras, lui qui n’a eu cesse de parler de Dieu. Qui sait ! sur ton chemin père, tu verras le Christ t’attendre. Sandra viendra vers toi pour te guider, car la lumière ne s’éteint jamais.<br /> <br /> « Papa tu as poussé la porte du doute. Aujourd’hui tu sais, nous on doute encore. »<br /> <br /> Repose en paix mon père, repose en paix.
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G
@Chris-Tian : "Carnet d'Asies" me parle bien, c'était aussi le titre de mes notes d'Inde-Thaïlande-Japon, avec ce "s".<br /> @Nathalie : merci pour ces lectures de plein vents et de soleil. <br /> Ceux qui cheminent seuls connaissent entre eux les plus hautes connivences.
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