Depuis 2007, près de 1000 textes de l'écrivain et essayiste Gérard Larnac en accès libre. Une invitation à pénétrer dans son atelier littéraire, avec ratures et coups de gueule. Textes en devenir, expérimentations, projets de livres et de publications sur le thème de la littérature et de l'édition, de la philosophie, de la sociologie engagée et de la poésie.
Par Gérard Larnac
Juste attirer l'attention sur quelques uns des paradoxes entourant les attaques ineptes dont Alain Badiou a fait l'objet récemment (je précise que je ne le connais qu'à travers ses livres). Processus équivoque qui consiste à dire d'un homme qu'il n'est pas antisémite, mais que ses propos "jettent le trouble" (voir Le Monde des Livres de cette semaine).
D'abord il y a eu le syllogisme de la honte, proféré par A.Finkielkraut : si vous êtes de gauche, vous êtes antiracistes; et puisque vous êtes antiracistes, donc pro-palestiniens, vous êtes antisémites. Le combat de gauche contre l'antisémitisme ne peut pas être payé au prix ignoble du racisme. Les attaques contre Badiou sont à peu près du même niveau et s'inscrivent sur fond de la même hystérie.
On ne peut pas dire d'un côté que Juif est l'autre mot pour l'absolue souffrance de l'Homme et dénier ensuite à tout homme l'absolu de sa souffrance au prétexte qu'il n'est pas Juif. On ne peut faire de la Shoah un universel du mal si c'est pour la réduire constamment à sa singularité historique, au service d'une pure idéologie régionaliste. Toute pensée, même avec les meilleures intentions du monde, qui se nourrit de ce "Shoah business", est indigne au regard de la mémoire de nos grands disparus. "Nos" : c'est de mémoire universelle dont nous parlons ici.
Eclipse Next 2019 - Hébergé par Overblog