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28 février 2012 2 28 /02 /février /2012 10:41

 

 

La dispersion technologique à laquelle insidieusement nous invite le modernisme tardif,  c'est cette incapacité à faire présence ; ou plutôt cette contrainte qui nous est imposée de faire présence précisément sous l'unique forme de la dispersion. 

 

Husserl disait que les Grecs, cinq siècles avant notre ère, en quittant le temps purement pratique, avaient eu accès à la démocratie et à la philosophie par "l'historicité" : l'entrée dans un temps conscient de lui-même. 

 

Ce qu'il faut savoir, c'est si la fragmentation sans cesse croissante de nos vies, de nos moeurs, de nos pensées, augure ou non du retour au temps de la caverne pré-philosophique et pré-démocratique.

 

Il n'y a au fond pas d'autre question plus importante que celle-là.

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22 février 2012 3 22 /02 /février /2012 12:33

 

 

Celui qui se dit éclairé attente à la lumière.

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17 février 2012 5 17 /02 /février /2012 11:24

 

"Sous l'Occupation, Brazzaville a été capitale de la France libre, et je dis souvent que tous les Français sont des Congolais sans le savoir..."

 

"Un jour viendra peut-être une génération d'écrivains français qui diront : "J'ai découvert la littérature par Ahmadou Kourouma ou Mongo Beti". Ceux-là seront peut-être les plus grands écrivains de France".

 

 

- Alain Mabanckou - 

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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 08:38

 

 

Dans un monde devenu totalement fictif, à quoi bon écrire des fictions ?

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30 janvier 2012 1 30 /01 /janvier /2012 10:51

 

 

 

Si les mots avaient un sens la notion même de publicité serait tout bonnement impossible. On a décervelé le langage pour installer la marchandise au coeur de nos vies. Chassant en nous tout pensée autre que celle d'un négociant.

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21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 13:55

 

 

Ecrire ces livres ne fut jamais autre chose pour moi qu'une façon d'approcher ma chaise jusque sur la scène pour voir tout ça de plus près. 

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12 janvier 2012 4 12 /01 /janvier /2012 08:44

 

 

Il ne s'est jamais agi pour moi de publier des livres. Mais de publier une certaine sorte de livres.

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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 09:18

 

 

La poésie est toujours cette part d'inattendu dans la langue commune, la surprise, le bris.

 

C'est pourquoi rien ne nous est plus odieux que la littérature de révérence, le ressassement, le convenu, le mauvais pastiche. Soit, il est triste de le dire : un bon 80% de la (sur)production. A quoi bon que chacun se mette à répéter jusqu'à la nausée ce qui a déjà été fait mille fois, ricannements misérables, autofictions bouffies, drames personnels - sinon pour jeter dans la carrière ceux qui n'ont rien à y faire ? Une documentation pour les sociologues et les historiens du futur, voilà tout. Pas une littérature.

 

Enrique Vila-Matas, dans Perdre des Théories (Bourgois) écrit ceci : « J’ai appris à petits pas à ne plus respecter les intrigues. L’apprentissage est devenu définitif le jour où j’ai lu des déclarations de Vilem Vok dans The Paris Review qui confirmaient mes soupçons : il n’y a qu’un nombre réduit d’intrigues, il n’est nullement indispensable de leur accorder une importance démesurée, il suffit d’en introduire une – presque par hasard- dans le livre qu’on est en train d’écrire afin de pouvoir ainsi disposer de plus de temps pour peaufiner ce qui devrait toujours nous importer le plus, le style. Quels sont ces intrigues ? Vilem Vok l’a clairement dit : « quelqu’un se fourre dans un guêpier puis s’en sort ; quelqu’un perd quelque chose qu’il retrouve ; quelqu’un est victime d’une injustice puis se venge ;… ; quelqu’un n’arrête pas de déchoir ; deux êtres s’éprennent l’un de l’autre et voient de nombreuses personnes s’interposer entre eux ; un virtuose est accusé à tort d’avoir péché et commis un crime ; une personne affronte un défi avec courage, en triomphe ou échoue ; quelqu’un se lance dans une enquête sur une affaire pour trouver la vérité… »

 

Le stock des intrigues et des motifs est donc nécessairement limité. Le psittacisme guette. La redite. C'est donc bien la langue qui fait la différence; la "vision". La langue singulière que l'auteur aura su ajouter à sa propre langue véhiculaire. Ce tremblement de la langue singulière au creux de la langue véhiculaire dont brusquement elle révèle une dimension inédite, tel est ce que j'attends de la poétique, tel est ce que j'attends d'un écrivain digne de ce nom. Raté ou pas qu'importe : mais il est nécessaire de retrouver le sens de ce qui peut être tenté. La question d'un roman n'est pas "de quoi ça parle", mais "comment ça parle".

 

Il nous faut des livres qui ne correspondent à rien. Ni à l'attente d'un public ni à celui des directeurs de collection stagiaires ni à ces quarterons de vrp qui décident désormais de tout.

 

Des livres qui aient la densité de ce temps et l'épaisseur de l'avenir.

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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 07:33

 

 

"Il n'y a d'intéressants que les romans non attendus, parce qu'ils se mettent en travers de l'époque comme des bâtons dans les roues".

 

Philippe Muray, Désaccord parfait (Tel-Gallimard, 2000).

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22 décembre 2011 4 22 /12 /décembre /2011 10:45

 

 

Qu'elle ne te soit jamais refuge, jamais consolation.

 

L'écriture existe à chaque fois qu'elle ne t'appartient plus. Soit qu'elle se prend dans cette voix impersonnelle qui t'entraîne, écrivant, bien plus loin que toi-même, vers des mondes que tu ne te connaissais pas. Soit qu'elle se mêle d'appartenir à d'autres, l'impossible lecteur, s'embarquant ainsi vers des destinations aussi diverses qu'imprévues.

 

Le miracle, précisément, de l'écriture, tient tout entier à cette inappartenance-là.

 

 

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