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19 février 2008 2 19 /02 /février /2008 17:34
Ecrire, c'est faire entendre un certain degré de tendresse naïve afin de semer le désordre dans la civilisation post-humaine. Jeter le trouble.
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4 février 2008 1 04 /02 /février /2008 20:18

Nuit à Bagdad – Les Mille et Une Nuits dans le Bagdad d’aujourd’hui. (Texte de Mohamed Kacimi – Mise en scène de Paul Golub). Que reste-t-il des grands textes universels ? Comment sont-ils absorbés par la violence de l'événement ? Shéhérazade : sa parole pour repousser la mort promise et la transformer en force de vie. Mais aujourd’hui Bagdad : images vertes estampillées CNN de la « guerre chirurgicale » de Bush père – images dégradantes de la « guerre psychologique » de Bush fils. Poétique de l’abri. Entre deux intégrismes : barbus fondamentalistes et hystériques du conflit de civilisation. Alors oui : encore et toujours, résister par la parole. Une pièce splendide où, réunis par la francophonie, un poète arabe et un metteur en scène américain remaillent l’universel.

 Lu dans la foulée le texte lumineux de Mohamed Kacimi, Le Jour où Nina Simone a cessé de chanter (Actes Sud). Beyrouth de fêtes et de fureurs, de sperme et de sang. Eloge de la laïcité dionysiaque dans la folie religieuse et ethnique. Indispensable.

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27 janvier 2008 7 27 /01 /janvier /2008 12:11

Le Time, dans son édition européenne du 3 décembre, titrait en une « La mort de la culture française ». La thèse a déjà fait couler beaucoup d’encre et grincer bien des dents. Pour péremptoire qu’il soit, cet article cependant nous dit trois choses fondamentales, qu’il aurait fallu entendre : la culture française se meurt de nombrilisme, de manque d’audace et de consanguinité. Le fait de connaître d’une écrivaine et/ou narratrice la vie supposée de sa petite culotte dès la page trois d’un récit ne possède aujourd’hui plus aucune charge de rébellion. Il faudrait que l’édition parvienne à rompre avec les audaces qui n’en sont plus depuis longtemps, avec ces libérations niveau potaches qui ne sont plus désormais que de bien plates conventions. Dans un monde bouleversé par les guerres, les ravages de toutes sortes, les injustices les plus insensées, l’autofiction devient une injure à l’intelligence, voire une indignité. Quand on ne s’appelle pas Montaigne, on ne fait pas dans l’autofiction ! Voici pour la critique. La façon de remonter la pente ? Regarder là où se créent les énergies nouvelles : dans les marges, chez les barjes, les excentriques, les décalés, les minorités (mais sans la supercherie du "politiquement correct"), les autodidactes non formatés. La France, devenue « un bazar multiethnique », peut, en puisant dans les forces vives du métissage, régénérer sa scène culturelle. C’est du reste ce qui est en train de se passer, notamment par des auteurs francophones mais non français d’origine, dont la contribution à l’espace culturel national (et mondial) est de plus en plus évident. C’est aussi la démarche des Etonnants Voyageurs de Michel Le Bris dont le Festival de Saint-Malo (10-12 mai 2008) aura pour thème : « Migrations » : « Jusqu’ici nous pensions essentiellement le monde dans les catégories du stable : état/nation, territoires, frontières, opposition intérieur/extérieur, communautés, familles, identité. Il se pourrait que le monde qui naît devant nous et nous emporte déjà nous oblige à une révolution : penser le monde, désormais, – et nous-mêmes avec lui – à partir, non plus du stable mais du mouvant. Moins une pensée des structures qu’une pensée des flux : flux de populations, comme jamais le monde n’en connut, migrations, volontaires ou subies, flux de capitaux, flux d’images et de sons, immédiateté d’une communication mondialisée. Où l’imaginaire individuel et collectif, paradoxalement, retrouve dans le grand tohu-bohu planétaire une place centrale de puissance de création de communautés imaginaires, fluides, plurielles, en perpétuelles recompositions », écrit Le Bris.

Alors, morte, la culture française ? Non : en train de se régénérer. Men at work.

http://www.etonnants-voyageurs.com/

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23 janvier 2008 3 23 /01 /janvier /2008 14:48

wild.jpgCertainement un des films les plus importants du moment : Into the Wild, le dernier Sean Penn (tiré du best-seller de Jon Krakauer) . Lorsque la ville, schizophrénique, n'a plus d'autre promesse à offrir que son essentielle inauthenticité, il s'en trouve toujours un, plus rêveur, plus obstiné que les autres, pour tenter une sortie. Toujours l'espace américain a servi de lieu au ressourcement. L'histoire vraie d'un "routard magnifique", Chris McCandless,  qui décide de plaquer la perspective d'une petite vie rangée où l'on se consume en consommant, parti retrouver son âme sauvage tout au fond du monde blanc : l'Alaska. Avec cette leçon à retenir : il faut savoir mettre le mot juste sur la chose. Une leçon de vie et de mort, à partir de cette rhétorique des profondeurs. 

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18 janvier 2008 5 18 /01 /janvier /2008 10:47

Une route juste après la fin du monde. Route de post-apocalypse. Paysages depuis longtemps détruits, couverts de cendre. L’air ? Irrespirable. Les couleurs ? Disparues, bouffées par le gris de la désolation éternelle. On ne sait rien de ce qui a bien pu se passer. Le vide a tout emporté. Plus de narration possible. Le monde est devenu silencieux. Unique certitude : voici un temps où les rares vivants envient les morts. Il passe dans le brouillard givrant des hordes redevenues anthropophages. Et puis un père et son jeune fils. Poussant un caddy de supermarché, comme les pauvres d’aujourd’hui, où ils entassent chemin faisant leur maigre pitance, leurs maigres trouvailles. Campements frigorifiés au fond des bois malingres, au milieu des arbres morts. Tout est mort. Seul le feu. « Pas vrai, p’pa, qu’on porte le feu ? », dit le petit. Le feu, c’est cet amour qui demeure, fait de soin, d’attention réciproques. L’amour d’un père pour son fils, c’est tout ce qui reste. L’honnêteté, la volonté de rester, autant que faire ce peut, du côté « des gentils ». Quand tout a lâché, ce retour aux valeurs humaines les plus profondes constitue le seul moyen de savoir qui l’on est vraiment. Et cette route. Cette route vers le sud, vers la mer, pour vérifier sans doute que ni le chaud ni le bleu n’existe plus sur Terre. Pour en avoir le cœur net et chasser, une bonne fois, toute espérance. La Route, ce n’est pas ce qui conduit d’un point à un autre. Seul le mouvement pousse à vivre dans cet impossible après. Il n’est pas nécessaire de vivre. Ce qui est nécessaire, c’est d’aller.

 La Route (et son corollaire, l’espace) est l’élément fondateur de l’imaginaire américain. C’est d’abord celle des pionniers, de Lewis et de Clark, celle de la « destinée manifeste » ; le "Chant de la Route Ouverte" de Walt Whitman ; le « Sur la Route » de Jack Kerouac ; dans « At the end of the Open Road », prix Pultizer 1964,  Louis Simpson a eu beau en annoncer la fin, elle est toujours là, la route… Les « road-movies » sont aujourd’hui un genre cinématographique à part entière. Le rouleau original du premier jet de l’œuvre culte de Kerouac, qui se déroule comme le ruban de la route, vient tout juste d’être publié. Décidément, la Route est une notion qui agite l’esprit et semble répondre à de nombreuses interrogations. Plus que jamais, elle est devant nous, la route !

 

C’est que depuis le 11 septembre le monde est entré dans une nouvelle ère. La protection millénaire que nous offrait la ville, derrière son mur d’enceinte, a volé en éclat. La ville, voilà qu’elle nous explose à la gueule. Nous découvrons que l’abri n’en est plus un. Nous entrons dans une ère post-urbaine. Or que reste-t-il quand il nous faut sortir de la ville ? La route. Non plus celle des pionniers, de la « destinée manifeste » : celle de l’absence dans le gris de toute destinée possible.

 

« La Route, c’est la vie ! », disait Kerouac. Cinquante ans après, le récit magistral de Cormac McCarthy a su retenir la leçon. Il nous fait entrer dans une temporalité inédite qui n’est pas encore tout à fait notre présent, mais qui n’est plus tout à fait de la science fiction. Cette temporalité nouvelle marque l’ouverture du monde à la possibilité de sa fin prochaine. Mais jusqu’au bout ce lien, ténu, qui a le don de l’éternel : le soin réciproque à travers lequel se dit, jusqu'au bout, l’amour entre un fils et un père.

 

A travers la radicalité de son récit, McCarthy fait repartir l’homme à zéro, lui fait retrouver les bases presque oubliées de son humanité.

 

 

La Route, de Cormac McCarthy (Editions de l’Olivier).

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4 décembre 2007 2 04 /12 /décembre /2007 18:56

Deux initiatives littéraires de rupture. Secouer les clôtures ? Se pourrait bien. Léo Scheer, d'abord (voir les liens), a mis en place sa collection-expérience M@nuscrits. Une tentative d'édition collective où un texte est donné in extenso à la lecture, suscitant commentaires et idées d'amélioration. On aime cet approche collaborative. Sachant que cet objet littéraire n'existait pas. Ce n'est plus un manuscrit, ce n'est pas un livre; un texte dans les limbes, un travail en cours mais déjà exposé à la lumière ; un avant-livre ?  

François Bon, depuis longtemps en pointe question "Littérature sur Net", propose l'expérience PublieNet sur http://www.publie.net/auteurs/spip.php?article44

A partir de janvier, montée en puissance d'une véritable activité éditoriale spécialement formatée pour le web. Les textes sont corrigés, présentés ; via pay-pal chaque visiteur peut en faire l'acquisition pour une somme modique (enfin 7 euros quand même). Le numérique en diffusion payante a vocation de rétribuer un véritable travail éditorial ainsi qu'un véritable travail d'écrivain. Que la critique collaborative trouve le champ que la critique professionnelle, lassée d'elle-même, a déserté. Qu'une diffusion efficace soit possible malgré la pléthore. Qu'un choix s'opère, en dehors des puissances financières qui imposent le formatage de ce que doit être, ou ne pas être, un livre. Et retrouver cette vitalité créative, ces élans d'enthousiasme que seul suscite un horizon ouvert. 

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26 novembre 2007 1 26 /11 /novembre /2007 22:46

"S'il faut choisir entre la stupidité originelle et la fatuité moderne, je préfère la première".

                                                                                      - D.H Lawrence -

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5 novembre 2007 1 05 /11 /novembre /2007 22:25

Guadeloupe2007-008.jpg
Son vieux sac marin
au grenier depuis longtemps 
mais ses yeux
 ils portent encore l'océan

 

 

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29 octobre 2007 1 29 /10 /octobre /2007 16:47

« La littérature française est souvent l’éloge le plus éhonté de la névrose… Le nationalisme français dans les lettres : une terrible manie de juger et d’être jugé traverse cette littérature : il y a trop d’hystériques parmi ces écrivains et leurs personnages. En vérité écrire n’a pas sa fin en soi-même, précisément parce que la vie n’est pas quelque chose de personnel. Ou plutôt le but de l’écriture, c’est de porter la vie à l’état d’une puissance non personnelle. »

Gilles Deleuze.

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23 octobre 2007 2 23 /10 /octobre /2007 17:39

Burlesques moeurs de ces burlesques temps, où les écrivains s'engueulent à s'assourdir, où les chapelles culturelles s'étripent, au lieu, ensemble, de s'opposer à tout ce qui lime l'écriture de l'écrivain et rendent marginales les lumières de la culture. Parcourez les blogs dits "littéraires", commencez par celui de l'incontournable-impayable Assouline et sa chouette bande de nains vociférants. Si c'est là tout ce que peut produire la culture, alors en effet, autant tirer la chasse.

 

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