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12 juin 2009 5 12 /06 /juin /2009 08:57
Le 20 juin à 15H30, le Librairie La Passerelle (Antony-92) organise ma première séance de dédicace-rencontre autour du roman "Le Voyageur Français". Comme je me suis dispensé de l'exercice au moment du Salon du Livre, c'est pour moi une vraie première. Nous verrons bien...

http://culture.118000.fr/v_antony_92/c_librairie/e_la-passerelle_0146660819_C0002001970
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18 mai 2009 1 18 /05 /mai /2009 21:49

Brume de pluie ce samedi matin sur l'Avenida de Albuquerque, dans la proche banlieue de Porto. Mer silencieuse. Quelle paix dans le cri de la mouette venue m'apporter les derniers potins du grand large.
















Aéroport de Porto, samedi, 19  heures 28. Cherchant des yeux le panneau : No Direction.

                                                   ***

Dimanche, peu avant six heures du matin. Ils s'attardent au comptoir du dernier pub encore ouvert, ils ne partent pas, d'autres restent là, hébétés de fatigue, à tourner sur eux-mêmes, devant la grille close de la dernière boîte, chacun accroché à sa nuit comme à une traîne d'impossible, rester avec cette nuit, qu'elle ne finisse pas - mais le jour déjà, gare Montparnasse, guettant mon prochain départ.

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5 mai 2009 2 05 /05 /mai /2009 15:55

"L'homme a peur du Temps, mais le Temps a peur des pyramides" dit un proverbe égyptien. Comment diversité terrestre mieux célestement assemblée qu'en cette apogée. Comment plus de grandiloquence avec moyen ausssi rudimentaire, la ligne droite. Le Caire, plateau de Gizeh. Parole solaire, parole du vide - Dieu Amon du désert. Tout  cet aplomb misérable de touriste que nous devons à des hasards géographiques et qui si bien nous empoigne d'arrogance, il cède. Nerval ici acheta une esclave pour lui offrir sa liberté.

Ruelles aux ombres cuivrés des souks, contemplant la royauté des "petites gens" qui n'ont de compte à rendre qu'à eux-mêmes. L'Egypte me reste "comme une felouque en dérive autour des ombres du matin" (E.Glissant). La flèche bleu turquoise d'un oiseau sacré du Nil accompagne ce lent basculement de vie, déjà, dans le souvenir.

Sur le toit en terrasse, buvant un vin parfumé portant le nom d'Omar Khayyâm, ciel de poussière comme si mon propre regard avait été abîmé, empêché, le rond point où se rencontrent les avenues, on klaxonne on s'arrête on repart, des flots de véhicules encombrés de piétons, femmes sous le voile, enfants au milieu de cette Place de l'Etoile du Levant, chaos des charettes des ânes un chamelier à contre sens et de l'autre côté du carrefour, là où commence le vaste désert occidental, la pyramide de Kheops et celle de Khephren attendent que le couchant ne les renverse brutalement dans la nuit noire. 

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3 mai 2009 7 03 /05 /mai /2009 09:10

Fêtes, défilés, apparâts, bizutages, mythologies sportives, héroïsation, théâtralisation : la société passe son temps à ritualiser la violence pour la soustraire au pulsionnel afin de la placer au service du Pouvoir. L'entretenir, la rendre admissible sous de nombreux euphémismes, pour la mobiliser à son profit le moment venu : telle est la règle non écrite. Ainsi toute notre société s'agrège autour de ses rituels de violence qu'en permanence elle renforce et entretient.

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24 avril 2009 5 24 /04 /avril /2009 15:10

J’ai foulé un peu l’espace de ce grand rêve. Celui d’un savoir universel. J’ai quitté le Caire de bon matin par Desert Road en direction d’Alexandrie, sur le delta du Nil. Deux heures et demie de voies rapides à travers sables et oasis. Ciel voilé, ciel de poussière, par 37° à l’ombre. Je me suis retrouvé devant cette soucoupe volante posée sur le front de mer : la Bibliothèque d’Alexandrie. Pas l’antique, dont il ne reste rien, mais, sur le même site, la nouvelle, due au cabinet d’architectes norvégiens Snohetta, et inaugurée en octobre 2002.

 

C’est sur les conseils de Démétrios, disciple d’Aristote, que Ptolémée 1er, ancien général d’Alexandre le Grand, fonda la Bibliothèque d’Alexandrie, trois siècles avant notre ère. Alexandrie, sur les ruines de l’Egypte pharaonique, était alors la deuxième Rome de l’Empire. Construite autour de l’île de Pharos (et de son fameux « phare »), la ville présentait un plan de rues à angle droit, au tracé rigoureux. Le voyageur se voyait contraint d’offrir à la Bibliothèque tous les livres qu’il transportait ; en échange, il repartait avec une copie. C’est ainsi qu’on estime à 700 000 le nombre de volumes conservés, archivés, répertoriés. De vastes travaux de traduction permettaient ensuite de diffuser l’immense somme de savoirs contenue dans la Bibliothèque d’Alexandrie.

 

Une première destruction eu lieu lors du siège de Jules César qui fit brûler le port. Le feu se propagea à la Bibliothèque. Mais ce ne fut là que le premier de la série des ravages qui eurent finalement raison de ce phare de la culture antique. « Le bûcher des livres fait partie de la christianisation », ont dit les historiens.   

 

De l’antique Bibliothèque d’Alexandrie il ne reste donc rien, plus aucune trace. Si ce n’est, intact, ce vieux rêve d’universalité. Avec la plus vaste salle de lecture du monde, la nouvelle Bibliothèque d’Alexandrie conserve une ambition intacte. Sur sa façade de granit blanc, tous les alphabets de la Terre. Un lieu de concentration et de redistribution. Le lieu d’un savoir fraternel, ouvert à toutes les diversités, à toutes les singularités – dont il porte à jamais les questions sans trêve.

 

La somme jamais ronde de cette étrange expérience qui consiste à être homme. 










 

Site de la Bibliothèque d’Alexandrie :

http://www.bibalex.org/french/index.aspx

 

 

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10 avril 2009 5 10 /04 /avril /2009 08:42

Sorti fin janvier dans l'indifférence générale, mon "premier" roman, "Le Voyageur français" suscite des échos contradictoires et j'en suis le premier ravi : l'ambiguïté étant pour moi la première vertu de l'art. Deux tendances : "c'est un livre à relire lentement" (j'ai mis 20 ans à l'écrire, après tout le lecteur peut bien mettre 20 ans à le lire !) ; "c'est un livre dont on ne trouve pas l'entrée". Normal : d'entrée, il n'y en a pas.  Mais il porte en lui, très visible, à la fois sa propre genèse et son "mode d'emploi". Son "acheminement". Simplement, c'est vrai, comme la peinture moderne, il s'intéresse plus à la pâte vibrante des mots, des pensées et des phrases, qu'au sacro-saint "point de vue" et au diktat du narratif. Il donne moins à lire une "histoire" qu'il ne donne à voir l'écriture dans son processus. Il est fait de temps. De présences. De présence au temps. Sa totalité, comme un hologramme, est contenue dans chacune de ses phrases. Le texte n'avance pas, il creuse - et creusant s'efface. Jusqu'à parvenir non pas à l'universel (quelle prétention ce serait là !) mais à l'impersonnel. A quelque chose du monde sans nous que nous parvenons pourtant à entrevoir.  C'est qu'il n'épargne guère son lecteur, il est vrai, puisque rôdent dans ces parages philosophie et poésie ; deux repoussoirs absolus, à ce qu'il paraît, qui vous éloigne aussi sec de la liste des "meilleures ventes". Sûr, on n'est pas seulement dans le divertissement, bien que pris au premier degré le récit soit celui d'une passion amoureuse à la japonaise. Bon, j'espère seulement que mes bêtises ne vont pas ruiner mon valeureux éditeur, à qui je souhaite bien du courage. En fait le premier geste d'amitié envers ce livre est venu d'une libraire, sous forme d'invitation à venir le présenter. Au fond cela vaut toutes les envolées savignesques de cette critique inepte qui, en France, ne parle sans lire que de ces livres qui lui renvoient un reflet avantageux et lui donne occasion de resserrer ses rangs. 



Critiques sur Web, avis de Lecteurs :

 

http://www.jacquelinepeker.com/blog/2009/05/02/des-livres-pas-comme-les-autres/

 

http://prix-orange-du-livre.event.orange.fr/livre/G%C3%A9rard-Larnac-Le-voyageur-fran%C3%A7ais-289.html

 

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18 mars 2009 3 18 /03 /mars /2009 14:18

Avant même le point sur mes ventes que je ne ferai pas (ce n'est définitivement pas mon genre, j'ai pour habitude de laisser mes éditeurs travailler en paix), le Salon du Livre 2009 qui ferme ses portes ce soir restera dans les annales. Comment, dans cette crise dont on nous rebat les oreilles, quelque 50 000 visiteurs de plus que l'an passé se sont-ils rués comme un seul homme Porte de Versailles, impulsant une augmentation très significative des ventes sur les stands ? La "crise", parlons-en ; l'esprit, décidément, voit plus loin. Le livre résiste. Mais au fond, n'est-ce pas là sa fonction première ? Sa santé est insolente, comparée au marché des autres biens culturels, CD et DVD par exemple. Il suit plutôt la courbe de succès du cinéma en salle, des musées et grandes expo, des concerts. Le Web ? Il n'y a que les ganaches à prétention pseudo modernes pour y croire : on ne lit pas sur écran (le temps de lecture est 25% plus long), on s'informe. Passez donc le message à Léo Scheer et à François Bon. 40% de téléchargements payants pour les films et la musique : 6% pour le livre. Mieux encore : alors que la musique est devenu un marché conformiste (les 100 meilleures ventes font 50% de son chiffre global, merci le web et la radio pour le mattraquage), les 20 livres les plus vendus ne représentent pas 5% du marché. Traduction : le libraire fait l'essentiel de son business sur des livres vendus à 5 exemplaires par an. Ce qui confirme que c'est bien la diversité de l'offre qui fait le marché. Comme en démocratie, l'équilibre est garanti par la pluralité. Quelle excellente nouvelle que voilà ! Autre particularisme : le prix unique, en sauvant la librairie indépendante, a permis du même coup de sauver cette diversité de l'offre éditoriale. Le rôle du libraire ainsi préservé permet au produit "livre" de bénéficier d'une valorisation jamais démentie en tant que bien culturel : il n'y a pas eu banalisation. Le livre demeure un événement chaque fois renouvelé. La multiplication des salons locaux est également un facteur primordial pour les équilibres économiques de la "petite édition", qui y réalise 30 à 40% de son chiffre d'affaires annuel. Enfin, si l'on peut dire, côté lecteur, l'accessibilité du produit "livre" est garanti par un prix moyen de l'ordre de 11 euros (malgré l'américanisation des couvertures en relief dorées à l'or fin). Les livres pratiques chutent, les sciences humaines vont mal ; mais la littérature se maintient en augmentation légère (1%). Plus intéressant : si 50% des lecteurs recherchent le divertissement, 49% lisent dans une démarche de quête et d'interrogation. Tout ça, décidément, ne va pas si mal.      

Web TV au Salon du Livre :
http://www.web-tv-culture.com/le-salon-du-livre-de-paris-2009-101.html?xtor=EPR-313

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23 février 2009 1 23 /02 /février /2009 13:58

"Il y a deux manières de se perdre : par ségrégation murée dans le particulier ou par dilution dans l’ « universel »."

                                                                                                                             Aimé Césaire

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29 janvier 2009 4 29 /01 /janvier /2009 08:49

oh ça ne pèse pas lourd un homme face à l'Ubu plastronant, si sûr de ses polices et réglements, si sûr de sa propre importance et de son propre destin, "on ne fait pas le poids" disent-ils ceux que l'on abuse au nom de la "démocratie", que l'on méprise au nom de l'équité, ceux dont on baffoue les droits faute de les reconnaître, ceux que l'on abandonne, qu'on raye des statistiques, "on ne fait pas le poids" mais ils sont si nombreux, des millions de fois rien ce n'est pas égal à rien mais on voudrait le leur faire croire, c'est écrit dans les journaux mais personne n'est dupe, alors on sort ses gardes mobiles, la "démocratie" n'avance qu'ainsi, casquée derrière des boucliers, avec ses rues barrées, ses espaces interdits, le "pouvoir" n'aime pas la parole lorsqu'elle déborde, mais essayez donc de mettre tout ceux qui ne font pas le poids sur la même balance, ils pèseront bien plus que toutes vos armées que toutes vos polices. 

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26 janvier 2009 1 26 /01 /janvier /2009 11:47

Dans l'air trop chaud pour l'hiver monte un silence étrange, attentif à ce qui se prépare, à ce qui vient. D'abord ce sont les vents, puis viennent les tornades, elles secouent la terre, rien ne nous est abri, le monde vole, le monde tourbillonne comme s'il venait de perdre son centre, les grands ancêtres, de toutes parts ils tombent, renversés, cassés, abattus, on appelle chablis les arbres déracinés, volis les arbres coupés, troncs éclatés en chandelles, forêts défigurées, mémoires perdues, la veille de l'an 2000 60 millions d'arbres à terre, autant que d'âmes dans ce pays, comment après cela saurons-nous faire souche, tout est livré aux vents, à la tempétueuse défiguration de nos paysages, l'ère des tempêtes, nous y sommes entrés, nos forêts abattues sont désormais trop claires de lumière, où retrouver l'obscur.  

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