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15 mai 2007 2 15 /05 /mai /2007 18:59
Il s'est approché du clavier. En a tiré quelques notes discordantes. Puis il a détruit le piano, déclarant à qui voulait l'entendre que la musique n'existait pas.
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Published by Gérard Larnac - dans Lignes de faille
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15 mai 2007 2 15 /05 /mai /2007 15:27

Enlève le verbe être à la langue. Ne dit pas la substance. Indique la relation. Le mouvement. L'aventure de l'approche. Annonce la rencontre. Vire-moi ce verbe être. Il réclame son socle, son dieu, sa part de certitude. La sécurité d'une identité strictement définie, une fois pour toute, et à tous opposable. Ta conscience, multiplie la à cette répudiation.  

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Published by Gérard Larnac - dans Traduire le vent
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15 mai 2007 2 15 /05 /mai /2007 10:13

Et si tout bonnement la mission du poète, aujourd'hui, consistait à se taire ?
Et si la main qui écrit ne valait pas l'intense de cet oeil ?
Attendre, simplement attendre que le silence inquiétant de l'oeuvre absente interloque.
 

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Published by Gérard Larnac - dans Traduire le vent
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15 mai 2007 2 15 /05 /mai /2007 08:54

Personne n'est obligé d'écrire. Ecrire, activité chiante. Ecrire, simplement, pour se donner le droit de lire davantage et autrement. Où est-on mieux que devant une page blanche ? Partout ailleurs !

Publier ? C'est compiler les malentendus. Plus quelques belles rencontres.

Publier, ça évite d’égarer un manuscrit.

Patience, infinie patience des éditeurs, orpailleurs solitaires, noyés sous le tombereau. Pourquoi donc ajouter à l’avalanche ?

Publier, pour se donner le droit d'écrire encore.

Ecrire, activité chiante.

C'est lorsqu'elle ne t'est plus nécessaire. C'est lorsque tu en es enfin détaché. C'est lorsque tu vis vraiment cette écriture qui te traverse et qui n'est pas toi : ni souvenir, ni épanchements, ni auto-analyse. Mais ouverture. Sortie.

A ce moment là. Dans l’allonge du vent vif.

Plus besoin d'écrire.

Ca y est.

Tu es écrivain.

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Published by Gérard Larnac - dans Traduire le vent
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14 mai 2007 1 14 /05 /mai /2007 17:56

Mondialisation, fragmentation. Dérégulation. Finance et marchandise passent d’une main à l’autre en une fraction de seconde.  Planète une, sans frontière ? Non. Replis sur les particularismes. Régionalisme de l’esprit. La préférence communautaire est pourtant, toujours et en tout lieu, le signe avant-coureur du totalitarisme.

Celui dont on ne partage ni les croyances, ni les coutumes, ni les manières. L’étranger. L’autre. Rêve d’une langue oublieuse de ces mots-là. C’est pourtant par ces mêmes mots que la plupart commencent.

Apartheid. Ségrégation. Conflit de civilisation. Identité nationale. Montrer à l’autre le seuil à ne pas franchir. Suspendre le pas de l’homme. Je préfère mon frère à mon cousin, mon cousin à mon voisin… On connaît la chanson.

Insertion ? Infiltration. Quoi qu’il fasse, l’autre a toujours tort. Sa présence est menace. Il est le surnuméraire. Celui qui surgit. L’inattendu. Ce qu’on lui reproche ? D’être là. D’être né. Inexcusable. Comment peut-on être Persan ?

La Communauté des affections. C’est ainsi que Saint-Just décrivait la nation. Ni sang ni sol. L’affection.

« Il n’y a pas de culture ni de lien social sans un principe d’hospitalité », dit Jacques Derrida.  « Un accueil sans réserve et sans calcul » ; « Une exposition sans limite à l’arrivant », dit-il encore.

L’étranger ne trahit pas la frontière ; la désignant, il la repousse. Ouvre ce champ du possible que sa seule présence réensemence. Il ne tient qu’à toi d’y moissonner.

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Published by Gérard Larnac - dans Chemin faisant
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