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25 mai 2007 5 25 /05 /mai /2007 23:12

12 novembre 2004, New Delhi :

" Le monde peut suffire à l'homme, mais pas à son avidité ". Un panneau gouvernemental devant le Sheraton.

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25 mai 2007 5 25 /05 /mai /2007 09:59

OK. L'éclatement postmoderne a eu lieu. Nous recomposons, avec des bribes, des fragments, le discours d'un sens possible. Un sens ouvert, toujours en cours, disponible à ce vaste détours que lui apporte le divers, l’inattendu. L’autre n’est pas ce qui me nie, mais ce qui me prolonge.

Temps sans doute de substituer à l'universalisme des Lumières un singularisme solidaire et bienveillant. Plus de dogmes : des incertitudes fécondes. Une compétence à l’hybridation, à la créolisation. Ne plus faire point, disait Deleuze : faire lignes. Rhizomes.

Il y a dans l'idée même d'universalité ce que disait D.H Lawrence : "Cet amour sans limite est comme la puanteur d'une chose gâtée en son centre".

Ne plus partir d'un principe général, y aboutir par ce chemin incertain qui passe par une chose puis une chose puis une chose. Le tout n’étant pas la somme jamais ronde des parties. Ne pas dire trop tôt ce que c'est : parcourir le chemin. Il est temps de particulariser l'universel. Le rendre mieux apte à la singularité, à l'altérité, à la diversité, à la rencontre - au mouvement.

Vers un universalisme nomade. Une synthèse buissonnière.

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25 mai 2007 5 25 /05 /mai /2007 07:32

J’ai un aveu : Sark me fait rire. Jaune ? Non, même pas, ou pas encore. Un vrai rire, comme à chaque fois que le pitre habite si totalement sa pitrerie qu’il en est drôle sans le savoir. Sa prétention à vouloir me gouverner, par exemple. Distrayant, n’est-il pas ? Pensez : si peu président de lui-même, ne voilà-t-il pas que l’ubu taille basse s’institue « mon chef ». Chef de tous les Français, quelle expression étrange. Syllogisme de l’absurde : je suis Français, donc Sark est mon chef. On ne peut pas y couper. J’ai, disons, toujours eu un peu de mal avec les chefs ; voilà une engeance que je n’ai guère fréquentée. Pour le coup le rire seul me protège. Me les tient à distance. Entretient ma noire incrédulité. Me rendant plus inatteignable que ce vieux fou d’Han Shan courant les montagnes de Chine et sautant dans les flaques. Rire : mieux vaut en.

 

Le rire, c’est cette expectoration mentale qui place le rieur sur le rebord, dans une position surplombante, comme on dit. Une capacité à dépasser le cadre étroit d’une situation, même la pire. Nos pensées réflexes, nos poncifs, nos raisons ronronnantes, nos croyances les mieux ancrées, nos ambitions, nos turpitudes, nos tergiversations, nos plans sur la comète, voilà que le rire qui jaillit se permet brusquement de secouer tout ça, d’envoyer tout par terre. Il « éclate », le rire : la sage continuité de nos déterminismes se brise. Vlan. Ci-gît notre pauvre petit avatar social. Son rôle s’est effondré comme vitrine un soir d’élection. Et te voilà, Sisyphe, plus haut que ton destin, te tordant les boyaux ! 

 

Rire, donc. Expression de notre petite fureur intérieure, ce dégagement hautement physique affirme publiquement que le rieur est à la fois là et bien là, mais aussi qu’il se place en dehors ; qu’il n’est pas là. Celui qui rit d’une situation s’en échappe. Le corps est bruyamment ici, mais l’esprit est ailleurs. Le rire pousse les murs, désigne la barrière. Le rire fait passage. Grande tournée générale où l’ego lui-même, pris de court, se voit contraint de la mettre en veilleuse et de trinquer comme les autres.

 

Entendons-nous. Le rire, pour qu’il soit digne de ce nom, se doit de tonitruer. Sinon, franchement, à quoi bon. Les ricanements ne sont faits que pour les petites polissonneries convenues et satisfaites de la télévision. Le ricanement c’est le viagra contrefait pour « cerveaux disponibles » ; une promesse pour gogo qui renforce la passivité. Un pétard mouillé. Une joie de faux cul. Le rire, c’est autre chose.

 

Que fait-on des autres quand on rit ? Dégagement de soi, sortie de la routine, des somnolences courtoises, le rire est aussi ce qui entraîne, se communique. Sa folie douce se répand comme un feu de broussaille. Le rire est une sortie du social que l’on peut toujours partager avec les autres. Savoir mettre les rieurs de son côté. Et l’hilarité générale est un de ces moments qui résonnent d’antique connivence ; où se refait, et de si bon cœur, un peu du cercle humain. Par le modeste attentat de nos zygomatiques commençons la révolution. Allez. Croyez-moi. Le reste suivra.


Soutien à Denis Robert, harcelé par le pouvoir après son livre événement sur l'affaire Clearstream :

http://lesoutien.blogspot.com

Le blog de Denis : http://www.ladominationdumonde.blogspot.com/

 

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24 mai 2007 4 24 /05 /mai /2007 13:49

J’aime la fragilité parfaite des passerelles premières. L’idée, par exemple, d’une littérature monde. La littérature monde, ce n’est que le nom béquille et transitoire pour « littérature » tout court. Nom rendu imprononçable par l’industrie du roman jetable, par l’arrogance des coteries et la constante distraction du public. Tout ce débat sur la francophonie… Comme s’il y allait de la défense d’un terroir, d’un empire évanescent. Je me fous de savoir si c'est en français ou pas. La langue est une gêne. Sortir du langage par le langage : travail de poète. Il faut aller plus loin encore, plus loin vers le grand large.

 

La défense du roman de corsaire ne m’intéresse a priori pas. Je me fous de la défense de l’économie du livre, mais non de celle de la littérature. Et de la francophonie, donc ! N’y a-t-il pas, dans ce déplacement des problématiques (littérature de voyage,puis renouveau des lettres françaises par une littérature monde héritée du travel-writing, puis francophonie), un risque de dilution de la proposition initiale : dans la "littérature de voyage", il s’agit de faire mouvement vers la littérature tout court. « Il faut désormais considérer le français, non plus comme l’expression d’un lieu historique, mais comme une langue sans frontières libérée du pacte exclusif qui la liait à la nation »(Michel Le Bris). La langue du monde c’est la traduction. Ce qui reste de partageable lorsque la langue nationale a retiré son emprise. 


Qu’on écrive de Dakar, de Bamako, de Fort-de-France ou de Paris (ou de Maubeuge : ça c'est pour l'ami Orlando). Ce serait, précisément, oublier la francophonie - au sens où les cultures véritablement artistes ont oublié de forger le mot "art".

 

Ni gourou ni chapelle ; cette traversée silencieuse de la frontière. J’écris pour me déprendre. Pas pour construire un socle : pour filer avec le vent du monde. Pour que se poursuive le voyage. Pour que mon œil reste clair et mon geste accueillant. Que le texte qui vient soit éruptif, bigarré, paradoxal. Qu’il mêle allègrement le fragment au récit, la poésie à l’essai, le conte au théâtre. Que la démonstration qui s’est voulue savante s’achève sur une blague de potache. Entre slam urbain et koan zen, que ça zigzague. Que ça ne se tienne pas sagement au garde à vous comme on attend son tour devant les pissotières. Que ça ne trouve place dans aucune catégorie. De l’hirsute ! Du buissonnant ! Une avant-garde faite de mots nouveaux, de sons barbares et d'immémoriale sollicitude. Un nouvel horizon.


Je suis comme l’antique peuple Juif. Mon origine c’est mon discours. Je ne suis d’aucun village, d’aucune lignée. Mon pays natal c’est ma langue. Mon pays, c’est l’histoire de cette hybridation sans fin, de cette infinie créolisation qui, pas à pas, de rencontre en rencontre, réinvente chaque fois mon langage singulier.  Y déployer, peut-être, une littérature ; comme on tient table ouverte.

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23 mai 2007 3 23 /05 /mai /2007 15:24

L’univers, paraît-il, est composé à 22% par la matière sombre, à 74% par l’énergie du vide, à 4% par la matière visible. Dire le monde n’est donc pas dire seulement ce qui est immédiatement sous nos yeux. C’est se faufiler dans l’intuition de ces houles invisibles. C’est traduire le vent.

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22 mai 2007 2 22 /05 /mai /2007 09:33

Café de Cluny, 1992. Conversation avec Michel Le Bris. L’homme est un passionné. Le regard clair, déterminé, de celui qui tient son cap. Fondateur de La Cause du Peuple distribué par Sartre et Foucault, mais aussi de Libé première manière, embringué à son corps défendant par Françoise Verny dans l’aventure sotte et politiquement très markétée de la « nouvelle philosophie », éditeur, écrivain inspiré, il est celui par qui le « récit de voyage », à partir du « travel writing » anglo-saxon, a fini par obtenir droit de Cité dans les Lettres françaises au tournant des années 90. Faisant la jonction entre un Jean Malaurie (Terre Humaine) et un Nicolas Bouvier (« L’Usage du Monde »)  ou un Jacques Lacarrière (« L’été Grec »), regardant du côté des écrivains bourlingueurs du monde entier, des Indiens (Scott Momaday) mais aussi des genres dits mineurs comme le polar ou la S.F (Ballard, Philip K.Dick) , il propose à Saint-Malo l’un des plus toniques rendez-vous littéraires : le Festival Etonnants Voyageurs. Même si sa réputation de vouloir en découdre avec la littérature de Cour qui règne en despote lui a valu en son temps les tirs de barrages de la nomenklatura germanopratine (l’inévitable sphinx à deux têtes Sollers-Savigneau), l’à-propos de ses initiatives a toujours pris ses détracteurs de vitesse. Il publie ce mois-ci chez Gallimard un manifeste "Pour une littérature-monde en français". Rencontre avec un écrivain qui a su faire du dehors la matière même de son art.

 

 

 

« Dans Mai 68 ce qui m’a intéressé, c’est cette extraordinaire légèreté que l’on pouvait ressentir durant cette période. On découvrait qu’on pouvait quitter les rails, qu’il nous suffisait de descendre du train. Ce que j’ai trouvé alors, au sein de la gauche prolétarienne, c’était l’envie de ne pas s’en tenir aux discours ni aux doctrines, mais d’y aller voir : de retourner à la base, comme on disait alors. Sortir de sa condition au lieu de se contenter de faire des phrases. Cet irrépressible besoin d’y aller voir et de se laisser transformer par ce que l’on voyait. Nous vivions un mouvement progressif de dégagement par rapport aux idéologies. C’est de cela qu’est né le journal Libération. La littérature engagée revenait au contraire à  appliquer une grille idéologique sur la réalité pour ne pas la voir telle qu’elle est.

 

Ce goût d’y aller voir, il vient aussi de là… La littérature de voyage possède chez moi d’autres sources, Stevenson, mes lectures de jeunesse. Les collections, le Festival, tout part pour moi d’une certaine conception de la littérature. L’expression d’une littérature ouverte sur le monde.

 

L’une des causes de la crise que traverse actuellement l’édition française tient au type de produits que l’on propose aux lecteurs. La littérature française est perçue comme assoupie, repliée sur elle-même, ne parlant que d’elle-même et se montrant incapable de dire le monde d’aujourd’hui. Je voulais échapper au petit monde littéraire, à ses modes, à sa morgue qui l’isole, avec cette supériorité affichée qui exaspère tant à l’étranger : cette conviction qui habite le moindre écrivain français que Paris est le centre du monde ! Il existe aujourd’hui une crise de confiance entre le monde de la littérature et le lecteur. Dans un monde aussi effervescent que le nôtre, il y a chez le lecteur une très forte demande de sens. Face à cette demande, que peuvent répondre ces écrivains qui règnent en maître depuis toujours, qui tiennent les principaux suppléments littéraires des journaux, qui professent depuis trente ans la dénégation du sens ? Ils n’ont rien à dire sur ce qu’il se passe. Ce que veut le lecteur aujourd’hui, c’est qu’on lui donne le monde à voir. Sans l’art, sans la littérature, on ne voit pas le monde. On ne sent pas la présence charnelle du monde. Certes le roman intimiste est une dimension de la littérature, mais lorsqu’il n’y a plus que cela, lorsqu’il peut se passer n’importe quel événement sans que cela affecte le style, le rythme, le contenu des romans, alors il y a quelque chose qui ne va plus.

 

La littérature académique est produite par une nomenklatura à seule fin que celle-ci puisse se perpétuer et se reconnaître elle-même. Par ce biais on publie un tas d’écrivains qui ne valent pas tripette. Le lecteur nous dit aujourd’hui : « stop, j’en ai marre ».

 

Le monde est en effervescence. La littérature au sens fort c’est celle qui nous dit de manière irremplaçable quelque chose du monde. Or la littérature française a perdu sa capacité à dire le monde. Prenez le roman noir : lui nous dit la ville comme la littérature académique se montre bien incapable de la dire ! Les auteurs vont dans des endroits où les écrivains chics ne vont pas, la banlieue par exemple. La littérature française n’est souvent qu’une littérature de salon, de caste. Contrairement au roman anglo-saxon, il n’y a pas beaucoup de pauvres ni d’ouvriers dans cette littérature-là. Regardez la figure mythique que les Américains ont fait de leurs gardiens de vaches !

 

Contrairement à une idée répandue, le voyage est toujours possible. Le monde est aussi énigmatique, aussi divers qu’au premier jour de la création. C’est notre capacité à percevoir le divers qui est en question, plus que l’existence du divers proprement dit. C’est une affaire de regard. L’écrivain est celui qui a le sentiment de cette étrangeté. Si on perd ce sentiment d’étrangeté, alors en effet tout peut paraître égal.

 

La littérature de voyage est un des moyens pour retrouver le monde. Elle correspond à cette envie d’y aller voir. D’aller se frotter à la réalité et voir ce que ça produit. L’impulsion de départ c’est d’aller feuilleter le grand livre du monde. La sclérose de la littérature institutionnelle impose des détours par les marges. Je rêve d’une « écriture-monde ». Or il y a ici une incompréhension devant la littérature à l’anglo-saxonne, qui se considère avant tout comme une forme ouverte où  peuvent se mêler dans un même ouvrage récit, essai, reportage… Il s’agit de dire le monde sous toutes ses formes.  Ces livres échappent aux classifications ordinaires. Les étrangers ont le droit de pratiquer ainsi, Naipaul par exemple ; mais pas les écrivains français. Nicolas Bouvier a vu « L’Usage du Monde » vendus à peine à quelques centaines d’exemplaires et pilonné deux fois ; c’est pourtant l’un des plus beaux textes du XXème  siècle ! Mais on finit par s’apercevoir qu’il y a pas mal d’écrivains qui se confrontent ainsi à un paysage littéraire hostile, des originaux, des inclassables. Tout à coup c’est l’intuition qu’un autre paysage littéraire est possible. Alors publier des étrangers, regrouper ces originaux français, créer des revues (Gulliver) qui en sont le lien naturel, et un Festival pour rassembler tout ce petit monde. Nous nous sentons parfois minoritaires à Paris, mais à l’échelle du monde nous composons une vaste famille, avec les Mutis, les Tabucchi… Nous sommes préservés naturellement de la tentation de « faire école » par la nature même des auteurs. Aujourd’hui quand vous avez du succès on vous tue en transformant ce que vous faites en mode, en marchandise prête à jeter. Ne pas tomber dans le slogan ni dans la mode. L’ambiguïté et le chaos ont pour moi des vertus créatrices ».

 

 

Le Festival Etonnants Voyageur, à l’ombre des remparts de Saint-Malo, c’est le week-end prochain du 26 au 28 mai.  http://www.etonnants-voyageurs.net/ . A paraître ce mois-ci chez Gallimard le manifeste "Pour une Littérature monde en français".

 

 

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21 mai 2007 1 21 /05 /mai /2007 23:53

Ecrire. Ecrire parce qu'on n'a pas d'autre mémoire que la mémoire immédiate des choses en cours. Ecrire pour que, entre le monde et soi, l'écluse des mots nous remette à niveau et qu'ainsi l'expérience, jamais, ne soit interrompue.

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21 mai 2007 1 21 /05 /mai /2007 22:11

Avril sur le port de Sainte-Rose, Basse-Terre, Guadeloupe :

Les îlets de l'archipel : au départ de simples bancs de sable nés avec les typhons et que la mer ensuite mettra des années à emporter. Surgissement. Disparition. Géographie perpétuellement mouvante. Il faudrait apprendre à vivre et penser à ce rythme-là.

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20 mai 2007 7 20 /05 /mai /2007 11:08

La voiture roule comme elle peut dans la nuit parmi les vignobles du bordelais. Nous rentrons sur la ville, après un dîner bien arrosé dans un Château classé, avec les invités vedettes de ce premier Salon du Livre de Bordeaux. A ma table, j’ai eu droit aux plus jolies filles de l’assistance : les hôtesses du salon ont préféré ma compagnie, par timidité, « parce que vous au moins vous n’êtes pas connu ».

 

Dans la voiture du retour je suis seul avec Alain Nadaud, auteur de livres superbes : « Archéologie du zéro », merde, quel titre ! ... Et puis un franc tireur, à sa manière. Alain vient tout juste de diriger un numéro de l’Infini : « Où en est la littérature ? ». Je profite de ce retour vers Bordeaux pour le questionner un peu. Ce qui suit est la transcription de quelques unes de ses réponses à l’interview (inédit) que je lui proposai :

 

« La littérature se retrouve aujourd’hui dans une situation à la fois si incertaine et précaire qu’il n’y a pour l’écrivain d’autre solution qu’une mobilisation forcenée de toutes les ressources et capacités dont il dispose, dans le domaine spécifique qui est le sien ».

 

« C’est en partie à cause de la perte irréparable du rapport de l’écrivain à l’écrit que les médias ont pu à ce point faire irruption dans le champ de la littérature, au risque de tout dévaster. Si l’écrivain, selon la norme sociale actuelle, n’est plus que cet animal curieux, censé divertir et amuser, qu’on véhicule d’une Foire du Livre à un faux débat à la télévision, auquel on demande son avis sur tout et n’importe quoi, c’est qu’il a perdu quelque chose de la compétence qui lui était propre, ce fameux et intraitable rapport à l’écriture. Il a cédé du terrain et ne s’est plus solidement tenu à cet irréductible en lui. Cela perdu, son activité est apparue anodine, sans conséquence, accessible à tous. D’où l’envahissement du champ de la littérature par des cohortes de vedettes de la chanson, de sportifs et de journalistes qui, en effet, ont tous « leur mot à dire », qui se sont parfaitement sentis à l’aise dans ce nouveau statut social, et qui ne l’ont depuis plus quitté ».

 

« Il n’y a pas d’autre valeur pour un écrivain que la qualité de cette « pulsion d’écriture » qui le traverse et qu’il doit rendre avec le moins de déperdition d’énergie possible ».

 

« Il se peut également que ce qu’il écrive dérange « les valeurs » de sa société, sans qu’une telle question soit à proprement parler de son ressort. La société par rapport à lui prend ses responsabilités ou ne les prend pas, l’accepte comme tel ou l’exclut, considère ou non que ce gain soudain de langage, et donc de conscience, vaut tous les défis et toutes les outrances qui par ailleurs peuvent lui être lancés ».

 

Littérature nocturne. Avant-garde clandestine. Mon salut amical à ce passager d’autrefois.

 

http://www.alain-nadaud.fr

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20 mai 2007 7 20 /05 /mai /2007 10:59

Lointaine présentation d’une revue littéraire dont je coordonnai jadis la publication, et dans laquelle je publiai mes coups de cœur du moment, dans l'urgence de l'enthousiasme et le plus grand désordre : Michel Ohl, Orlando de Rudder, Pierre-Autin Grenier, François de Cornière, Kenneth White, Emmanuel Hocquard, Morgan Sportes… et quelques autres, un peu comme on improvise une jam-session à partir de talents divers et singuliers. Une jeune et pétulante journaliste de Sud-Ouest, qui ne doit rien entendre au jazz, tente en vain de me faire exposer la cohérence de mes choix, comme si j’avais l’intention de présenter une nouvelle école littéraire, ou un truc dans le genre. Veut du béton, du cohérent. Que ça fasse sens. Non, juste des types dont j’apprécie, dans toute sa diversité, l’authentique intensité littéraire. Ca vibre, ça me suffit ; besoin de plus ? Je lui raconte les abeilles de Pierre-Autin Grenier (il est vraiment apiculteur), je lui vante les cocasseries pataphysiques de Michel Ohl. Elle a l’air accablé de m’entendre. Heureusement que les vitres du grand hôtel lui renvoient son reflet... Enfin un peu de certitude au milieu de cette conversation inutile.

 

  

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