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22 août 2008 5 22 /08 /août /2008 10:26

Non

Toute découverte naît toujours du "Non !" qui la précède.
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19 août 2008 2 19 /08 /août /2008 08:01

C’est ici, dans la lumière de la vallée d’Itria, que se sont achevées les ultimes corrections du manuscrit japonais (promis à l’éditeur pour septembre) – et dont les premières notes remontent à 1985 (Hakone, les berges pluvieuses du lac Ashi, je campais dans les bois). Dans l’une de ces burlesques maisons typiques de cette région des Pouilles, appelées ici trulli - mon parfait ermitage de ces dernières semaines sublimes. L’occasion aussi de remettre de l’ordre dans mon vieux manuscrit de route, on ne sait jamais. Puis comme d’hab un tas de notes loufoques que je ne relirai pas, des débuts de romans comme des départs de feux.

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18 août 2008 1 18 /08 /août /2008 13:39
Dans cette "terre sans peuple" ta voix remplit l'immense désir des hommes pourtant là, Mahmoud Darwich. Tu es comme le désert aux foules invisibles. Le goût d'une eau sauvage.


Ecouter Mahmoud :
http://www.dailymotion.com/relevance/search/mahmoud%2Bdarwich/video/x3a2ya_darwich-a-lodeon-couverture-france2_creation

http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/speciales/fiche.php?diffusion_id=65308
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12 août 2008 2 12 /08 /août /2008 16:35

« Pourquoi des poètes en temps de crise ? » On se souvient, usée jusqu’à la corde, de la question pourtant fondatrice de Hölderlin. Et puis Adorno : « Ecrire un poème après Auschwitz est barbare ». Convergence des temps et des tourments.

 

Partir de là, pourtant : de cette impossibilité. De cette révocation. Pour la poésie, l’inefficience, l’inutilité même lui sont refuges. Plaident en sa faveur. Elle ne peut rien. Ne sert à rien. Lui posez-vous une question qu’elle s’empresse tout aussitôt de répondre à côté. Sa gratuité signe sa liberté. A la manière énigmatique, mais en apparence toujours décevante, des maîtres zen.

 

Sortir de l’encombrement. Partout sur la planète le divertissement a pris les proportions d’une hallucination collective. Le journalisme maintient quotidiennement notre « actuel » dans son inlassable ritournelle. La société de communication, tant vantée, n’est que la mesure d’une aphasie générale. D’une amnésie propice aux affairistes. Le bruit de fond qui domine nos vies laisse peu de place aux escapades de l’esprit. Il est avant tout discours sécurisé, balisé, sans aspérité - quand la poésie, elle, s’embarque vers l’insolvable.

 

De cet échec premier à dire le monde tel, la poésie se remet doucement en instaurant le flottement de la rencontre, la distance première de l’approche – cet écart qui fait lien. Composer au beau milieu des choses, avec elles, dans leur mélange. Ecritures spontanées, rapides, élans jetés comme par peur de se perdre. De trahir l’excès qui les vit naître. 

 

Poésie : « Ce déni instinctif de l’autorité du concept », dit Yves Bonnefoy. Dire par la parole ce qui n’a pas de nom. Faire que ce « sans nom » inspire nos traces, désigne des seuils, organise des pratiques. La poésie anticipe, participe à l’apparition du monde et à la conscience de ce qui s’y joue.

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11 août 2008 1 11 /08 /août /2008 17:13
Celui qui vient avec la parole juste passe plus de temps à se faire pardonner de dire le vrai qu'à convaincre les incrédules.
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11 août 2008 1 11 /08 /août /2008 17:07

La veuve du 4e gauche - Philippe, son petit-fils, ne va pas tarder à devenir mon grand ami d'enfance. Son époux a été tué sous les bombardements américains qui ont rasé la ville à 80% pour mieux la libérer. Leçon de philosophie N°2 : l'ambiguité.

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17 juillet 2008 4 17 /07 /juillet /2008 11:08

Philosophie Leçon Une. J'ai sept, huit ans peut-être. Feu rouge. Avec les mômes de la voiture d'à côté nous nous faisons signes, grimaces, nous échangeons nos rires d'enfants. Au feu rouge suivant rien. Leur auto détruite. Tout le monde mort. L'impermanence.

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16 juillet 2008 3 16 /07 /juillet /2008 22:35

Soleil couchant sur l'autoroute Sur des kilomètres ce long train d'acier inerte depuis des heures Portière ouverte sur la chaussée à côté de son auto moteur à l'arrêt une femme s'évente Elle a une chaîne en or autour de la cheville droite et de jolies petites fesses toutes rondes Sur le terre-plein central des routiers espagnols et polonais jouent au foot loin de leur bahut immobile - que savons-nous du temps ?

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10 juillet 2008 4 10 /07 /juillet /2008 10:42
Nous ne sommes pas seulement les locuteurs de nos paroles, nous sommes surtout les locataires de ce silence vaste que nos paroles n'ont fait qu'approfondir.
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10 juillet 2008 4 10 /07 /juillet /2008 07:38

Derniers mots avant grandes migrations estivales. Revue de baluchon. Mon récit pour pré-ado toujours en lecture (il existe en un exemplaire dans la bibliothèque de sa dédicataire, ça me suffit amplement). J'emporte au fond de l'Italie ce premier roman (mon truc "japonais") dont je dois rendre le manuscrit définitif à la rentrée. Sur un vieux portable j'ai chargé également mon livre de route, on ne sait jamais, il peut m'échapper des mains et bondir jusqu'à son point final, celui-là. Pensez : vingt ans que je le tiens à l'oeil ! Plus quelques récits en voie d'inachèvement, notamment mon roman newyorkais, mon roman arabique, mon roman insulaire, mon roman "psychiatrique" - sans oublier mon Dylan. Enfin l'envie de s'y mettre ? Publier ne sert qu'à cela ; redonner envie d'aller jusqu'au bout. Et des romans, oui, des romans ; marre des essais. Comme si quelqu'un, quelque part, savait. Ce qu'il y a de bien avec le roman c'est ce droit un peu paresseux à dire "je ne sais pas", "j'avance sans savoir où". Ce désir de produire un geste dont on ne peut dire à l'avance s'il sera un coup de sabre ou le trait d'un pinceau.

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