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14 juillet 2011 4 14 /07 /juillet /2011 11:01

 

 

14 juillet :

 

On peut certes appliquer à un peuple une pression continue qui le démoralise, inhibe totalement sa capacité de résistance. On peut dissoudre ses forces en l'aspirant toujours plus profondément dans le noir. Le transformer en un mouton morose qui se laissera tondre - par lassitude.

 

Mais il y a pour tout pouvoir un point à savoir ne pas dépasser. Un point précis, tout au fond de la torture, où la victime n'ayant plus rien à perdre se met peu à peu à relever la tête.

 

Avec dans l'oeil la fierté des luttes qui recommencent.

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13 juillet 2011 3 13 /07 /juillet /2011 09:35

 

 

 

Entendu l'autre jour dans la bouche d'un grand patron du CAC 40 : "L'immobilisme, c'est la faute des profs qui enseignent des thèses marxistes en économie, et des journalistes qui ne parlent que des mauvaises nouvelles".

 

L'immobilisme : entendez la résistance à la "thérapie de choc" à laquelle les Economistes Sérieux entendent soumettre malgré elles les populations déjà précarisées à la faveur de la crise actuelle. Pourtant comment ne pas comprendre que les classes moyennes hésitent encore un peu devant le divin projet d'aller vendre tous leurs biens à l'encan juste pour pouvoir survivre, dans un état policier qui ne leur laissera plus aucune occasion de manifester leur mécontentement ?

 

Ce qui empêche encore la réalisation de ce paradis sur terre : les profs et les journalistes. Ce sont eux qui propagent un mauvais esprit frappé de cette "tarre spécifiquement française : l'usage de la critique" (sic). Ce sont donc eux les coupables tout désignés. On voit bien sur quel plan se pose le problème des Economistes Sérieux : celui de la propagande. Du climat d'idées. D'où cette remarque : la "thérapie de choc" n'est pas un fatum, un destin contre lequel on ne peut rien, ainsi qu'on le prétend. Elle est au contraire, fondamentalement, une idéologie.

 

 

 

 

 

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12 juillet 2011 2 12 /07 /juillet /2011 09:46

 

 

Pour sortir de la crise, que disent nos experts ? Ecoutons par exemple Laurent Faibis, Président du Xerfi, leader des études économiques :  « A gauche comme à droite, des économistes ont compris que nous avons besoin d’une thérapie de choc pour stimuler la croissance par l’offre. Ce n’est pas simple, et cela exige un vrai courage politique. Un choc de l’offre nécessite une véritable stratégie : Il faut alléger d’urgence tous les obstacles sociaux, fiscaux, administratifs, financiers qui découragent la croissance des entreprises à forte valeur ajoutée. Les seuils sociaux ne doivent plus être une frontière au développement ».

 

Voilà pour la doxa qu'il faudrait tenir pour unique expression du "bon sens".

 

Insensiblement, de crise en crise, l'Europe est transformée sous nos yeux en une espèce de Tiers-Monde criblé de dettes. Un discours à ce point intégré que le projet de l'opposition socialiste pour les élections présidentielles a pour titre : "Comment réduire les déficits", et non "Comment redonner un grand dessein à la France". On a décidément les alternatives qu'on mérite...

 

Alors, la dette ? Dans sa caricature même (il y a une bonne dette, les dépenses en faveur de l'éducation par exemple, qu'on appelle alors investissement, et la mauvaise dette), le concept de dette n'est là que pour maintenir une chappe de plomb sur des énergies populaires toujours promptes au changement (vive la Tunisie révolutionnaire !).

 

Car aucun pays ne peut conjuguer à la fois une austérité prolongée, une privation d'emploi et la dillution progressive de tous ses services sociaux. C'est pourtant ce qui est demandé à la Grèce, puis au Portugal, à l'Espagne, maintenant à l'Italie... et demain à la France. Cette rigueur est intenable. Doit être dénoncée comme telle. C'est là le point géométral de toute pensée économique. Partir d'ailleurs ne constitue pas une erreur : c'est un crime contre l'humanité.

 

30 ans de crise ce n'est pas une crise, c'est un système. De quoi parlait-on naguère à propos du Tiers-Monde, pour rétablir la justice ? De l'effacement de la dette. Il faudra bien envisager pareille mesure si l'on veut reprendre notre destin en main.

 

Bien entendu cela ne fera pas plaisir aux auto-proclamés "économistes sérieux", ceux de l'Ecole de Chicago, ceux du "consensus de Washington" (1989) qui ont massivement infiltrés les instances de régulations internationales, banque Mondiale, FMI... Eux qui ont expérimenté leurs thèses néolibérales radicales sous Pinochet, puis en Amérique du sud, avant de confisquer à Mandela les fruits de ses combats légitimes en Afrique du sud... Eux qui savent que seule la brutalité économique permet de créer les bulles spéculatives où s'érigent en un éclair la fortune des oligarques.

 

Seul un marché devenu frénétique permet la prédation au vu et au su de tous, avec son cortège de spoliations, de servitude, de paupérisation. Et parce que l'avidité est sans fin cette prédation est sans fin.

 

Alors, la dette ?...

 

C'est le leurre qu'on agite pour reprendre aux peuples leur maturité politique. Nous ne laisserons pas faire. J'entends que ce combat soit mené.

 

 

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5 juillet 2011 2 05 /07 /juillet /2011 13:47

 

 

En janvier 2007, le concertiste Joshua Bell descend dans le métro de Washington pour y faire entendre son Stradivarius. Des milliers d'usagers passent devant lui sans même lui prêter attention. Le soir même, son concert affiche complet.

 

C'est la même expérience que Simon Lelouch met en scène dans son court-métrage "7.57 am-pm" sorti en 2010. Un jour de mai 2009, le violoniste Renaud Capuçon fait entendre sur la ligne 6 du métro parisien toute sa dextérité. Quelques milliers de passants après, il n'a récolté que quelques maigres euros, dans une indifférence générale. Le soir, lui aussi monte sur l'une des plus grandes scènes parisiennes pour y triompher à guichets fermés.

 

Un document capital pour mieux cerner les composantes de la culture contemporaine. Celle-ci ne devient perceptible au public que dans l'enceinte officielle qui la rend légitime. Elle s'accorde pleinement à la société de consommation : il y a le temps du métro, il y a le temps de la salle de concert. Entre les deux, aucune porosité. L'oreille ne s'éveille qu'en situation de concert. Mais alors : où la surprise ? Où l'émerveillement "naïf", c'est-à-dire authentique ? Pourquoi les usagers du métro ne se sont-ils pas laissé "transporter" par la beauté universelle de cette musique ? Pourquoi sont-ils demeurés insensibles au cadeau qui leur était fait ?   

 

Si l'Art se réduit ainsi uniquement à ce qui le légitime, on n'est alors plus très loin de l'Art officiel, pompier, académique. Ce film nous met en garde : car telle est bien la menace qui plane sur nos pratiques culturelles actuelles. On achète l'affiche de l'expo plus que le tableau de l'expo : on y voit un événement utile à notre distinction sociale, un signe d'élection. On regarde des dollars plus que l'expression de l'art. On fête non pas la maîtrise artistique, mais la réussite, l'inscription dans un cadre institutionnel. Bref, nous sommes en train de nous détacher des dimensions fondamentales de la geste artistique.

 

 

 

Visionner le film :

http://www.vimeo.com/17688367

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4 juillet 2011 1 04 /07 /juillet /2011 13:32

 

 

Partout ailleurs le dernier ouvrage de Tahar Ben Jelloun, sur la révolution arabe, est publié en un seul livre plein de vigueur et d'intelligence. Mais la France aime à se distinguer. Gallimard impose à l'un de ses plus célèbres auteurs la parution de son ouvrage en deux livres distincts. Motif : l'un est plutôt un essai (L'Etincelle), l'autre plutôt un récit (Par le feu).

 

C'est que chez ces gens-là, Monsieur, on ne mélange pas. C'est pourtant tout le sel des romans étrangers (en particulier le polar américain) que de mêler intrigue narrative et documentation précise sur un fait de société : voir par exemple R.J Ellory et son splendide "Les Anonymes" (Sonatine, 2010) sur le financement des Contras du Nicaragua et l'épidémie de crack organisée par la CIA sous Reagan.

 

Le roman français sait-il encore parler de la société ? Non. Où Zola, où Balzac ? Dans le grand Nulle Part des têtes de pioche prétendument "Comité de lecture", autant dire réunion Tupperware pour illettrés saumâtres. Quant à entrelacer savamment des idées à des formes narratives, et faire éclater celles-ci par celles-là, il n'en est définitivement plus question. Donner à réfléchir le monde ? Vous n'y pensez pas ! Résultat : une très pure littérature de collabos.

 

C'est pourtant de tels mélanges, d'ouvertures, d'hybridations, de bouturages, de rencontres fortuites, baroques, qu'advient l'innovation de rupture. Plus rassurantes, c'est vrai, sont les formes molles, convenues, quand formol et entregent suffisent encore au succès d'un livre. Ridicule. Et mortel pour l'édition. On vous aura prévenu.

 

 

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3 juillet 2011 7 03 /07 /juillet /2011 15:34

 

wall_wideweb__470x310-0.jpg  Si l'on considère l'histoire contemporaine de la musique populaire, trois événements y tiennent les premières places : l'arrivée à Greenwich Village, durant l'hiver 61, d'un jeune étudiant en rupture de ban qui décida d'être Bob Dylan ; trois jours de paix et de musique dans la bonne ville de Woodstock au printemps 1969 ; The Wall des Pink Floyd, un fulgurant concept multimédia né en 1979, en pleine période Thatcher et de contre-révolution conservatrice, réinvestissant toutes ces magies du rock'n roll qui se traduisent en trois mots : "No though control".

 

Or voici que Roger Waters, l'architecte de ce projet fou (disque, concert-opéra rock, film d'Alan Parker avec Bob Geldoff), était à Paris ce 1er juillet. Réactualisé par des images récentes (Afghanistan, Irak, Abou Graib et images des tortures récemment pratiquées par l'administration américaine), The Wall est toujours aussi saisissant : parce que sa morale est universelle.

 

"Fear builds the wall" : la peur fabrique le Mur.

 

Même sans la guitare de David Gilmour, The Wall est toujours The Wall. Méditation foudroyante et foudroyée de nos névroses sagement administrées, de nos résignations, mais aussi de cette révolte qui gronde, qui s'accumule et finit par emporter tous les murs. "Hey, teacher..."

 

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30 juin 2011 4 30 /06 /juin /2011 15:47

 

 

"Lorsque les chocs économiques entraînèrent une augmentation vertigineuse des prix et une diminution des salaires,  les rues du Chili, de l'Argentine et de l'Uruguay restèrent calmes et désertes".

 

Naomi Klein

 

 

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29 juin 2011 3 29 /06 /juin /2011 09:12

 

 

 

Que fait donc le FMI du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes ? Etrange période historique que la nôtre. Où une organisation financière fortement idéologique peut dicter leur politique aux Etats supposés indépendants. Où les guerres ne se déclarent plus mais deviennent "préventives" ou de "remise en ordre", ce qui évite que les prisonniers aient quelque droit que ce soit (Guantanamo). Où le système électoral en France peut devenir au vu et au su de tous un coup d'Etat permanent, depuis l'accident démocratique de 2002 qui vit un président au score de 82%, et où la droite peut occuper une place illégitime sans que rien ne remue. Où l'économie est devenue le bras armé, indiscutée parce que se prétendant indiscutable, d'une lutte des classes inversée visant à la vaporisation mondiale des classes moyennes et au sur-enrichissement purement spéculatif, c'est-à-dire indû, des oligarques.

 

Nos démocraties hallucinatoires sont entrées dans l'ère où le diktat du "c'est comme ça" a remplacé le débat. Nos valeurs humanistes ont été vidées de leur sens. Nos pensées et nos bras ont été privés de combats loyaux. Nous savons tout. Nous ne faisons rien. Il faudra pourtant bien sortir de cette tétanie.

 

L'Ecole de Chicago (Hayek, Friedman), est le lieu où fut patiemment élaborée la thèse ultralibérale qui détrôna finalement le keynésianisme et la notion d'Etat comme garant du bien commun. Bien avant d'être reconnue unanimement sous le nom de mondialisation, cette idéologie qui ne dit pas son nom eut même son laboratoire. C'était au Chili, sous le régime de Pinochet.

 

On parla alors du "miracle chilien"...

 

Quel miracle nous promet donc le FMI de Mme Lagarde ?

 

Nous sommes tous les otages de la Suite 2806...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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28 juin 2011 2 28 /06 /juin /2011 20:49

 

 

Humble et souriante à la façon des personnes âgées qui en ont tant vu. 80 ans, plus peut-être. Camarade de Stéphane Hessel dont elle partagea les luttes, les engagements, les courages tellement intenses qu'ils n'en possèdent même plus ce nom-là. Marie-José Chombart de Lauwe, résistante à 17 ans, déportée, Présidente de la Fondation pour la mémoire de la déportation qui dénonce, jour après jour, l'exploitation de la peur, le rejet de l'autre, la remontée des égouts d'une extrême-droite parfaitement à l'aise avec les média, parfaitement à l'aise avec une société qui ne lui oppose rien.

 

Pas pu m'empêcher d'embrasser cette grande dame, sidéré par son humanité, immensément reconnaissant comme à chaque fois que je recueille trace du vieux monde disparu ; me disant voilà où nous en sommes. Nos glorieux vieillards de la Résistance : ce sont toujours eux qui sont en première ligne avec leur "indignation" tandis que nous comptons nos points retraites, blottis lâchement entre nos frivolités et nos avidités.

 

La liberté n'est pas dans nos rêves. Elle est ce qui nous relève.

 

Il est temps désormais de prendre notre part.  

 

 

 

 

 

 

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25 juin 2011 6 25 /06 /juin /2011 11:01

 

 

 

 

La guerre, c'est un massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas.

 

 

Paul Valéry

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