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29 août 2011 1 29 /08 /août /2011 19:57

 

 

"J'apporterai les savoirs fondamentaux et l'héritage des Grecs", déclara Soliman.

 

" J'entraînerai les esprits à l'agilité mouvante des concepts nomades", confia Yitzhzak.

 

"Quant à moi j'enseignerai le doute", dit Jean.

 

 

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29 août 2011 1 29 /08 /août /2011 11:02

 

 

 

Le progrès continu est une fable racontée aux enfants. Nous en faisons tous les jours l'expérience. Le discours de "la culture pour tous", splendide, n'est hélas plus partagé ni par les élites (qui n'y ont pas intérêt), ni par les ploucs (car, c'est bien connu, les ploucs s'en foutent, c'est même à ça qu'on les reconnaît).

 

La Culture au sens large (Education + pratiques individuelles + plaisir + conscience + liberté de pensée, liste non close), à la Malraux, était moins faite pour divertir que pour former. Après la saignée de la Guerre, il s'agissait de renouveler les élites : les petits paysans méritants et doués délaissèrent les champs pour devenir instituteurs, banquiers, chercheurs... Ce n'était pas une bonté d'âme : mais une nécessité.

 

Les enfants de l'après-guerre eurent en héritage l'histoire de cette remontée des champs vers la ville. Les livres circulèrent, le savoir fut mieux réparti et partagé, une nouvelle conscience se fit jour. Mais qui dit conscience libre dit aussi esprit critique. Dès la fin des années 60 une vague de contestation agita les boomers : car savoir c'est contester l'ordre de ces choses qu'on croyait immuables.

 

Au tournant des années 70 le pouvoir politique se durcit. L'Amérique fit capoter toute tentative de sortir de la Guerre Froide par une troisième voie qui ne fut ni communiste ni capitaliste. Parfois elle échoua, comme à Cuba, comme au Vietnam. Partout l'alternance démocratique ne fut tolérée qu'à condition de ne pas représenter une alternative à la doxa libérale. Celle-ci se répandit comme une traînée de poudre à partir de 1973 et du coup d'Etat de Pinochet-Nixon au Chili.

 

La Culture avait secoué le Politique; voilà que le Politique rendait à la Culture la monnaie de sa pièce. De nouvelles oligarchies se constituèrent. Il ne fut plus question de renouveler les élites, mais au contraire de les préserver de la plèbe. Il fallut non pas propager la Culture, mais en restreindre la portée, elle qui était directement responsable de l'apparition d'un niveau de conscience général tel que le monde n'en avait jamais connu jusque-là. "Si vous vouliez pas de contestation, fallait pas nous refiler une carte de bibliothèque", a dit Bob Dylan. 

 

Si l'on admet ainsi qu'une remise en ordre a bel et bien eu lieu (nous sommes quelques uns, quand même, à en détenir des preuves assez solides), on ne s'étonnera pas du sort que le Politique réserve actuellement à la Culture. La concession à perpétuité de la Première Chaîne française aux sous-loueurs de temps disponible dans les cerveaux fatigués, en contravention totale avec le cahier des charges initial, est le premier crime contre la Culture : qui s'en émeut ?  

 

Le Politique n'aime pas la Culture car la Culture remet perpétuellement en cause le Politique. A gauche comme à droite, on n'aime pas trop entendre que le roi est nu.

 

 

 

 

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28 août 2011 7 28 /08 /août /2011 11:03

 

 

 

Vu dans le film Mondovino ce viticulteur expliquer la différence entre ses vins de terroir et le nouveau goût trafiqué de la vinasse mondialisée, genre coca sans les bulles, dont l'effet frime sans s'épanouir et ne réjouit que les nigauds.

 

Avec un véritable amour respectueux pour son sujet, notre bon bourguignon décrit : le vin possède en bouche largeur ou longueur. Largeur il frappe mais n'est suivi d'aucune profondeur. L'effet est immédiat. Un vin frime, en quelque sorte. Son goût titille mais s'efface très vite. Ce qu'il aime, notre viticulteur, c'est le vin long, celui qui prend son temps et déploie un à un tous les arômes venus de ses multiples profondeurs. 

 

Il en est du vin comme de la littérature. Il y a des livres larges et forts en gueule (larges pubs, larges mise en place, larges médiatisation, larges démagogies pour plaire au "plus grand nombre"). Il y a des livres longs. Ceux-là n'ont parfois l'air de rien, l'étiquette en est parfois bancale, voire un peu décolée. Mais quand ils entrent en vous, ils y restent à jamais.

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28 août 2011 7 28 /08 /août /2011 10:30

Rentrée Littéraire 2011 : contrairement à ce qu'aime colporter le psittacisme obsessionnel des gazettes, il n'y a jamais "trop" de livres ; et la nouveauté n'a pas à rougir de n'être pas ancienne.

 

Il y a seulement une faillite globale de la critique. Mais ça, les auteurs n'en sont pas responsables.

 

Que le mois de septembre soit traditionnellement une ode à la biblio-diversité, nulle démocratie ne s'en plaindra. Bonheur que de fouiller, dénicher la perle rare. Car on est bien d'accord : le propre d'une perle est d'être rare. Ce n'est pas tous les ans qu'on a l'écrivain du siècle. Mais les autres ne sont pas là pour rien : ils aident à tenir en attendant. 

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26 août 2011 5 26 /08 /août /2011 14:05

 

Avec son Rolling Stones, son Dylan et son Led Zep, François Bon a incontestablement ouvert les vannes. Désormais il n'est plus illégitime pour un écrivain de s'aventurer, comme l'avait déjà fait Don de Lillo dès 1976 avec Great Jones Street (Actes Sud, 2010) , dans les terroirs assourdissants de la planète rock. Patrick Eudeline et L'Aventure Punk (Denoël, 2004), Michele Mari et son Pink Floyd en rouge (Seuil, 2011). Et même Lydie Salvayre sur Hendrix, avec Hymne (Seuil, à paraître).

 

Du docu-fiction, du roman-roman, de la biographie romancée, du panégyrique mythifié, de la bio compétente, de l'internet copié-collé, on a de tout. Mais une chose est certaine : la déflagration rock parcourt aujourd'hui les désirs et les nostalgies de la littérature, qui aborde sabre au clair ce nouveau motif avec délectation.

 

Au fond le rock constitue la dernière geste, avec ses (guitar) héros, ses panthéons, ses mythes et légendes. Mais c'est le statut même du travail biographique qui est aujourd'hui questionné par la littérature, ouvert par elle, par elle subverti. Les romans historiques déjà prenaient souvent des libertés avec la vérité. Là il s'agit d'autre chose : d'un processus de réappropriation d'un temps pas si lointain, d'une trame mythique intriquée dans la trame de nos propres existences de contemporains. 

 

"Parlant de Dylan nous ne savons jamais où finissent ses mots et où commencent les nôtres", disait l'un de ses meilleurs biographes, Robert Shelton. C'est dans ce mystère, cette frange indécidable que se noue désormais une écriture nouvelle.

 

 

 

 

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24 août 2011 3 24 /08 /août /2011 07:47

2011-1602.JPG

 

fontaines qui résonnent à l'ombre des patios obscurs

soleil déhanché des arcades parmi les orangers

 

un simple filet d'eau

murmure la présence

constante inconstante

 

téméraire

instant

tremblé

 

 

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22 août 2011 1 22 /08 /août /2011 09:49

 

 

Samedi 13 août : Vue de loin Tanger la blanche scintille dans la lumière dans la pose avantageuse d'une odalisque alanguie. C'est ici, dans la ville mythique aux portes de l'Hadès, que je dois rencontrer, enfin, le dernier poète beat de Greenwich Village. Aura-t-il le visage coupé à la serpe style Burroughs, l'air de cow-boy rêveur à la Kerouac ? Il a connu Dylan, du temps de Suze Rotolo. Il a écumé tous les bars où faire entendre sa prose spontanée bien avant qu'on entende parler de "slam". Il a maintenu son statut de clodo poétique contre vents et marées dans tous les squares de Manhattan. Son agent m'a prévenu : il ne parle pas beaucoup, n'est pas préoccupé de littérature. Il boit sec, médite à l'improviste et s'impatiente vite. Ces mois passés à traduire son unique récit, resté inédit : une romance d'apocalypse dans "son" New York. Jusqu'à cette rencontre, au débarcadère du ferry en provenance de Tarifa, après seulement trente-cinq minutes de traversée. Il ne m'a pas attendu à l'endroit prévu. C'est lui qui est venu à moi sous l'apparence d'une sorte de père noël portant un bandana rouge et terriblement maigre. Il cligne de l'oeil. Il se dandine. Il est d'accord sur tout. Il s'en fout. Déjà ailleurs. Requis à d'autres tâches dont il ne dira rien. Sur le ferry du retour me demander si j'ai rêvé. Si j'ai bien rencontré "pour de bon" le fameux Jerry Lee Norton, légende urbaine, dernier des Mohicans de la tribu post-Beat. Seul le poids du manuscrit me semble bien réel. Et là, entre Afrique et continent européen, cette sensation de tenir enfin ce qu'il nous faut : une littérature de contrebandiers. 

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21 août 2011 7 21 /08 /août /2011 19:19

Inquiéter les routines

libérer l'inouï

déployant nos définitions sans cesse provisoires

jusqu'à ce que nous apparaisse

ce mot qui n'est pas un mot

cette pensée qui n'est pas une pensée

 

est-ce orgueil

ou dévouement

on ne sait pas

on ne sait pas

on marche

on y va

on verra bien

 

 

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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 11:06

 

 

Le sac, la pluie, la route : que demander de plus ?

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16 juillet 2011 6 16 /07 /juillet /2011 22:59

 

 

 

Liberté sans Fraternité n'est qu'un mot orphelin.

 

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