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4 octobre 2011 2 04 /10 /octobre /2011 11:40

 

 

 

Nous aurons atteint un certain état de civilisation lorsque le juif prendra fait et cause pour l'arabe et l'arabe le juif.

 

D'ici là ? Allez vous faire foutre.

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27 septembre 2011 2 27 /09 /septembre /2011 09:39

 

 

 

"O temps suspends ton vol, et vous heures propices..." : qui sait que la postérité de ces vers, si on la doit à Lamartine, ne vaut en rien certificat d'origine ; et qu'un obscur poète, dont d'ailleurs j'ai oublié le nom, en est l'auteur véritable ? C'est le paradoxe du plagiat : l'inventeur est parfois de voix trop faible pour assurer par lui-même le devenir de son texte, il y faut un porte-voix qui, profitant à la fois de sa renommée et de son pillage, emmènera la parole confisquée jusqu'à l'éternité. Tout ça parce qu'il dispose d'un capital social plus important ; et qu'au fond on ne respecte pas l'art, mais la puissance.

 

D'où ce sentiment de grisante innocence et d'impunité qui étreint nos plagiaires. Après tout, sans eux, le passage dérobé serait resté à tout jamais ignoré de tous. Chez les éditeurs peu scrupuleux (il y en a), cela s'appelle "faire les poches" : on retourne un manuscrit avec force compliments ("de vrais bonheurs d'écritures"), tout en statuant un "oui mais non" un peu embarassé au prétexte d'un marketing impossible pour un texte de cette nature. On le retournera donc à son auteur (qui restera donc un "expéditeur" de textes plus qu'un auteur), non sans lui avoir dérobé ses fameuses trouvailles, dont un autre saura mieux profiter. Après tout quand on naît gueux, on reste avec les gueux.

 

La récente affaire Macé-Scaron (du nom de l'incontournable Joseph qui dirige Marianne, Le Magazine Littéraire et anime un certains nombre de talk-shows un peu partout, et a donc besoin en plus d'écrire des livres) nous rappelle que dans notre beau pays, on peut assez éhontément piller le travail d'autrui sans passer ni pour foncièrement malhonnête ni pour authentiquement incompétent.

 

On ne s'étonnera donc pas que des mallettes pleines de grosses coupures passent des dictateurs africains à la main manucurée de nos édiles politiques les plus moralisateurs, qu'on voit là prêtes à tout pour asseoir un peu plus leur empire sur la société. Une illustration de plus du cynisme ambiant, recuit dans ses pratiques farcesques de prévaricateurs hautains et méprisants. Des fous paradant avec leur merde au cul.

 

En quel mépris faut-il tenir autrui pour lui avouer que oui, on a bien aimé telle ou telle expression personnelle qu'il emploie, qu'on ne manquera pas de la reprendre à son compte pour l'utiliser dans un prochain bouquin - comme si être pillé par lui valait reconnaissance ? Il me souvient soudain que mon expression "écriture au larsen" avait tapé dans l'oeil d'un auteur adepte de l'écriture au larsin. Le bougre s'était exclamé : "Celle-là je la reprends !" Qu'il se rassure, je ne poursuivrai pas : des expressions comme ça, j'en ai bien d'autres ! Mais tout de même : tout ça manque singulièrement de style.

 

Ces petits barronets à tête creuse (les PPDA, les Atali, les Minc, les Le Bris, les Scaron, les Delbourg, les Calixthe Beyala, il faudrait publier un palmarès complet...) sont bien agaçants. Collants comme des mouches. Ils écument les livres, les articles, les manuscrits, les blogs... Et osent sans rire, lorsqu'ils sont pris la main dans le sac, incriminer leurs nègres ! Pire encore : l'alibi de l'intertextualité, comme si l'on pouvait le confondre avec le pompage intempestif ! Ce qu'ils nous disent d'un certain état de l'édition, c'est que les auteurs obscurs ne seraient rien d'autres qu'un vivier dont on pourrait se servir en toute impunité, une compagnie de clones dociles qu'on abat au fur et à mesure pour récupérer les organes plus performants lorsque la célébrité omnimédiatique ne parvient plus à triquer.  

 

"Longtemps j'ai plagié de bon coeur..."

  

 

 

 

On lira

http://archeologie-copier-coller.com/

http://www.leplagiat.net

 

 

 

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26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 11:07

 

 

Rencontré Albert Jacquard samedi, fragile, le regard éloigné. Intensité à voix murmurante : "Ce n'est pas parce que quelque chose arrive qu'elle était nécessaire". Ou encore : "Il n'y a pas de Loi dans la nature, seulement des événements fortuits". La course des spermatozoïdes vers l'ovule, une compétition ? Allons donc : là encore, le hasard. La nature n'est pas que lutte. Elle coopère. D'un geste il déclot les disciplines, sciences, mathématiques, statistiques, épistémologie ne sont là que pour nous faire mieux aimer ces contingences qui nous tiennent ici assemblés. Primauté de l'événement, de la relation, de la rencontre. Prolégomènes à une nouvelle pensée pour demain. La vérité n'avance qu'à voix basse.

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26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 10:32

 

 

Au tournant d'une mémoire singulière séculaire, héritée habitée, close non close, se mettre l'air de rien à hétérogénéiser la langue, l'amplifier : poétique grandie de ce mélange, de ces hybridations. Retarder le texte par de l'accidentel, de l'inattendu. Du coup l'esprit s'installe dans ces bris, ce chaos. Y confrontant son propre désordre, affrontant à la régulière l'enigme de l'Autre et l'expansion de son désir par lui suscité. 

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23 septembre 2011 5 23 /09 /septembre /2011 11:24

 

 

 

 

Ce qui est perdu en ces temps de haine profonde du Poétique, c'est la capacité de l'esprit à plonger dans le vaste chaos des signes avant de lentement revenir, à clarté progressive, vers le pressentiment d'un autre sens possible.

Sauter ainsi dans le vide sans y présupposer un sens.

 

Fusée éclairante dans l'Inconnu.

 

C'est cela qui est oublié sous la pesanteur du Certain  : l'Inconnu désormais proscrit de nos langues, de nos pensées. Et pourtant : une petite particule, dans la nuit, vient de battre le record de la lumière, défaisant les physiques anciennes, Einstein, Quantique. Une petite petite particule d'impossible.

 

Dessinant à la craie les Poétiques à venir sur le front bas des certitudes.

 

  

 

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19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 18:52

 

 

Edouard, Edouard Glissant. Il y a dans le nom même cette élégance de ce qui passe et jamais ne s'impose, inachevé, ouvert à tous.

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18 septembre 2011 7 18 /09 /septembre /2011 09:44

 

 

 

Ici

 

(à la mémoire d’Edouard Glissant)

 

 

 

 

Il y fallait du bleu, la mer antéposée, nécessaire. On y flanquait ces inévitables paillotes de Polynésie, sous quelque latitude que ce soit, partout les mêmes, sans égards, de Bahia à Bangkok. Les mêmes paillotes, le même bleu, la même morne songerie au bord des mêmes piscines. On appelait « vacance » cette inflation du même. Les gens d’ici riaient, mi-admiratifs, mi-incrédules : eux ne bougeaient pas encore. Pas de congé ; parfois des migrations. Les portes de l’ici sur eux se refermaient. On ne voulait pas de cette engeance. On les laissait dehors. Ils disaient, dans un hochement de tête, graves : On n’est plus chez soi. Parfois quelques paillotes brûlaient.

 

Là-bas vint à manquer. On dit qu’Howard Hughes déjà, en quelque lieu du monde qu’il se trouvât, pilotait son avion intercontinental jusqu’au même coin dans le même hangar, dormait dans la même chambre des mêmes hôtels, toujours. Exactitude du même. Hallucination du même. L’hypodermique Ici, celui que l’on trimballe partout, la terre sous les ongles de notre fichu natal, s’imposa. De là-bas on ne parla plus. On finit même par se satisfaire de ce brillant ailleurs du même. Là-bas le même, c’est ici. Une pure et simple réitération. Le monde, bien près d’y disparaître.

 

C’est la vue d’abord qui abandonne. Qui dit : toujours pareil. Pour un peu on souhaiterait l’ouragan, que ça déborde, que les piscines sortent de leur lit, se mêlant à la folie des éléments en chaos autochtone.

 

Sont venus plus experts randonneurs. J’entends : plus experts de leurs rêves. Ils avaient gagné en imagination ce que le monde avait perdu en réalité. Des sortes de poètes, avec des pas de marcheurs. Tout ce bleu, cette mer antéposée : il fallait creuser, passer à travers leur voile d’illusion. Ils redressèrent un à un tous les plans qui avaient été foulés. Sous les pistes de l’atterrir retrouvant des lagons de légende. Comme ils venaient de partout leur langue n’était pas bien sûre, il fallait tendre l’oreille. C’était langue créole, travaillée d’extérieur, entachée de mondes et de diversités. C’était langue crépitante, palpitant comme feu dans le foyer des danses. Lente langue sacrée de nulle part venue dans laquelle le parcours du là-bas réinstaure un ici. Voyez-la, comme elle court, passe de l'un à l'autre. Voyageant à yeux grands ouverts c’est cela que vous comprenez enfin : il n’est d’ici qu’en son débord. Il n’est d’ici autrement que dans l’encourt du vivant. A grandes libations d’immédiat, de partage.

 

 

 

 

(Copyright-Gérard Larnac 2011)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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16 septembre 2011 5 16 /09 /septembre /2011 14:35

 

 

 

Désorienter l'écriture pour voir par quel geste elle retrouvera son nord. Que voilà un véritable enjeu littéraire, bien éloigné des poses ronronnantes des récits convenus du roman industriel. Mode Breton Burroughs, écriture automatique ou cut-up. Mode cultures orales des mondes indiens ou africains. Mode geeks à la François Bon : déplacement, translation vers des web-écritures pétries de "xms, css et de métadonnées".

 

De tels enjeux rendent euphorique.

 

Pourtant, attention à ne pas devenir l'idiot du village (numérique). François Bon, parfois, m'inquiète. Du mal à comprendre chez lui comment on passe du statut mérité d'écrivain d'avant-garde (certains de ses premiers livres-papier attestent véritablement de sa place éminente) à celui de vendeur chez Darty , soulant son client à force de logorrhée argumentative, du type "J'ai ma place dans la révolution internet". Sa place incontestée dans la révolution littéraire me paraissait d'une dimension toute autre, signe d'un autre mérite. Raide, vétilleux, l'ingénieux ingénieur des lettres ne jure plus que par ces mondes tellement nouveaux qu'ils en paraissent déjà terriblement vieux ; n'en a que pour les "liseuses" et les divers fétiches numériques du moment.

 

Bien entendu l'écriture change selon les supports. C'est là une sacrée évidence. Pour autant ce changement est de bien moindre amplitude que celui qui affecte le support. Tout se passe comme si les contenus s'avéraient beaucoup plus stables dans le temps que les contenants. Champolion pouvait transcrire les écritures hiéroglyphiques dans des livres, le sens étant restitué fidèlement. De même Chevillard a translaté son blog en livre sans dommage pour sa compréhension générale (Avec son "Autofictif").

 

Le discours littéraire rend les supports perméables, voire indifférents. Ceux-ci perturbent la langue, la modifient à la marge ; mais l'essentiel poursuit sa route, du griot sous le baobab aux écritures collaboratives du web.

 

La lecture, elle, mute en effet. On me dit que les jeunes ne lisent plus. Mon métier, qui consiste à concevoir et fabriquer des revues, est peut-être voué à disparaître. Eh bien soit ; qu'il disparaisse. Pourtant je n'arrive pas à croire qu'une telle mutation serait totalement improductive de littérature nouvelle. Car le virtuel est producteur de nouvelles formes d'intelligence. Il permet de trouver la règle du jeu en cours de jeu. Pour s'orienter, il faut désormais disperser son attention, et non la concentrer en un point, comme au temps de la lecture d'un livre. Voilà ce qui esquisse un nouveau contexte. Il ne s'agit donc pas de se déguiser en vendeur de chez Darty ni en agité des tablettes, mais d'assumer ses changements en en trouvant la forme. Qu'on écrive sur son portable ou au crayon de bois, sur une feuille blanche.

 

Le chantier est immense. Il s'ouvre à peine. Mais il permet de continuer notre stratégie de l'écart, notre rôdaille dans les marges, notre quête fringalée des écritures fractales.

 

 

 

 

 

Lire François Bon :

 http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2640

 

 

 

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14 septembre 2011 3 14 /09 /septembre /2011 15:43

 

 

On n'est jamais vraiment un écrivain. Sûrement pas lorsque l'on attend, un peu fébrile quand même, le lecteur potentiel à sa table de dédicace. Sûrement pas lorsqu'on répond, l'air de ne pas y toucher, aux questions flatteuses et sans risque de l'interviewer. Encore moins lorsqu'on mate, en douce, à la vitrine des librairies, pour voir si "on y est". Ou qu'on vérifie où est "sa" pile. Tout ceci, décidément, n'a que fort peu à voir avec l'art d'écrire. C'est le circus désespérant du pauvre petit homme en quête d'amour et rien de plus. Une psychopathologie de l'ordinaire.

 

Par contre il y a ce sentiment, franchement euphorique, du travail en cours. Lorsque la page est écrite, qu'elle résiste et nous assure que l'on a apporté, un peu, une nouvelle réalité dans la réalité. Un truc qui n'était pas là avant. Qui vous a transporté loin, hors de vos bases. Là, le manuscrit encore jamais lu par un autre que vous-même, on est franchement à son affaire. Accepté, pas accepté, reconnu, pas reconnu, qu'importe. La noria a avancé d'un cran.

 

Et cela vous est ivresse. De celles qui rachètent toutes les gueules de bois.

 

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2 septembre 2011 5 02 /09 /septembre /2011 09:01

 

 

 

La dette Odette ? Quelle dette ? Qu se passe-t-il lorsque le banquier envers lequel nous sommes débiteurs est aussi le principal fournisseur ? Eh bien le banquier atténue l'effet des remboursements pour ne pas tuer son client. C'est la limite aux cris d'orfraie de l'Allemagne (dont 80% des exportations se font à l'intérieur de l'Europe), qui devra à un moment ou à un autre savoir ne pas jeter le B.B avec l'Aude Dubain. Idem la Chine, devenue grand argentier du monde. Sa croissance, si elle reste élevée (plus de 9%), n'en est pas moins en baisse. Banquier, certes ; mais surtout usine du monde, la Chine devra à un moment ou à un autre se satisfaire de ce que les pays pourront lui donner et du rééchelonnement qu'ils seront à même de lui imposer. Si on rembourse la dette on tue le banquier. Position finalement assez morale. Alors la dette Odette ?

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