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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 08:52

 

 

Longtemps je me suis vu en rêve écrivain à sa table. Les années passant j'ai perfectionné ce rêve, jusqu'à pouvoir approcher de la page, commençant à discerner ça et là des éléments de composition. A présent que la vie est bien avancée, je peux même discerner les paragraphes, les lignes. Je sais que les pages sont écrites pour de vrai dans le rêve. Depuis quelques temps, je parviens même à les lire.

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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 13:15

 

 

 

A présent chacun rentre chez soi pour regarder les émissions de la télé réalité, comme si ces deux mots-là possédaient quoi que ce soit en commun, qui sait le nom de Tomas Tranströmer, le nouveau prix Nobel de Littérature...

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5 novembre 2011 6 05 /11 /novembre /2011 09:57

 

 

 

Vérol est un Houellebeck en moins mou, un Benchetrit mieux défoncé, un Hunter S.Thomson en noir. Passé le premier quart des "Derniers cow-boys français", pas au niveau de nervosité de la suite me semble-t-il, ce récit disjoncté mais tendu comme un arc met en scène le petit blanc qui a perdu les pédales de ses identités (nationale, communautaire, sexuelle) et le grand black initié, roi de la Téci et banlieusard céleste à la coule. Comme au cours de ces rites initiatiques (il s'agit de devenir le dernier cow-boy français, ne l'oublions pas), le narrateur dégueule beaucoup afin de se purger de son moi antérieur, pétri de culpabilités et de toutes ces rêveries pourries estampillées middle-class qu'on lui a mis en tête. Au prétexte de se faire un peu de monnaie pour agrémenter sa road-story un brin sans issue, il va retirer lui-même en cash sa part d'héritage : en remontant le fil de sa lignée (d'abord les parents, puis les grands-parents) il trucide allègrement ses géniteurs, puis les géniteurs de ses géniteurs, histoire d'effacer cette généalogie qui a fait de lui le paumé prototype de ce siècle numéro 21. Vérol comme pas un sait construire un récit tout en rupture, ellipses et flash hallucinés. Entre décoctions d'herbes magiques et torgnoles flicardes dans les sous-sols du commissariat surnommés Abou Ghraib, il chope son style raide comme un shoot terminal et ne le lâche plus. Du coup on lui pardonne tout, au Vérol, et on suit. Un récit plus crépitant que les néons électriques d'une tour infernale en train de s'effondrer. Et cette tour qui s'effondre au ralenti, c'est l'Occident tout entier, celui des certitudes, des balises, des racismes en tout genre.

 

Enjambez donc ces quelques flaques de dégueulis, mesdames messieurs, et que la visite commence. Et tenez-vous bien à la rampe. On peut pas dire que ça sente la rose. Mais vous ne regretterez pas le voyage.

 

 

 

Andy Vérol, Les Derniers cow-boys français (Ed.Pylône, 2008).
http://andy-verol.blogg.org

 

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4 novembre 2011 5 04 /11 /novembre /2011 22:41

 

 

Nos marges de manoeuvres sont vastes : elles naissent de l'imprévisible.

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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 10:20

 

 

 

Oui Charlie on t'aime bien dans ton costard de flammes. Non Charlie on ne s'associe pas au cortège des pleureuses. Qu'un journal satirique crame au combat nous montre la réalité de ce combat ; c'est un mal nécessaire. Que serait une provocation sans risque ? Une galéjade d'apéro bobo ? Qu'une communauté religieuse, quelle qu'elle soit (et les prétendants sont nombreux) s'impose censure c'est son problème. Qu'elle veuille censurer l'espace public est notre problème. Qu'on parle d'alcool ou de liberté de pensée. Fatwa, corruptions, prévarications, tentatives de destabilisation, menaces contre les juges intègres : on l'aime bousculée, la liberté - ça prouve qu'elle existe, qu'elle reste un horizon, un projet. On ne sera pas les provo naïfs des molles révoltes. Nom de dieu !

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2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 10:17

 

 

Premiers jours de novembre, lugubre novembre des trottoirs mouillés, des feuillages rouges - un lugubre que j'aime bien, les amours de novembre sont des amours bien nés. Ah, et puis il y a ces Prix littéraires qui reviennent, on les avait presque oubliés ceux-là, les voilà qui s'imposent au grand carnaval des média. Des feuilles tombent, d'autres récoltent les honneurs, dans un pays qui n'aime rien tant que les rosettes les distinctions les grandes gidouilles les commices agricoles. Au point que l'anti-Goncourt, le Prix de l'Inaperçu, ne trouve rien de mieux que de distinguer lui aussi LE roman des romans - alors qu'un anti-prix pourrait au moins avoir la décence de couronner une liste, et non de réduire toute une production à un seul bouquin sur lequel on attire une attention quelque peu surdimensionnée. S'opposer en faisant pareil : autre tropisme franchouille. Bref où vous étiez quand le dernier Goncourt a été annoncé ? Vous ne vous en souvenez pas ? Eh bien rassurez-vous, c'est tout à fait normal. Concentrer autant de moyens, et de si aléatoire façon, sur un seul livre, est certes un peu ridicule. D'autant que le Goncourt est en général le livre que des gens qui ne lisent pas offrent pour les fêtes à d'autres gens qui ne lisent jamais. C'est le papier cadeau qui compte. Et l'estampille. Le Goncourt : bibelot d'étagère, "corner table book", livre destiné à traîner, à prendre le regard en même temps que la poussière. Mais après tout pourquoi bouder notre plaisir : il y a de la ripaille dans toute cette agitation, du gargantuesque. Après tout tout est bon dans le cochon !     

 

 

(P.S : Finalement attribué à un inconnu, Alexis Jenni, qui plus est un premier roman. Cinq années d'écriture, un envoi unique par la poste : vive le service public ! Faut-il voir là l'effet de l'entrée chez Drouant d'un certain guérilleros ? ) 

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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 16:07

 

 

                                                                       Vive la dette !

 

Le chaos a pour essentielle vertu de fixer le point de départ pour des logiques nouvelles. Si aux « Trente Glorieuses » ont succédé les « Trente Piteuses » de la Crise, la situation actuelle ressemble fort à un moment de vérité. C’est tout son danger et tout son intérêt. Esquisse d’une mutation en cours.

 

Qui se souvient qu’il n’y a pas si longtemps, le gouvernement français se demandait à n’en plus finir « que faire de la Cagnotte » (80 milliards quand même) ? Relativité des richesses et des dettes…

Car depuis l’été, c’est reparti : rien ne va plus au sein du grand casino mondialisé. La crise, en entrant dans sa troisième phase, a repris depuis l’été une vigueur singulière. Acte 1 : la panique mondiale déclenchée par la folie des subprimes et la crise de l’immobilier aux Etats-Unis a mis à mal l’ensemble des places boursières, révélant la fragilité d’un système bancaire international intoxiqué par la contagion de ces prêts hasardeux et par leur extrême complexité (2008). Acte 2 : pour « sauver les banques » trop engagées dans ces montages irresponsables, et dans le but de préserver l’économie de la paralysie totale, les Etats s’endettent alors même que leurs déficits sont déjà importants. Certains sont en situation, longtemps dissimulée, de quasi-faillite : c’est le cas de la Grèce. Mais les déficits affectent aussi l’Espagne, le Portugal et l’Italie. C’est alors toute la zone euro qui est dans le viseur (2009). Acte 3 : les Agences de notation, qui ont jusqu’au bout soutenu les subprimes et n’ont rien vu venir de la crise de 2008, rendues nerveuses par les atermoiements de la Communauté européenne à prendre position pour soutenir la Grèce et la frilosité de l’administration Obama, se retournent résolument contre les Etats désormais fragilisés à des degrés divers. C’est ce qui donne à cette troisième phase (2011) un tour plus sombre : ce qui avait réglé la crise précédente, l’Etat, n’est désormais plus en mesure d’assumer le sauvetage général. Dès lors, on entre dans l’inconnu. Et s’il est bien une chose que déteste l’économie, c’est bien l’inconnu.  

Les agences de notation ont donc fait une entrée remarquée sur le devant de la scène. D’où vient leur pouvoir exorbitant ? Du simple fait qu’on les écoute. Même si elles se sont lourdement trompées, même si elles ont profondément abusés les investisseurs, tout leur est pardonné parce qu’elles donnent du sens et de la lisibilité à un monde en plein brouillard. Mais elles introduisent un double malentendu. Oracles des temps modernes, leurs prophéties sont autoréalisantes : sur un marché, la vision la plus communément admise par les acteurs prime sur l’état réel du marché. L’opinion gouverne, pas le réel. Or c’est lorsque le principe de réalité s’impose finalement au virtuel qu’apparaissent les crises, avec l’explosion des bulles spéculatives. En favorisant ainsi les hallucinations collectives tout en se posant comme juges de paix, les agences de notation sont directement responsables d’une bonne part du chaos ambiant. Elles n’ont donc rien de simples indicateurs fiables et impartiaux.

Le second malentendu : un Etat n’est pas une entreprise, même si les derniers fondamentalistes du marché s’entêtent encore à le croire. Parce qu’il est très complexe de faire la part, dans la dette souveraine, de la bonne dette (l’investissement, gage d’avenir) et la mauvaise dette (le cumul excessif d’emprunts qui plombe l’avenir), comment peut-on prétendre noter un Etat ? Car au bilan d’un Etat devrait figurer le niveau de vie, de bonheur, de santé, d’éducation et de sécurité de ses concitoyens (on parle aujourd’hui de modifier les paramètres dans le calcul du PIB). Les valeurs non matérielles sont essentielles à la vie et à l’avenir des individus. Oui mais voilà : elles ne pèsent rien au trébuchet de la finance.

Dans la panique on en oublierait presque quelques vérités toutes simples. Comme celle-ci par exemple : que se passe-t-il lorsqu’un créancier est aussi le principal fournisseur de son débiteur ? Eh bien le créancier atténue l'effet des remboursements, par exemple en révisant à la baisse ses taux d’intérêt ou en rééchelonnant les paiements, afin d’éviter à tout prix de tuer son client et continuer à commercer avec lui. C'est la limite aux cris d'orfraie de l'Allemagne (dont 80% des exportations se font à l'intérieur de l'Europe), qui devra à un moment ou à un autre savoir ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain ; elle y a tout intérêt. Idem la Chine, devenue grand argentier du monde. Sa croissance, si elle reste élevée (plus de 9%), n'en est pas moins en baisse. Banquier, certes ; mais surtout usine du monde, la Chine devra à un moment ou à un autre se satisfaire de ce que les pays pourront lui donner et du rééchelonnement qu'ils seront à même de lui imposer, si elle ne veut pas perdre elle non plus la quasi-totalité de sa clientèle.

Des marges de manœuvres existent donc. Mais pour cela, il faut une volonté politique. Le retour du politique, histoire de remettre un pilote dans l’avion et de fixer un cap.

Le pilote aurait pour mission première de sortir du dilemme vicieux : remboursement de la dette ou croissance. Les deux sont nécessaires. L’exemple grec est significatif : la dette grecque est en grande partie due à la non perception des impôts. On réduit donc les dépenses de l’Etat. Du coup, moins de contrôleurs pour assurer les rentrées fiscales… Si la cure tue le malade, il faut changer de traitement. Idem si on asphyxie la consommation. Sans elle, pas de relance. Nécessité de penser, plus que jamais, « en dehors de la boîte ».

Le politique, on l’avait cru disparu dans les méandres illusionnistes de la « fin de l’Histoire », théorie qu’inspira naguère la disparition de l’Union soviétique (décembre 1991) et qui n’avait d’autre but que de rendre définitivement hors de doute et de question la pensée économique dominante (Ecole de Chicago, Hayek, Friedman). On croyait alors bien innocemment qu’un marché totalement dérégulé, dopé à coup de délocalisations, de privatisations et de diminutions drastiques des dépenses publiques, suffirait à asseoir la nouvelle société mondialisée. On vit alors apparaître une nouvelle donne où les inégalités, qui avaient été depuis un siècle régulièrement combattues, se creusèrent dans des proportions proprement vertigineuses, laissant en friche des pans entiers de la société, condamnée au chômage de masse et à la paupérisation programmée.

Aujourd’hui chacun l’admet : le « laisser faire » et sa célèbre « main invisible » viennent de toucher leurs limites, le politique a bien du mal à opérer son retour dans l’arène. Fragilisé aux Etats-Unis avec un Obama désavoué par son Congrès, empêtré dans les divisions internes et le manque de gouvernance comme en Europe, il demeure foncièrement hésitant. Même si personne ne conteste plus aujourd’hui le nécessaire retour à une économie plus éthique et mieux encadrée, les choses hésitent encore à se mettre en place.

Car ce qui n’est plus assuré, c’est bien ce principe intangible : le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Plus que nos économies, c’est la sauvegarde de notre modèle républicain qui est en jeu. Nos élus attendaient du citoyen qu’il admette sans comprendre : qu’il admette le chômage de masse en contrepartie du maintien de son pouvoir d’achat, la casse du service public au prétexte d’économie budgétaire, la crise étendue sur plus de 30 ans au nom de réajustements provisoires d’un système prétendument parfait. Cette époque vient de prendre fin. Les « Indignés » manifestent déjà bruyamment leur mécontentement, quand l’indignation ne tourne pas à l’émeute, comme en Grande-Bretagne. Et le premier ministre islandais, jugé pour son rôle dans les malheurs économiques de son pays, vient de passer devant un tribunal. Pourquoi les Etats se sont-ils dépouillés sans contrepartie en faveur des banques ? Pourquoi se sont-ils laissé encadrer par la finance au lieu d’encadrer la finance ? Les faits et les responsabilités devront être établis.

La dette de l’un est la dette de tous. Lorsque cette réalité comptable deviendra réalité politique, l’Europe aura fait un bond énorme vers cette maturité qui lui fait jusqu’ici si cruellement défaut. La nouvelle donne nous place désormais devant un choix clair : demain, nous serons soit solidaires soit morts. Alternative au fond assez morale, et pour tout dire assez réjouissante.

De la « main invisible » au coup de pied au cul bien visible, le monde est bel et bien contraint au changement.

 

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21 octobre 2011 5 21 /10 /octobre /2011 10:13

 

 

Publier, quelle purge ! Après six ou sept bouquins grand public, toujours ce même malaise. Tant qu'on n'a pas encore la chose imprimée, on sent vibrer l'art au fond de chaque fibre : on est à la tâche, on fabrique l'objet, on retaille, tout à son affaire. Le vrai de vrai bonheur de l'artisan. Et puis arrive ce temps maudit où tout ça, qu'on le veuille ou non, fait livre. Le livrer ? Le délivrer ? On hésite. Après tout on est bien, là, tranquille, non repéré, avec son paquet de feuilles volantes, dans l'obscur de l'atelier. Après, franchement, que peut-il arriver de bon : l'échec des refus automatisés (vous mettez du bleu ils veulent du rouge, vous mettez du rouge ils préfèreraient du bleu) ? L'acceptation (en général pour de mauvaises raisons), qui vous conduit direct comme bête d'étable derrière votre pile de dédicace ? A droite comme à gauche : du cirque. On en sort toujours blessé, mécontent de soi. On s'en veut à mort d'avoir ainsi réveillé sa propre vanité. Ses affûts à l'égard de la moindre critique ou à défaut de la simple mention. Interrogé en public, on ne profère sur un ton docte et assuré que des conneries qu'on voudrait effaçables, histoire de retrouver son assise. C'est que pour l'écrivaillon, ce n'est pas tous les jours, la pleine lumière. C'est comme le timide lorsqu'il se met à parler : on devient intarrissable, on bouffe le micro, on fait de l'oeil aux premiers rangs. Aussi cette année s'attarder : savoir ne pas aborder d'éditeur. S'en foutre. Et quand viendra le moment, multiplier les fronts pour ne s'attacher à aucun : trois livres fort différents (un 210 pages, un 185 pages, un 158 pages), qui partiront chacun vers des destinations différentes. Et surtout, surtout : repartir tout de suite à l'aventure, dans sa noirceur de noir charbonnier, sur les chemins d'autres écritures. Loin du brouhaha des prix, des commices et des salons. 

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16 octobre 2011 7 16 /10 /octobre /2011 18:33

 

P1020746.JPGNous parcourons le monde à la vitesse de nos amnésies. Sans rien voir, rien en tout cas qui mériterait de l'être. Les villes la plupart du temps se sont réduites à deux ou trois lieux communs, des logos en somme, auxquels tout passant international est supposé sacrifier, mû par cet ordre impérieux que dictent ces voyages hallucinés. Où la relation, la rencontre, le lien ? Où l'autre ?

 

Tokyo. Je lui dédie ces carpes d'Asakusa, symboles de longévité. Tokyo qui poursuit comme si de rien n'était, avec la force de l'inlassable. C'est qu'à tant bâtir sur l'éphémère, il en est peut-être devenu éternel.

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5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 07:49

 

 

Les mots sont comme ces vols d'oiseaux qui signalent au navigateur l'approche d'une terre ferme ; ils ne sont pas la terre. Est-ce îlet ou continent, de cela ils ne disent rien.

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