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20 décembre 2011 2 20 /12 /décembre /2011 07:49

 

Le 17 décembre dernier, pour marquer le premier anniversaire du début du soulèvement qui mit Ben Ali au tapis après vingt-trois ans de dictature, un monument commémoratif représentant le chariot de Mohamed Bouazizi, entouré de chaises vides, symboles des dictatures tombées, a été inauguré à Sidi Bouzid, épicentre de ce que l'on a appelé "les révolutions arabes". Bouazizi s'était immolé par le feu pour protester contre la saisie musclée de son étal de fruits et légumes - et plus généralement contre l'injustice sociale faite aux tunisiens.

 

Bouazizi : un geste d'indigné en révolte contre les conditions faites au peuple tunisien, mais aussi contre les injustices sociales nées de la mondialisation. Il y a, dans les révolutions arabes, la première expression de masse contre l'oppression économique. En ces jours anniversaires, il convient plus que jamais de ne pas l'oublier.

 

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9 décembre 2011 5 09 /12 /décembre /2011 19:06

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Où l'on reparle de Jerry Lee Norton. Premier papier paru dans le N°30 des Carnets d'Eucharis, la revue numérique de l'impeccable Nathalie Riera (http://lescarnetsdeucharis.hautetfort.com) daté Septembre-Octobre 2011.

 

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Ce mois-ci, c'est au tour de la revue underground Quetton de saluer, dans son numéro double 21-22, l'oeuvre de Jerry Lee Norton en publiant un inédit (Sobrement intitulé "Un gode comme un autre") et une note de présentation du phénomène, sous le titre : "Jerry Lee Norton : écrivain éthylique et sacré fils de pute".

 

Rappelons que Quetton, revue de "poésie hérétique pour les scélérats, les esthètes et les lecteurs paranormaux", est l'une des rares expression de la free-press à avoir traversé les époques. Fondée en 1967 par l'indispensable Rockin Yaset, Pape des publications anar tendance foutraque, elle a été saluée en son temps par Jean-François Bizot dans Actuel et Guy Darol dans Libé époque libre.

 

A retrouver sur  http://quetton.over-blog.com/

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7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 09:57

 

 

Je ne dirai jamais que la littérature est en pleine déliquescence ou régression. Le point exact me semble le suivant (et j'emprunte là quelques mots à Edouard Glissant) : par son inclusion à marche forcée dans l'industrie du divertissement, la littérature connaît une défonctionnalisation. Elle ne correspond plus à des moments collectifs. Elle accapare l'entier d'un dispositif dont elle n'était autrefois qu'un élément, à la manière des peintures pariétales. Un instrument désormais hors contexte. Danger majeur : la folklorisation.

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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 08:53

 

 

 

 

Tout se passe aujourd'hui  exactement comme à l'ère du thatchéro-reaganisme, première révolution conservatrice où le pouvoir de la finance prit définitivement le pouvoir sur le politique. Et nous sommes aveuglés pour les mêmes raisons qu'en ces années 80 : la croyance qu'une alternance socialiste suffira, alors que c'est tout le contraire : le socialisme en France n'est qu'un efficace analgésique permettant aux Français d'avaler la pilule tout en disant merci.

 

Nul doute que la crise des dettes souverraines ne constitue le nouvel avatar de l'avancée dévastatrice de la pensée réactionnaire, visant à revenir complètement sur les conquêtes sociales et le (maigre) pouvoir des citoyens. Une lutte des classes inversées, où les puissants ont trouvé leur moment pour couper court à ce qui pourrait éventuellement venir contester la légitimité de leur position dominante.

 

Oui, nous vivons ces jours-ci, sous couvert de crise économique, la seconde révolution conservatrice.

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25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 14:54

 

 

 

En lisant Tranströmer, prix Nobel de Littérature 2011 (un poète Prix Nobel de Littérature !), je suis heureux, emporté même, de n'avoir jamais baissé le pavillon pirate de la métaphore, qu'importe l'incrédulité crasse, l'échec de l'illisible vis-à-vis d'une époque qui exige des faits, chiffres, ratio, commentaires. La métaphore est un voyage, le mouvement même de l'esprit poétique à travers le réel et l'infinie disposition de la diversité. Ecrire sans ce voyage-là ne serait qu'un art de comptable." Adieu vat",  les assis, nous avons choisi paroles de haute mer et de vents plus cinglants !

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24 novembre 2011 4 24 /11 /novembre /2011 10:31

 

 

 

La néantisation économique constitue la forme invisible de l'oppression anti-démocratique généralisée, en même temps qu'un parfait déni existentiel. Un véritable processus d'éradication du sujet qui ne trouve plus assez de matière vive pour s'auto-constituer, à travers le discours apocalyptique du toujours moins : dette, crise, pénurie, non emploi, etc.

 

C'est sur ces deux fronts, oppression anti-démocratique et déni existentiel, que nous sommes appelés à lutter.

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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 18:28

 

 

 

Ecrire c'est livrer bataille contre sa propre bêtise, son propre aveuglement.

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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 07:33

 

 

Dernier exemple en date avec cette jeune fille récemment violée puis tuée. Comme à chaque fois l'émotion, l'ambiance de lynchage. Désigner les manquements. Pointer les responsabilités. Il y a surtout dans cette agitation un refus très net : celui du tragique. La vie est fondamentalement tragique. Ouverte au rire, au divertissement : mais tragique. Or c'est ce que notre société s'efforce de méconnaître, tandis qu'il est des événements qui la ramène de force devant cette réalité. Percevoir quelque chose du monde passe par l'acceptation du caractère tragique de notre existence. Sinon : farce, simagrée bouffonne.

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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 19:29

 

 

D'avoir 20 ans dans les années quatre-vingt nous pensions de bonne foi avoir 20 ans à la puissance 4. C'est que nous avions jeté la droite et pensions donc en avoir fini avec les vieux cons. Nous avions notre Fête de la Musique, notre SOS Racisme et nos radios libres - nos émissions durant lesquelles nous pouvions tirer le joint et nous soûler à l'antenne tout en parlant à la nuit.

 

Pourtant d'étranges mots venaient. Je me souviens de "killer" par exemple. Il fallait être un "killer". Moi à qui on avait vraiment appris à "killer" silencieusement au sein de la bonne armée française et ses troupes de "voltigeurs", je trouvais le propos un brin ridicule. Il y avait aussi "mondialisation", qui n'était pas le dialogue attentif de culture à culture, mais l'infection planétaire des thèses de l'ultralibéralisme dont nous venions, pensions-nous alors, de nous défaire avec l'élection d'un socialiste à la tête de l'Etat.

 

Je n'ai rien aimé de ma génération. Rien. J'appartenais encore trop à la précédente, celle de 68, des Love-In, des Tribus du Golden Gate Park, des communautés d'Enfants-Fleurs, des "Further on the road"... J'ai trop aimé les guitares folk et les robes gitanes. J'étais un espion du passé sous les traits du jeune homme, un passeur de torche qui revenait chez lui bredouille, en ces années "killer".

 

Les plus beaux, les plus belles, les héros, les rebelles, on les avait perdu dans ce SOS terrible : Suicide, Overdose, Sida. Ca dégageait des marges de manoeuvres pour les autres, les suiveurs, les médiocres. Nous fûmes des poseurs : pas des poseurs de bombes. Pour enfoncer le clou ma génération étrange s'attribua le nom atroce de Yuppie. Le cool version salopard. La nouvelle branchitude reaganienne. "Je suis de gauche tendance Reagan", disait Montand, cet âne.

 

Un peu avant la fin de cette décennie sinistre, sans coeur ni vraie fureur, j'étais à Berlin à me les geler tandis que le Mauer était jeté à bas. Dans l'air vif de cet hiver 89 j'entendis disctinctement le tic-tac du temps retrouvé. Je devais être con. Revenu à Paris, chacun ne parlait plus que de la "fin de l'Histoire". Je m'insurgeai. En vain. La fin de l'Histoire devint la nouvelle pose de la branchitude intellectuelle. Le monde finissait là, occidental, blanc, banal, chiant. Le futur ne s'ouvrait plus qu'aux gestionnaires. Je sus alors que nous avions eu vingt ans pour rien.

 

 

   

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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 14:39

 

 

 

 

La lutte contre un pouvoir particulier n'est rien si elle ne s'accompagne pas de la volonté de changer la nature même du Pouvoir.

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