Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 08:50

 

 

Les confidences ne sont pas mon fort. Je leur préfère mes appétits.

Partager cet article
Repost0
14 mars 2012 3 14 /03 /mars /2012 08:55

 

 

"Beauté vertébrale" : tels furent ses derniers mots.

Partager cet article
Repost0
12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 11:09

 

 

 

La poésie est morte, vive la poésie !

Certains se sont émus d’un article récemment paru dans Le Monde qui semblait enterrer la poésie, genre littéraire jugé passéiste et ringard, tout en reconnaissant certains de ses surgeons tardifs : le slam par exemple, version remise au goût du jour en 1986 par Marc Smith de la poésie orale que professaient déjà les Beats dès 1955 à San Francisco. Ou pourquoi pas la publicité.

 Situation d’un genre mal aimé : à l’extérieur, la poésie suscite au mieux  l’indifférence du public (on compte plus de poètes que de  lecteurs de poésie), au pire l’agacement devant un élitisme confus, un nombrilisme névrotique vaguement niais, un ressassement thématique convenu, une pose sans influence notable sur le cours des choses. A peine 600 parutions par an pour des tirages ultra-confidentiels et une économie impossible. D’autres pays, comme la Norvège, offrent des bourses aux poètes, et l’Etat achète pour les bibliothèques un bon millier d’exemplaires par parution. Ce n’est pas le cas de la France où le seul énoncé de l’activité de poète provoque invariablement des pincements de nez et des sourires compassionnels.

A l’intérieur, la poésie compte autant d’experts en poésie que de poètes, tous prompts à offrir des définitions plus péremptoires les unes que les autres. La poésie, c’est… Violence plus que sagesse au programme : car il n’y a pas plus avide de pouvoir et de reconnaissance que les acteurs qui oeuvrent dans les  univers symboliques. J’ai pour ma part toujours préféré un salopard commerçant ou homme d’affaires à un salopard poète. A celui-là je ne trouve aucune circonstance atténuante.

Le culte de l’acte, de l’action, a démonétisé la parole. Il faut retrouver là ce vieux vocable de khâgneux : l’effet « performatif » du langage est précisément ce moment où dire, c’est faire (Relire Austin).  Si la mode persiste encore  à cliver la parole et l’action, on sait que ce n’est là qu’idéologie visant à instaurer le diktat de la raison instrumentale, et donc obéissante, méprisant les désordres créatifs de plus hauts territoires de l’esprit.

Retrouver des clartés, c’est se désengager de la langue courante, surabondante et cadenassée, des média. Sartre : « Le poète est celui qui refuse d’utiliser le langage ». Sortir de l’instrumentation du sens, toujours contingent. Revenir vers l’opaque de la langue, errer dans son inextricable, ainsi que le préconisait Edouard Glissant. Ne pas « vouloir dire » trop tôt. Inventer des usages imprévus ; et que dans cet imprévu se reconnaissent de nouvelles tribus.

La parole poétique possède une vertu curative et libératrice. C’est ce que démontrent les ateliers d’écriture en milieu carcéral, qui produisent des effets étonnants. C’est la dimension « chamanique », voyante et guérisseuse, de la langue.  Une dimension aujourd’hui oubliée, où ce qui compte n’est ni le mot ni sa signification, mais l’état d’esprit qu’il suscite chez celui qui écoute.

En attribuant le Prix Nobel de Littérature au poète suédois Tomas Tranströmer, l’époque reconnaît  à la poésie sa place, même si elle hésite : musée ou mausolée ? Pourtant tout indique que la poésie résiste bel et bien : dans un graffiti spontané sur un mur, une affiche détournée, une faille de la langue qu’un quidam a tenté d’élargir. 

Quant au web, il maintient à son plus beau niveau l’exigence poétique, que ce soit chez Poézibao, Terre des Femmes, Les Cahiers d’Eucharis…  A suivre ces impeccables travaux en ligne on se dit que la poésie n’est décidément pas prête de fermer ses portes pour cessation d’activité.

Car il faut se souvenir, en ces temps de basse politique, qu’avant d’être un slogan, « Changer la vie » fut parole de poète, et pas des moindres. Arthur Rimbaud est passé par là.  

Partager cet article
Repost0
1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 11:29

 

 

 

La leçon que nous donne finalement la pensée économique pourrait se résumer ainsi : toute vérité ne prend son sens qu’au regard du contexte et de l’évolution dans lesquels elle s’inscrit. Elle n’est pas vraie en soi, mais en situation, dans l'entretien d'une relation avec le monde qui l'entoure.

Il n’y a pas de vérité. Il n’y a que des moments interactifs de vérité.

Partager cet article
Repost0
28 février 2012 2 28 /02 /février /2012 10:41

 

 

La dispersion technologique à laquelle insidieusement nous invite le modernisme tardif,  c'est cette incapacité à faire présence ; ou plutôt cette contrainte qui nous est imposée de faire présence précisément sous l'unique forme de la dispersion. 

 

Husserl disait que les Grecs, cinq siècles avant notre ère, en quittant le temps purement pratique, avaient eu accès à la démocratie et à la philosophie par "l'historicité" : l'entrée dans un temps conscient de lui-même. 

 

Ce qu'il faut savoir, c'est si la fragmentation sans cesse croissante de nos vies, de nos moeurs, de nos pensées, augure ou non du retour au temps de la caverne pré-philosophique et pré-démocratique.

 

Il n'y a au fond pas d'autre question plus importante que celle-là.

Partager cet article
Repost0
22 février 2012 3 22 /02 /février /2012 12:33

 

 

Celui qui se dit éclairé attente à la lumière.

Partager cet article
Repost0
17 février 2012 5 17 /02 /février /2012 11:58

 

Vu hier soir, grande émotion, Jan Karski (Mon nom est une fiction), dans une mise en scène d'Arthur Nauzyciel, d'après le roman de Yannick Haenel.

 

Jan Karski, c'est ce résistant polonais qui, dès 1943, porte devant les alliés un témoignage que personne ne semble vouloir entendre : un génocide est en cours, qui ne s'achèvera qu'avec la disparition du dernier Juif. Un messager perdu par l'énormité du message et par la surdité qu'il suscite autour de lui. Qu'en est-il des hommes, qu'en est-il de l'humanité si l'humanité laisse faire ? Or ce fait : l'humanité laisse faire. Rien ne se passe. Aucune priorité n'a été accordée à cet événement qui va néantiser l'espèce humaine toute entière : la Shoah.

 

Le messager Karski, dévoré par l'abîme de silence où il est renvoyé. Dès lors, que vaut la parole ? Que vaut ce que nous savons des choses ? Si le film de Claude Lanzmann jetait un interdit absolu sur toute représentation de la Shoah, Yannick Haenel, faisant usage au contraire de la fiction, parle de l'échec du témoignage, de la solitude du témoin écarté, de la faillite de la parole dans son irréparable divorce avec le regard et avec le souvenir. Lanzmann comme toujours en fera un sujet de polémique, de dispute. Il n'y a pas lieu de trancher. Ni sectarisme ni grandiloquence : s'agissant de la Shoah personne n'a d'autre droit que celui de prendre sa part à cette veille collective dans le noir. Une veille hors de l'humanité, en ce lieu sombre qui n'existait pas avant que ne soit perpétrée l'universelle forfaiture. Car ce n'est pas l'homme particulier qui disparaît à Auschwitz, c'est l'homme tout entier.

 

La pièce de Nauzyciel nous fait pénétrer dans le silence de l'après, ce silence impossible, souhaité par les uns, redouté par les autres. Dans ce qu'il possède d'assourdissant, ce silence. D'infranchissable. Nous ne saurions plus vivre si nous cessions un seul instant de regarder notre civilisation à travers ce silence-là. Il nous manquerait sinon cette complétude noire qui fait de nous, à notre tour, des témoins de l'horreur, des porteurs de la flamme - c'est-à-dire des hommes. 

 

 

 

http://www.lesgemeaux.com/spectacles/jan-karski/

 

Jan Karski, Mon Témoignage devant le monde (Ed. Laffont)

 

Yannick Haenel, Jan Karski (Folio)

Partager cet article
Repost0
17 février 2012 5 17 /02 /février /2012 11:24

 

"Sous l'Occupation, Brazzaville a été capitale de la France libre, et je dis souvent que tous les Français sont des Congolais sans le savoir..."

 

"Un jour viendra peut-être une génération d'écrivains français qui diront : "J'ai découvert la littérature par Ahmadou Kourouma ou Mongo Beti". Ceux-là seront peut-être les plus grands écrivains de France".

 

 

- Alain Mabanckou - 

Partager cet article
Repost0
14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 10:53

 

 

La guerre entre les peuples n'est que le moyen qu'ont trouvé les puissants pour latéraliser les conflits et détourner d'eux l'insurrection qui les contestait.

Partager cet article
Repost0
13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 12:22

 

 

La réponse à un problème dépend toujours de la façon dont est posée la question. Et la solution passe toujours par les mots qu’on se décide à utiliser. Prenez la « relocalisation » par exemple. Voilà un mot qui n’avait rien d’évident, et dont la manifestation récente, mais de plus en plus visible, est en train de transformer notre société.

 

La « délocalisation » a longtemps été envisagée sous l’angle triomphal de la souplesse et la fluidité des échanges, de l’adaptation nécessaire aux réalités économiques et financières du 3ème millénaire. Bref, délocaliser était la preuve du pragmatisme et du volontarisme nécessaires pour s’inscrire résolument dans la course à la performance, dans le monde ouvert et global de la « mondialisation ». Et l’annonce d’une délocalisation a toujours été saluée comme il se doit par les places financières : avec cette euphorie douteuse qui a peu à peu découplé la logique industrielle de la logique financière. Délocaliser était aux yeux du « marché » un gage de vertu.

 

On n’avait simplement pas vu qu’enlever au local, donc dé-localiser, créait un vide irréparable que rien n’était plus susceptible de combler. Et les mots pour le dire ne vinrent pas aisément dans l’esprit embrumé, mais pas seulement, de nos édiles. Combien d’années furent-elles nécessaires pour aboutir à un premier constat : celui de « désindustrialisation » ? Une perte progressive, non compensable par d’autres activités de substitution, laissant des régions entières en jachère. Bien sûr, au nom de la nécessaire « adaptation ». Mais l’adaptation à quoi ?

 

Le « libre marché », jamais très regardant de ce côté-là et pour cause, ne se contenta pas de tirer profit de la pauvreté mondiale et de donner quitus aux dictatures à faibles coûts de main d’œuvre. Il passa au broyeur l’ensemble des activités (pas seulement industrielles, intellectuelles aussi) et provoqua un chômage endémique ; il opéra d’irréversibles transferts de technologie ; il produisit d’irrémédiables pertes de savoir-faire.

 

Avec trois impacts globaux : la concentration des acteurs (avec parfois des situations de quasi monopoles, contredisant les lois de la concurrence) ; la standardisation mondiale de l’offre ; la désaffection pour le marché national, au niveau consommateur comme au niveau collaborateur, au profit des « marchés émergents ».

 

Au final le tableau pourrait bien finir par ressembler à une de ces villes du Far-West au moment de la Ruée vers l’Or, quand elles étaient purement et simplement abandonnées au profit de régions plus juteuses. Et où seules les boules de buisson poussées par le vent traversent encore les rues.

 

L’individu est désormais pris en tenaille entre d’un côté la pression financière sur les entreprises qui le condamne au chômage et de l’autre la pression financière sur les pays qui interdit progressivement à l’Etat de lui venir en aide. En un même temps se conjuguent la noyade et l’interdiction de jeter la bouée. Cette convergence est explosive.

 

Partager cet article
Repost0