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12 décembre 2012 3 12 /12 /décembre /2012 12:25

 

 

 

C'est au début du concert pour le Bengladesh dont il est l'initiateur. Tonnerre d'applaudissements sur les premières notes de sitar. Ravi se tourne vers le public : "Si vous aimez quand on s'accorde, j'espère que vous apprécierez aussi le concert ! "

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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29 novembre 2012 4 29 /11 /novembre /2012 16:56

 

 

 

 

 

 

C’est l’expo à ne pas rater. Jusqu’au 28 janvier 2013, le Grand Palais accueille à Paris le plus célèbre et le plus mystérieux des peintres américains : Edward Hopper (1882-1967). Réaliste, mais à la façon de De Chirico, Hopper installe ses solitudes pour nous renvoyer l’image de ce grand vide métaphysique que nous connaissons sous le nom de modernité. Rendez-vous avec un voyeur visionnaire.

 

 

 

Edward_Hopper_Pennsylvania-Coal-Town-1947.jpg Des fenêtres. Comme autant de tableaux alignés. Exposés. Voilés. Tragiques. Comme au hasard, Edward Hopper écarte le rideau sur des chambres d’hôtel, des bureaux, pris dans la masse des buildings de Manhattan et la sérialité du béton armé. Nous invitant à méditer sur une scène furtivement entrevue, un corps vague, un visage dont l’expression ne parvient pas jusqu’à nous. Ailleurs ce sont des carrefours vides, des coins de rues désertes. Là des lobbies, des lieux d’attente, des lieux de transit, des stations services de bord de route (« Gas », 1940). Tout est toujours immobile, absent, déjà achevé. La vie vacille, entre illusion et nécessité. On repousse le sujet aux arrière-plans. Le sujet, c’est précisément cette absence de sujet. Tout est perpétuellement ailleurs. Ne reste que des décors quasiment désertés. Comme un théâtre où les comédiens se refuseraient à tenir leur rôle, au prétexte qu’ils n’y croient plus.

 

 La modernité, en inventant les foules urbaines, a jeté comme un doute : qui sommes-nous, comment pouvons-nous encore prétendre nous constituer en tant que sujets libres et autonomes ? Incommunicabilité, partout. Même à plusieurs, l’homme est seul, irréductiblement. Des solitudes où même les chiens ne répondent plus aux appels de leur maître. Les corps se croisent, se manquent, s’ignorent. L’homme lit le journal, la femme pianote vaguement, comme dans « Room in New York » (1932). L’un est absorbé ou feint de l’être, l’autre attend. Rien n’est synchrone. On se rencontre, la tête ailleurs, comme dans « Chop Suey » (1929). Forgeant simplement, jour après jour, banalité après banalité, l’hypothèse de vivre. Est-ce la nuit d’hiver trop tôt venue, le monde baigne dans une onirique torpeur d’« after hours » (« Office at night », 1940). L’effroi n’est jamais loin.

 

 Edward Hopper fit de nombreux séjours dans le Paris du début de XXe siècle, où il fut marqué par l’impressionisme. De Degas il retient une conception de la vie comme théâtre, comme mouvement suspendu. D’Albert Marquet les formes massives de l’architecture moderne. L’art moderne est lui-même cette confrontation entre l’intériorité d’un sujet qui tente de se constituer et la massification urbaine, avec la perte des espaces et des cycles naturels qui éloigne toujours un peu plus l’homme de lui-même. En cela, même lorsqu’il dénonce la mode de l’abstrait, Hopper est résolument moderne. Son œuvre réconcilie le réalisme des impressionnistes avec les avant-gardes, Pollock, Rothko, de Kooning. Son travers désenchanté fait même signe plus loin, vers le Pop Art.

 

 Dans la peinture d’Edward Hopper l’homme se sait mortel. Il connaît la sentence. Il attend. Il n’élude pas. Sous une lumière rasante qui éternise subitement un instant particulier, Hopper nous prend à témoin du monde contemporain dans toute son étrangeté. Alors, un peu, on relève la tête pour goûter l’étrange stupeur de la lumière du soir, juste avant la plongée dans le noir.

 

 

 

Gérard Larnac

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 09:41

 

 

 

 

Moi-même, moi-même, moi-même... Mais je ne suis moi-même que lorsque je suis la somme
des vivants et des morts !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 10:26

 

 

 

Mettre fin à toutes ces histoires d’écriture ; c’est autrement que le monde me parle. Laisser venir.

Se défaire d’un maximum de déterminisme ; aimer la part qui reste. Liberté ?

Ne plus avoir affaire à la race des interrupteurs. Ne tolérer que ce qui fluidifie. 

Faire mouvement.

Avancer dans l’ouvert.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 10:57

 

 

 

Désespérer de l’avenir est un sport national. Pourtant l’individu a rarement concentré entre ses mains autant d’opportunités productives et créatives. Les outils sont là : la puissance des ordinateurs, l’instantanéité du web, la proximité de l’internet mobile (tablette, smartphone). Tout se passe cependant comme si notre cerveau ne s’était pas encore tout à fait adapté à ces nouvelles réalités. Comme si l’outil avait encore un temps d’avance sur les stratégies d’usage.

On a pris l’habitude depuis quelques années de stigmatiser le fameux « immobilisme à la française ». Mais ce faisant, de quoi parle-t-on réellement ? Les deux immobilismes dont souffre véritablement notre pays ont pour nom l’investissement productif et l’investissement créatif.

L’industrie française n’a pas, comme s’égosillent encore à le dire quelques idéologues égarés, de problème vital avec le coût du travail. Sa faiblesse structurelle vient plutôt de son manque chronique en matière d’investissement productif. Le constat est connu : les entreprises françaises n’investissent pas assez en Recherche & Développement. Leur parc machines est deux fois plus ancien que celui des pays comparables ; il est de plus notoirement insuffisant. Ce manque de prise de risque, tel est le cœur véritable de l’immobilisme à la française.

Collectivement, la logique du compte à rebours (combien de temps avant l’épuisement total des ressources, avenir hypothéqué par la dette contractée par la génération précédente, etc.) imprègne très fortement l’air du temps et pèse lourd, très lourd, dans la capacité à se projeter dans l’avenir. De plus il y a dans l’idée de la globalisation le sentiment de toucher aux limites. Un monde globalisé est un monde à l’étroit. Il devient alors nécessaire de rouvrir le champ du possible, intellectuellement, existentiellement, afin de retrouver la marche avant de la civilisation. La globalisation et la logique du compte à rebours sont les deux grands inhibiteurs qui nous empêchent aujourd’hui de nous tourner avec enthousiasme vers les innovations de rupture – au moment-même où les appareils que nous avons conçus nous en laissent précisément entrevoir la possibilité à un rythme de plus en plus soutenu.

Ce n’est pas en relocalisant les industries à l’ancienne que l’on créera des opportunités nouvelles, mais en inventant de nouveaux modèles socio-économiques. L’avenir n’est pas dans le coût de revient toujours plus bas de la matière transformée en vue de produire des biens, mais dans la création de valeur à travers des biens immatériels exclusifs, des services globaux innovants, apporteurs de solutions individualisées.

On parle aujourd’hui de cette révolution productive que constitue le passage entre « main d’œuvre » et « cerveau d’œuvre ». Depuis l’invention de la machine à vapeur au XVIIIe siècle jusqu’à l’arrivée de l’ordinateur personnel en 1981, le champ des opportunités s’est considérablement élargit. Automatisation du geste dans un premier temps, automatisation de l’intelligence dans un second. La force musculaire aussi bien que la raison et la mémoire ont été encryptées dans les appareils que nous utilisons tous les jours. Et un simple effleurement du doigt passé sur un écran tactile produit aujourd’hui plus d’effets qu’autrefois toute une journée de dur labeur. L’instantanéité et l’ubiquité  en plus.

Le plus gros écueil dans la construction de notre avenir n’est donc plus d’ordre technologique ; il est organisationnel et mental. Car hisser nos modèles de pensée au niveau de sophistication de nos machines impose des changements radicaux dans les mentalités, et principalement dans celles qui sont le plus imperméables à la remise en question : celles des dirigeants eux-mêmes. Alors on traîne, on finasse. Non, il n’est pas facile de passer d’une organisation pyramidale fondée sur l’individualisme farouche et sur le contrôle hiérarchique à une organisation horizontale en réseau qui redistribue globalement l’information en tout point pour faire croître l’intelligence collective, et donc l’efficience. Du commandement d’un seul à la participation de tous. De la compétition interne (qui confine parfois plus au sabotage qu’à l’émulation) à la collaboration sincère et impliquée.  De la valeur « travail» à la valeur « créativité ».

Ce basculement dans un monde radicalement autre prendra du temps à cause de l’ampleur de ce qu’il remet en question, tant en termes de dogmes que de prérogatives. C’est là notre seule limite actuelle.

Il nous revient donc de repenser l’humain à l’aune de la puissance des machines dont nous disposons désormais.  Car l’on ne passera pas dans ce nouveau monde sans une refonte totale de notre vieille culture managériale et organisationnelle, issue des industries du passé. C’est toute la finalité de nos productions qui est à reconsidérer. Aujourd’hui il ne faut plus produire des biens mais produire du sens.

La force d’inertie du passé masque encore les contours de ce nouveau monde qui est déjà en place.  Pour autant ce monde nouveau est déjà là. La puissance cognitive de partage total et instantané développée par le Web attend encore la pensée qui fera d’elle un outil véritable tourné vers l’avenir. Pour cela il nous faudra faire exploser le cadre mental imposé par l’idéologie du compte à rebours et de la limitation globalitaire. Tel est le pas qu’il nous reste, collectivement, à franchir.

 

 

 

 

Gérard Larnac

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11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 13:27

 

 

 

Rien n'existe. Tout est contexte vivant.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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10 novembre 2012 6 10 /11 /novembre /2012 11:55

 

 

 

comme ces plaques de métal fin qu'on tort dans les coulisses pour faire un bruit d'orage

nous croyons être là - un rien, décidément, nous abuse

 

nous poursuivons des monstres sous un ciel d'abattoir

du cirque pas d'amour

carcasses mâchoires féroces

plus de violence créatrice

à la place la pure brutalité

 

vénérables gâteux se donnant l'acolade

tandis que leurs peuples joyeusement s'entretuent

l'abondance

la pénurie

le marché, comme ils disent

le point à partir duquel toute pensée se tait

 

c'est un désespoir bien grand de n'être pas compris

mais c'en serait un plus insupportable encore

de se contraindre au silence

tout ce qui vit en moi a été insulté

mais un souffle demeure

- la joie secrète, secrètement subversive 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 13:17

 

 

 

Rendre la phrase inhabitable

pour lui ôter toute vertu consolatrice

 

 

 

 

 

 

(Copyright Gérard Larnac - Novembre 2012)

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28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 10:35

 

 

 

 

écrivons-nous là les derniers vers de la toute dernière poésie dans le fracas bouillie d'os fausses nouvelles la pire humanité possible a volé les commandes au nom des droits de l'Homme à se faire enculer par le premier salaud qui passe sommes-nous vraiment les derniers des poètes acharnés oubliés étrangement vivants dans les remugles de joies anciennes graffitis à mystère formules propitiatoires paroles talismaniques nos magies ne fonctionnent plus depuis qu'elles ont été repérées par les types de la pub le mot qui vend le dernier aspirateur vaut tellement plus que le mot hors commerce sommes-nous les derniers vraiment nos murmures imprègnent les messageries vocales au long des longues nuits décomposées comme cadavre retrouvé sur son lit vautré éventré dépecé des mois après la vie dans la puanteur immense du définitif faut être sacrément dans la merde aujourd'hui pour lire un poème alors même ceux qui nous lisent ils nous détestent un peu plus d'ombre métaphysique au fond de la ruelle partout cette même lumière de supermarché avec dans les oreilles nos musiques sacrées juste pour l'ambiance les écrans de contrôle ont capté nos tristesses nos rêves sont géolocalisés il pleut sur nos battements de cils pourtant on se souvient que parfois le hasard tombe juste. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(Copyright Gérard Larnac - octobre 2012)

 

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21 octobre 2012 7 21 /10 /octobre /2012 11:21

 

 

 

 

ordure dieu rognure aux illusions sacrales stupide transbordeur d'âmes cendre d'innocence terrestre charogne sacramentelle cinoche mental débris vieux monde mauvaise haleine le pape a vendu ses juifs à auschwitz et allah ses martyrs pacotilles au commerce mondial mais qu'un homme qu'un seul d'où qu'il vienne se penche vers le sol réanimant l'élan furieux des choses neuves nous sommes de la terre et cette terre est sacrée à nos poings de pirates nos rites sont innombrables et nos ferveurs intactes à l'écart des églises de leurs bataillons épileptiques des fatwa des fatras d'interdits de contrôles nous qui savons par où toute chose est sacrée nous qui vivons sans dieu notre impeccable foi

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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