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23 avril 2013 2 23 /04 /avril /2013 07:32

 

 

Je cherche les nervures, l'éclat de l'initial. Le reste : poubelle ! Je ne lis presque plus de romans. Essais et poésies. Voilà ma diététique. Avec un peu de vin.

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16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 13:20

 

 

 

Est-ce que ce sera le Qatar ou bien une multinationale spécialisée dans la vente d'armes ? Un jour ou l'autre le concept de liberté sera déposé, breveté, privatisé, pour que personne ne puisse plus en parler.

 

 

 

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13 avril 2013 6 13 /04 /avril /2013 10:00

 

 

 

Maintenant qu'ils ne sont plus que des noms sur des tombes, je peux le dire : j'ai eu trois oncles.

 

L'un d'entre eux était plus exactement le mari de ma tante ; mais il n'avait pas son pareil pour vous donner le sentiment qu'il avait toujours été là.

 

J'ai eu trois oncles, qui eurent auprès de moi la force des légendes.

 

Le premier m'a confié la clef des bibliothèques sauvages et des bois obscurs.

 

Le deuxième celle du grand rire et de l'attention.

 

Le troisième enfin la clef immense de la patience bienveillante et de la simplicité du juste.

 

 

 

 

 

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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 09:52

 

 

 

Le marché culturel est celui qui donne accès à tous les autres marchés, parce qu'il est propice à une ambiance, un climat d'idées, d'esthétiques, de désirs. Au formatage. C'est pourquoi media, musique, cinéma, littérature seront avant tout compatibles avec l'amour du marketing et des marchés, qu'il s'agisse de fringue, de yaourt ou de politique.

Culturellement, intellectuellement, on ne laisse passer que ce qui sert objectivement au maintien de la servitude volontaire.

 

En tant qu'artistes, nous ne sommes pas tenus de jouer la part attendue.

 

Silencieux, nous travaillons à l'inespéré.

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26 mars 2013 2 26 /03 /mars /2013 15:20

 

 

1.

 

froid soleil rouge

 

montagne nue

 

parfums tranquilles

 

 

 

2.

 

fleuves insoucieux du fracas des marées

 

flots de regrets aux pommes sures

 

poème comme noyé descend

 

au rythme rutilant du soleil qui se couche

 

les trombes les horreurs

 

antiques

 

illuminées

 

l'éveil heurté des songes

 

aux pôles clabaudeurs

 

cieux fumant mer tremblée

 

l'appel trompeur des pontons et des rives

 

tout un monde baigné

 

flottant comme le vent

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26 mars 2013 2 26 /03 /mars /2013 10:33

 

 

 

- S'adapter, vite ! clame le nanti.


- Vite, pour ne rien voir, n'être conscient de rien ? s'étonne le peuple.
Et s'adapter, oui, mais à quoi ?

 

 

 

 

 


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9 mars 2013 6 09 /03 /mars /2013 12:22

 

Par les mêmes caravanes, les mêmes caravelles, arrivaient autrefois les marchandises avec les dieux, les arts avec les étoffes, les monnaies avec les idées, les épices avec les langues, les savoirs avec les saveurs. Le commerce était lien, échange, mélange - créolisation des cultures et des procédés, joie, fébrilité devant l'inattendu, araisonnement du lointain par le proche, rencontre des hommes.

 

Avec la banque globale, le commerce global, la banque n'échange plus qu'avec la banque, le commerce avec le commerce. Plus de culture échangée. Plus de culture du tout. On n'échangera plus ses savoirs et ses devenirs. Seul le ressassement de modes de vie devenus similaires.

 

Nos échanges échappent à la vie : on ne vivra plus.

 

On acceptera dès lors plus volontier, comme une fatalité, de se voir remplacer par des machines, parce que nous serons devenus nous-mêmes des machines.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 16:05

 

 

 

Nous savons désormais que le FMI peut laisser à ceux qui le dirigent plus de temps pour leur économie libidinale que pour l’économie mondiale. Nous voici rassurés sur les extraordinaires capacités cérébrales de ces êtres hors du commun qui peuvent donc  s’acquitter de leur tâche comme en passant, avec en tête bien d’autres préoccupations.  Pour l’une des instances qui étrangle actuellement l’économie de la planète sous l’austérité, reprolétarise des pans entiers de populations et affame les pays pauvres, on se dit que moins de légèreté serait quand même bienvenue. Mais bon, ainsi va le monde.

On avait presque fini par accepter comme une fatalité l’écroulement de la Grèce, la paupérisation programmée de l’Espagne et de l’Italie et les menaces outrées  des agences de notation quand une nouvelle, à peine murmurée par les média, est parvenue jusqu’à nos oreilles : dans un très officiel rapport interne, le FMI a reconnu en février dernier  s’être carrément planté dans l’équation mathématique concernant la politique de rigueur et la croissance. En gros, et contrairement aux prédictions, un euro d’économisé par le plan d’austérité retire trois euros à l’économie réelle. Le FMI découvre, ou feint de découvrir, ce qu’il a mis lui-même en place et que dénoncent  sans relâche les peuples qui en sont les premières  victimes : une formidable spirale récessionniste. Une magistrale essoreuse économique.

Nul besoin d’être grand clerc pour savoir que l’austérité nourrit l’austérité, détruit le pacte sociétal et retarde la reprise. Mais il a quand même fallu l’aveu de l’économiste en chef  Olivier Blanchard dans son rapport de quarante pages pour s’apercevoir de l’absurdité généralisée de l’ensemble de nos systèmes de prévision.  Rappelons que les produits subprimes bénéficiaient d’un triple A avant leur effondrement définitif…

La Tribune, dans son édition du 12 février dernier, publiait un article intitulé «La stupidité comme mode de management ». Une étude scientifique vient en effet de démontrer que dans le domaine de la finance, le panurgisme, la fourberie et la pure irrationalité entraînent naturellement les structures vers ce que les chercheurs ont appelé une « stupidité fonctionnelle». Rien à voir avec le QI : mais quand le réflexe tient lieu de réflexion et le gain à la nanoseconde d’analyse de fond, les courts circuits mis en place bloquent tout recours à la raison humaine. L’esprit ne domine plus. Il n’est plus que le supplétif d’un système devenu de fait totalement  hors contrôle.

Erreur ou pas, le FMI n’a pourtant pas dévié du cap de l’austérité. Pourquoi une telle obstination ? Pour les mêmes raisons qui ont vu Bruxelles purement et simplement enterrer le référendum des Français qui manifestaient démocratiquement leur opposition à la Constitution européenne, ou autorisé il y a peu la Commission européenne à revenir sur l’interdiction des farines animales malgré le scandale de la vache folle.

« Le savoir est bien plus faible que la nécessité », disait Eschyle. Il faut donc, pour empêcher  tout savoir de se déployer, lui opposer un cadre supposé nécessaire. Un « C’est comme ça et pas autrement ». C’est la théorie du TINA anglo-saxon : « There Is No Alternative », dont l’actuel avatar se nomme austérité. Le savoir confronté à la pure et irréductible nécessité ne peux plus se penser comme alternative ni comme innovation mais comme accompagnement. Dès lors ce n’est plus un savoir, c’est une pure idéologie.

Ni les erreurs de calcul, ni la volonté des populations, ni même les scandales mettant en péril la santé publique ne sont réellement pris en compte. C’est qu’il n’est plus question de savoir ce qui est bon pour le citoyen. Nourrie par les deux crises précédentes, crise de la dette privée puis crise de la dette souveraine, une troisième crise s’annonce fortement, politique celle-là : celle de l’ingouvernabilité des Etats. Dans un contexte où a été réintroduite la haine entre les peuples, selon le cliché d’un  Nord fourmi qui ne veut  pas payer pour les cigales du Sud et d’un Sud qui récuse cette image infamante avec la dernière énergie, ce blocage remet en cause tous nos modèles. Va-t-on vers la  balkanisation d’une Communauté européenne livrée au populisme le plus réactionnaire ? Il peut en coûter en effet  très cher de n’avoir pas retenu la principale leçon de la crise : ce n’est pas l’erreur qui est grave, c’est la persistance dans l’erreur.

 



Gérard Larnac.


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2 mars 2013 6 02 /03 /mars /2013 10:07

 

 

 

 

Planquer Beckett

 

non plus cette question je ne me la poserai plus. Avancer. Tâtonner. Comme sans dire. Ecrire s’il le faut, mais comme après le tout dernier point final. Comme depuis un dehors de la langue. Comme sans dire.

dans l’innommable, cheminer. Depuis l’impossibilité du monde. L’impossibilité du moi. J’en ai fini avec les langues désespérantes. Tout ce bruit me fatigue. Qu’un personnage fictif se lève, commence à jouer les raisonneurs, je l’abats, je te jure, d’une balle entre les deux yeux.

alors quoi, attendre. Qu’il y ait, je ne sais ; cette sorte de commencement. Peinture d’aube retenue. Comme ces couleurs que le peintre utilise pour ralentir la sensation. La retenir. La contenir comme un sperme pré-jaillissant. L’événement lourd rumine en lui-même. Il y a dans l’événement comme un sommeil de brute. N’était cet improviste, qui nous sauve.

quand nous aurons trouvé le moyen de communiquer avec les mondes parallèles comment, avec quelle lenteur, nous y incarnerons-nous. Arriverons-nous sans habits au milieu de foules indifférentes. Comment y prendrons-nous corps. Où s’égareront nos pensées. Comment y prendrons-nous langue. Apparition. Transparition. Le tout premier mot que nous effacerons de nos mémoires sera « ici ». Le tout premier mot que nous effacerons de nos mémoires sera « maintenant ». Ni ici ni maintenant : juste cette sensation crue qui fait comme un visage, quand il commence à pleurer, qu’on feint de ne rien voir.

ce que c’est qui peut le dire. Nous ne le dirons pas. A la nuit lasse des lampes, juste à se demander si c’est aussi le fin, ou si la fin existe. Il y a de l’intraduisible. « Nos désirs font désordre » dit le slogan. Mot après mot déboîter le sens. La formule nue. A la fin rien. Rien : sans cesse commence.

le monde n’arrive qu’une fois à une infinité de moi. Comme à pieds on s’acquitte de la dernière marche sur la dernière route. Ces mêmes distances que le froid parcourt. Qui va là dans le proche lointain. Qui va là que rien ne désigne. Ou qui, une fois désigné, s’éteindrait. Disparaît sous l’étreinte.

il arrive la nuit que l’on reconnaisse la montagne aux étoiles manquantes.

 

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1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 08:23

 

 

 

En embrassant cette petite dame de 90 printemps, grande résistante et amie de Stéphane Hessel, j'ai pensé ce jour-là : "Allez, à nous de jouer maintenant. Tâchons d'être à la hauteur".

 

 

 

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