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14 septembre 2011 3 14 /09 /septembre /2011 15:43

 

 

On n'est jamais vraiment un écrivain. Sûrement pas lorsque l'on attend, un peu fébrile quand même, le lecteur potentiel à sa table de dédicace. Sûrement pas lorsqu'on répond, l'air de ne pas y toucher, aux questions flatteuses et sans risque de l'interviewer. Encore moins lorsqu'on mate, en douce, à la vitrine des librairies, pour voir si "on y est". Ou qu'on vérifie où est "sa" pile. Tout ceci, décidément, n'a que fort peu à voir avec l'art d'écrire. C'est le circus désespérant du pauvre petit homme en quête d'amour et rien de plus. Une psychopathologie de l'ordinaire.

 

Par contre il y a ce sentiment, franchement euphorique, du travail en cours. Lorsque la page est écrite, qu'elle résiste et nous assure que l'on a apporté, un peu, une nouvelle réalité dans la réalité. Un truc qui n'était pas là avant. Qui vous a transporté loin, hors de vos bases. Là, le manuscrit encore jamais lu par un autre que vous-même, on est franchement à son affaire. Accepté, pas accepté, reconnu, pas reconnu, qu'importe. La noria a avancé d'un cran.

 

Et cela vous est ivresse. De celles qui rachètent toutes les gueules de bois.

 

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Published by Gérard - dans Chemin faisant
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