Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
2 mars 2013 6 02 /03 /mars /2013 10:07

 

 

 

 

Planquer Beckett

 

non plus cette question je ne me la poserai plus. Avancer. Tâtonner. Comme sans dire. Ecrire s’il le faut, mais comme après le tout dernier point final. Comme depuis un dehors de la langue. Comme sans dire.

dans l’innommable, cheminer. Depuis l’impossibilité du monde. L’impossibilité du moi. J’en ai fini avec les langues désespérantes. Tout ce bruit me fatigue. Qu’un personnage fictif se lève, commence à jouer les raisonneurs, je l’abats, je te jure, d’une balle entre les deux yeux.

alors quoi, attendre. Qu’il y ait, je ne sais ; cette sorte de commencement. Peinture d’aube retenue. Comme ces couleurs que le peintre utilise pour ralentir la sensation. La retenir. La contenir comme un sperme pré-jaillissant. L’événement lourd rumine en lui-même. Il y a dans l’événement comme un sommeil de brute. N’était cet improviste, qui nous sauve.

quand nous aurons trouvé le moyen de communiquer avec les mondes parallèles comment, avec quelle lenteur, nous y incarnerons-nous. Arriverons-nous sans habits au milieu de foules indifférentes. Comment y prendrons-nous corps. Où s’égareront nos pensées. Comment y prendrons-nous langue. Apparition. Transparition. Le tout premier mot que nous effacerons de nos mémoires sera « ici ». Le tout premier mot que nous effacerons de nos mémoires sera « maintenant ». Ni ici ni maintenant : juste cette sensation crue qui fait comme un visage, quand il commence à pleurer, qu’on feint de ne rien voir.

ce que c’est qui peut le dire. Nous ne le dirons pas. A la nuit lasse des lampes, juste à se demander si c’est aussi le fin, ou si la fin existe. Il y a de l’intraduisible. « Nos désirs font désordre » dit le slogan. Mot après mot déboîter le sens. La formule nue. A la fin rien. Rien : sans cesse commence.

le monde n’arrive qu’une fois à une infinité de moi. Comme à pieds on s’acquitte de la dernière marche sur la dernière route. Ces mêmes distances que le froid parcourt. Qui va là dans le proche lointain. Qui va là que rien ne désigne. Ou qui, une fois désigné, s’éteindrait. Disparaît sous l’étreinte.

il arrive la nuit que l’on reconnaisse la montagne aux étoiles manquantes.

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Gérard - dans In extenso
commenter cet article

commentaires