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1 décembre 2010 3 01 /12 /décembre /2010 07:18

 

 

 

Hier soir Yves Bonnefoy à la Maison de l’Amérique Latine, boulevard Saint-Germain. Solitude du vieux poète sous les éloges. Yeux sombres fixés sur les lustres, comme dans l’attente que l’une ou l’autre de ces paroles en vienne à faire exploser le cristal. Yves Bonnefoy dans le passage de cette poésie vers sa signification impossible, « le malentendu du sens » dit-il, cette tension du mot qui se tient au-delà du sens et du non-sens. La main contre le front entre les cheveux blancs. La voix lorsqu’elle lit, gonflée tout à coup, scandée mystérieusement pour laisser  entendre ce blanc, ce blanc sans lequel la poésie n’existerait pas. L’errance éveillée dans l’arrière-pays.    

 

 

(Copyright Gérard Larnac - 2010)

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Published by Gérard - dans Carnet d'esquisses
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Michael 06/04/2012 17:04


"Le son est une matière, comme toutes les matières il a ses sculpteurs" Yves Jaigu
Et le texte écrit ? même chose je crois.
Belle citation d'Yves Bonnefoy : "La poésie ne peut plus se permettre d’être naïve, il faut qu’elle se protège de l’...envahissement du conceptuel par une conscience de soi on ne peut plus avertie, et pour ce faire il lui faut revisiter et analyser sa propre histoire, il lui faut donc du
savoir, de la philologie, seuls moyens de ne pas se retrouver à glisser à la surface des œuvres qui nous importent."

Oui difficile pour la poésie d'être à l'abri de ce glissement, difficile d'avoir cette conscience de soi on ne peut plus avertie :

Citation de Louis Latourre : "Qui forment le poème, – ce sont bien moins les mots, qu'une mise en harmonie (dissonances incluses) des signes qui les portent ; qu'une mise en résonance des sons
qui les composent. Qu'une redistribution (on espère inspirée), de graphèmes et de phonèmes choisis pour leurs aspérités, leurs appuis ou leurs points d'ancrage possibles. Par quoi le
corps-à-corps littéraire et physique concrètement se vive ; et crée le relief – dynamique, rythmique, visuel et sonore – de tout le texte écrit.

S'échappant de la feuille, sortant de l'écran plat, ce matériau graphique, cette matière pré-verbale consciemment exploitée, d'un discours puisé aux sources de son image et de son bruit, peuvent
donner à quelque poésie de nouvelles façons et de nouvelles raisons d'être (celles d'être, notamment, autrement proférée).

Concentration ouverte... Effort de résistance à l'attraction verbale, à ses automatismes, forgé aux profondeurs cachées de tout langage... « Contraction excentrique » – telle des muscles profonds
qui bien que peu visibles, compensent constamment l'attraction terrestre et assurent la prestance, la stature déliée, mobile, et le bel extérieur. Par rééquilibrage intello-sensoriel, une poésie
s'empêche de tomber dans les mots.

Voilà remises en cause les normes lexicales, les routines syntaxiques... Et secoués les rites inconscients du dicours intérieur constamment proféré et subi.

Ce cri, ces contorsions de l'être ébloui d'être...

Ce couloir vers le jour – dont certains choisissent de tailler la forme et la matière, – ne leur en voulons pas, ne leur disputons pas le corps de l'entreprise. Il se peut qu'ils en fassent une
chambre d'écho, un lieu de résonance ou dissonance heureuse... Le bénéfice du doute serait... poésie."

http://www.youtube.com/watch?v=DxCMi2pM6SQ