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27 février 2010 6 27 /02 /février /2010 10:52

Finir le livre. Aller au bout de son écriture, vaille que vaille. Disposer les indices tout autour de soi. Cuisine transformée en atelier chaos pour faire bouillir mes chaudrons. Dans la pièce à côté piles de livres à même le sol, carnets, feuilles volantes. Sortir quelques bonnes bouteilles et tout ce qu'il faut pour fumer à son aise. Soutenir les élans de l'esprit. Allumer le vieux portable qui souffle comme un phoque et dont le caractère acariatre se manifeste à mon égard à chaque fois qu'il efface d'autorité tout le paragraphe que je viens d'écrire ou qu'il expédie un mot quatre ou cinq lignes plus haut dans le texte. Sûr qu'il a dû être conçu par un informaticien surréaliste ; ça peut convenir, juste rester sur ses gardes. Solitude toujours un peu soudaine, un peu alarmante au début. Et puis qu'on se met à habiter comme une hutte au fond des bois. Pluie et vent toute la semaine à ma fenêtre - mais ce matin, clair soleil sur ma page. On n'écrit peut-être pas pour autre chose que cela : ce matin clair sur la page.

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Published by Gérard - dans Traduire le vent
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commentaires

Laurent 27/02/2010 13:28


Et n'oubliez surtout pas de laisser du blanc.


Gérard 27/02/2010 11:06


Note de bas de page : il faudrait écrire tout un livre en hommage aux cuisines, où j'ai toujours beaucoup écrit. La table m'y semble à bonne hauteur, l'éclairage adéquat, l'ambiance vouée à la
transformation de la matière en saveurs absolument parfaite. "Le Voyageur" a été en partie écrit dans une cuisine au-dessus d'un restaurant vietnamien, à Arcueil.