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26 août 2011 5 26 /08 /août /2011 14:05

 

Avec son Rolling Stones, son Dylan et son Led Zep, François Bon a incontestablement ouvert les vannes. Désormais il n'est plus illégitime pour un écrivain de s'aventurer, comme l'avait déjà fait Don de Lillo dès 1976 avec Great Jones Street (Actes Sud, 2010) , dans les terroirs assourdissants de la planète rock. Patrick Eudeline et L'Aventure Punk (Denoël, 2004), Michele Mari et son Pink Floyd en rouge (Seuil, 2011). Et même Lydie Salvayre sur Hendrix, avec Hymne (Seuil, à paraître).

 

Du docu-fiction, du roman-roman, de la biographie romancée, du panégyrique mythifié, de la bio compétente, de l'internet copié-collé, on a de tout. Mais une chose est certaine : la déflagration rock parcourt aujourd'hui les désirs et les nostalgies de la littérature, qui aborde sabre au clair ce nouveau motif avec délectation.

 

Au fond le rock constitue la dernière geste, avec ses (guitar) héros, ses panthéons, ses mythes et légendes. Mais c'est le statut même du travail biographique qui est aujourd'hui questionné par la littérature, ouvert par elle, par elle subverti. Les romans historiques déjà prenaient souvent des libertés avec la vérité. Là il s'agit d'autre chose : d'un processus de réappropriation d'un temps pas si lointain, d'une trame mythique intriquée dans la trame de nos propres existences de contemporains. 

 

"Parlant de Dylan nous ne savons jamais où finissent ses mots et où commencent les nôtres", disait l'un de ses meilleurs biographes, Robert Shelton. C'est dans ce mystère, cette frange indécidable que se noue désormais une écriture nouvelle.

 

 

 

 

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Published by Gérard - dans Chemin faisant
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