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12 juillet 2011 2 12 /07 /juillet /2011 09:46

 

 

Pour sortir de la crise, que disent nos experts ? Ecoutons par exemple Laurent Faibis, Président du Xerfi, leader des études économiques :  « A gauche comme à droite, des économistes ont compris que nous avons besoin d’une thérapie de choc pour stimuler la croissance par l’offre. Ce n’est pas simple, et cela exige un vrai courage politique. Un choc de l’offre nécessite une véritable stratégie : Il faut alléger d’urgence tous les obstacles sociaux, fiscaux, administratifs, financiers qui découragent la croissance des entreprises à forte valeur ajoutée. Les seuils sociaux ne doivent plus être une frontière au développement ».

 

Voilà pour la doxa qu'il faudrait tenir pour unique expression du "bon sens".

 

Insensiblement, de crise en crise, l'Europe est transformée sous nos yeux en une espèce de Tiers-Monde criblé de dettes. Un discours à ce point intégré que le projet de l'opposition socialiste pour les élections présidentielles a pour titre : "Comment réduire les déficits", et non "Comment redonner un grand dessein à la France". On a décidément les alternatives qu'on mérite...

 

Alors, la dette ? Dans sa caricature même (il y a une bonne dette, les dépenses en faveur de l'éducation par exemple, qu'on appelle alors investissement, et la mauvaise dette), le concept de dette n'est là que pour maintenir une chappe de plomb sur des énergies populaires toujours promptes au changement (vive la Tunisie révolutionnaire !).

 

Car aucun pays ne peut conjuguer à la fois une austérité prolongée, une privation d'emploi et la dillution progressive de tous ses services sociaux. C'est pourtant ce qui est demandé à la Grèce, puis au Portugal, à l'Espagne, maintenant à l'Italie... et demain à la France. Cette rigueur est intenable. Doit être dénoncée comme telle. C'est là le point géométral de toute pensée économique. Partir d'ailleurs ne constitue pas une erreur : c'est un crime contre l'humanité.

 

30 ans de crise ce n'est pas une crise, c'est un système. De quoi parlait-on naguère à propos du Tiers-Monde, pour rétablir la justice ? De l'effacement de la dette. Il faudra bien envisager pareille mesure si l'on veut reprendre notre destin en main.

 

Bien entendu cela ne fera pas plaisir aux auto-proclamés "économistes sérieux", ceux de l'Ecole de Chicago, ceux du "consensus de Washington" (1989) qui ont massivement infiltrés les instances de régulations internationales, banque Mondiale, FMI... Eux qui ont expérimenté leurs thèses néolibérales radicales sous Pinochet, puis en Amérique du sud, avant de confisquer à Mandela les fruits de ses combats légitimes en Afrique du sud... Eux qui savent que seule la brutalité économique permet de créer les bulles spéculatives où s'érigent en un éclair la fortune des oligarques.

 

Seul un marché devenu frénétique permet la prédation au vu et au su de tous, avec son cortège de spoliations, de servitude, de paupérisation. Et parce que l'avidité est sans fin cette prédation est sans fin.

 

Alors, la dette ?...

 

C'est le leurre qu'on agite pour reprendre aux peuples leur maturité politique. Nous ne laisserons pas faire. J'entends que ce combat soit mené.

 

 

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Published by Gérard - dans Chemin faisant
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