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21 mai 2009 4 21 /05 /mai /2009 09:51

Après la Shoah – raison instrumentale et barbarie (Ellipses, 1997)

 

Après lecture d’un petit texte que j’avais publié dans Le Monde, José Santuret (à qui j'avais envoyé l'article développé pour le séminaire d'Alain Brossat)  me permit d’intégrer la nouvelle collection universitaire Polis, chez Ellipses, dirigée par Eric Zernik et Serge Le Diraison. Les ouvrages de la série étaient annoncés comme éclairant “les voies de l’espace public où se joue le sens éthique et politique de notre existence”. Leur objet :  “participer à l’élaboration d’une culture citoyenne associant une information précise et accessible à une réflexion engagée qui ne répugne ni à la prise de parti ni à la polémique”. En quoi la raison hiérarchique, l’organisation des ingénieurs et la productivité de l’usine, bref la pensée techniciste, sont productrices de soumission aveugle. Ce travail fait aujourd’hui partie de certaines bibliographies conseillées en faculté, en France comme à Laval au Québec ou à Berkeley à San Francisco. Il a été cité dans un Colloque international de Philosophie à Budapest, repris par Radio-Canada. Alain Brossat en a cité un passage dans son ouvrage : “ La Paix barbare” (L’Harmattan). C’est ainsi qu’après avoir surtout publié des nouvelles et des récits de voyages, notamment à la N.R.F époque Jacques Réda, je me retrouvais à écrire des essais. Ce fut mon premier livre.

 


La Tentation des dehors – petit traité d’ontologie nomade (Ellipses, 1999)

 

A l’aporie technicienne opposer le vent des grands dehors. Ce livre, paru deux ans après dans cette même collection Polis, compose le second moment du dyptique. L'ensemble : un itinéraire. A l’ébranlement initial de la conscience une suite quand même. Un “après”, mot terrible – mais qu’il fallait pouvoir articuler cependant. “Après le deuil de la Raison triomphante, peut-être le temps est-il venu de prendre le parti de la vague et du vent”. L’ouvrage dessine une cartographie intellectuelle et littéraire, pour envisager un dépassement possible. Convoquant Chateaubriand et Whitman, les explorateurs de génie à la Humboldt, à la Bonpland, les poètes Beats, Kerouac et Snyder, mon vieux copain Kenneth White et nos rencontres joviales, les Etonnants Voyageurs, etc. , le livre se conclu sur un récit au coeur de la forêt pluviale, sur l’île de Vancouver, à la rencontre de l’Ours. Récit qui s’achève lui-même sur un faux chant indien, composé de toute pièce. Cet emboîtement peu orthodoxe me plaît : l’essai qui devient récit qui devient chant premier, poésie. Il dit bien la voie où cheminent mes pensées dérivantes. Pour ce que j’en sais ce petit traité fait partie d’un certain nombre de bibliographies universitaires (Littérature, mais aussi géographie, notamment pour son chapitre sur les Songlines aborigènes). Première rencontre avec des lecteurs passionnés. Pas “des”, d’ailleurs : un.  

  Une critique de l'ouvrage à lire sur
 

  http://lescarnetsdeucharis.hautetfort.com/gerard-larnac/



La Police de la Pensée (L’Harmattan, 2001)

 

Comment notre “Changer la Vie” mittérrandien bien hexagonal (et resté sagement programmatique) s’acheva-t-il dans les années Reagan, l’émergence absolue du pouvoir financier et la révolution conservatrice ? Quel rôle y jouèrent les média ? Et comment le journalisme, globalement complaisant à l’égard des Princes, nous impose-t-il une rythmique qui n’est pas la nôtre, réduit le champ du pensable, efface plus qu’il n’exprime ? Un petit brûlot citoyen sur mon propre métier de journaliste. N’ayant pas réussi à le transformer en grand, ce métier, je me contente de l’exercer sagement, dans mon petit coin, à ma façon. On ne connaissait pas encore la technique du “story telling” (la fonction “Plus Belle la Vie” de l’information, transformée en feuilleton People), il faudra que je rajoute un chapitre! Au-delà de la dénonciation aujourd’hui admise par tous c’est surtout l’occasion de montrer comment est soustraite à l’esprit critique la part qu’en démocratie véritable nous aurions à penser grandement. C’est de soumission dont il est question, au sens où Stanley Milgram l’entendait (vous savez, la fameuse expérience dans le film “I comme Icare”), ou Chomsky. Ce livre a été abondamment cité par un éditorialiste sénégalais pour étayer son virulent article anti-gouvernemental. Il me valut mon premier interview pour un livre, sur Radio Libertaire à Nantes. Par téléphone. A un moment mon interlocuteur changea. Le premier était parti en cours d’émission. Il avait rendez-vous chez le dentiste.

 


Chez L'Editeur :
http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=result&ntable=0&andor=OR&artiste=larnac&motExact=0&orderby=titre&ordermode=ASC


 

L’Eblouissement moderniste – mutations du regard à travers l’art contemporain (CLM, 2004)

 

Comment l’art moderne, en décalant les enjeux de l’art, a renouvelé le regard ? Comment le tableau s’est-il effacé, nous laissant devant la peinture, le geste brut de l’artiste ? Issu de chroniques, ce petit livre n’est pas une Histoire de l’Art, mais une histoire de regards. “L’art implique le réel dans les mille variations de ce vide architectonique où il ne paraît que pour mieux s’ouvrir au pressentiment de sa perte. Du moins a-t-il, pour un temps compté, fondé un monde habitable en conscience”. A travers ces mutations du regard, suivre l’émergence de la modernité, puis de l’hypermodernité. Car les temps que nous traversons, ni progrès ni dépassement, ne sont qu’un point de vue sur les choses.

 

Lire l'ouvrage dans son intégralité :
http://www.edition-optique.com/download/eblouissement_moderniste.pdf

 


Le Regard échangé – une histoire culturelle du visible ( Mare &  Martin, 2007)

 

En 2007 je faisais paraître un essai de 372 pages sur le thème du visible. “L’éblouissement moderniste”, revu et augmenté, devient une partie. Les autres ont pour titre : “L’invention du regard”; “Culture de l’image, politique des regards”; “Le regard échangé” (corps, visage, altérité); “La confiance perceptive”.  Le visible dessine une ligne d’entre-deux où viennent se frôler les plaques tectoniques de la pensée contemporaine : le monde et le corps, la nature et la culture, le vrai et le faux, l’objet et le sujet. Une philosophie de la perception. Toute une société se définit dans ses modes de gestion du visible. Après avoir reçu le livre, Gérard Simon, spécialiste auquel je fais plusieurs fois référence dans le texte, m’adressa ce mot : “J’ai pu lire votre livre à loisir, et me mettre enfin quelque chose de consistant sous la dent, ce qui n’est pas si fréquent”. L’ouvrage comporte une étude de la Dioptrique de Descartes à partir de sa parabole de l’aveugle au bâton. Sa thèse : nous ne percevons pas le monde depuis une visée purement phénoménologique, moins encore par solipsisme, mais par principe d’isomorphisme. L’ouvrage propose les linéaments théoriques pour un nouveau rapport au monde.

 


Chez l'Editeur :  

http://www.mareetmartin.com/mm/Fenetres/Catalogue.php



Le Voyageur français (Editions de l’Aube, 2009).   

 

Le roman comme émergence d’une écriture indépendante de l’auteur. Une langue inconnue y paraît. On la laisse venir. On la recueille. On  n’y est pour rien. C’est ce travail sur le grand impersonnel qui est au centre de ce premier roman. L’idée en germa il y a fort longtemps sur les berges pluvieuses du lac Ashi, à Hakone, au Japon. Le jeu de l’être et de l’apparence, fondamental dans la pensée japonaise. Mais aussi ce que James W.Heisig, dans un récent ouvrage paru au Cerf, appelle “Les philosophes du néant”. Le grand voyage du narrateur, c’est celui qui mène du nihilisme occidental au grand vide oriental. Sur fond de passion amoureuse à la fois glaciale et brûlante : Kaoru n’était pas aux côtés de son mari lorsque celui-ci, poète réputé, se suicida dans la Chambre de Thé. Aussi veut-elle remonter le temps, rejouer la scène, pour passer finalement avec lui. A cette fin elle séduit un voyageur français pour qu’il tienne le rôle. Empruntant les codes japonais, mais sans jamais s’y réduire, le récit est l’occasion de mettre en lumière le chiasme hypermoderne où les racines se mêlent, les origines se perdent, où les pensées dérivent pour construire cet univers baroque, syncrétique, scintillant, qui est le nôtre aujourd’hui. Où voix et points de vue flottent sans ordre à la surface des choses.


Découvrir l'extraordinaire catalogue des Editions de l'Aube (Gao XinJian, Jorge Luis Borges, Maïssa Bey, Amos Oz, Anna Moï, Naghib Mahfouz, A.Cheng, Jacques Derrida, Félix Guattari, Julia Kristeva, Vaclav Havel, Michel Wievorka, Jean-Luc Nancy, Cornelius Castoriadis, Benjamin Stora, Jean Viard, Pascal Dibie, Susan George, Daniel Cohn-Bendit ...) :
 http://www.aube.lu/web3/pages/1024/frameset.html

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Published by Gérard - dans Traduire le vent
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commentaires

YASET 27/05/2009 11:07

Je t'envoie plein de lecture sous peu. Après je te passerais un coup de téléfon. YASET

Bona 27/05/2009 10:19

Bonjour et merci Gérard pour tes mots. Grande envie de lire de ton nouveau livre dont je salue la sortie, et je lui souhaite bon vent sur des chemins inattendus, ici, là, par delà les océans.
Bonne journée!

Gérard 21/05/2009 11:04

Note de bas de page : qu'on me pardonne ce petit spot bien immodeste. Mais certains visiteurs ayant exprimé la demande de me voir présenter l'ensemble de mes bouquins parus, cette petite biblio commentée peut être utile.