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10 avril 2009 5 10 /04 /avril /2009 08:42

Sorti fin janvier dans l'indifférence générale, mon "premier" roman, "Le Voyageur français" suscite des échos contradictoires et j'en suis le premier ravi : l'ambiguïté étant pour moi la première vertu de l'art. Deux tendances : "c'est un livre à relire lentement" (j'ai mis 20 ans à l'écrire, après tout le lecteur peut bien mettre 20 ans à le lire !) ; "c'est un livre dont on ne trouve pas l'entrée". Normal : d'entrée, il n'y en a pas.  Mais il porte en lui, très visible, à la fois sa propre genèse et son "mode d'emploi". Son "acheminement". Simplement, c'est vrai, comme la peinture moderne, il s'intéresse plus à la pâte vibrante des mots, des pensées et des phrases, qu'au sacro-saint "point de vue" et au diktat du narratif. Il donne moins à lire une "histoire" qu'il ne donne à voir l'écriture dans son processus. Il est fait de temps. De présences. De présence au temps. Sa totalité, comme un hologramme, est contenue dans chacune de ses phrases. Le texte n'avance pas, il creuse - et creusant s'efface. Jusqu'à parvenir non pas à l'universel (quelle prétention ce serait là !) mais à l'impersonnel. A quelque chose du monde sans nous que nous parvenons pourtant à entrevoir.  C'est qu'il n'épargne guère son lecteur, il est vrai, puisque rôdent dans ces parages philosophie et poésie ; deux repoussoirs absolus, à ce qu'il paraît, qui vous éloigne aussi sec de la liste des "meilleures ventes". Sûr, on n'est pas seulement dans le divertissement, bien que pris au premier degré le récit soit celui d'une passion amoureuse à la japonaise. Bon, j'espère seulement que mes bêtises ne vont pas ruiner mon valeureux éditeur, à qui je souhaite bien du courage. En fait le premier geste d'amitié envers ce livre est venu d'une libraire, sous forme d'invitation à venir le présenter. Au fond cela vaut toutes les envolées savignesques de cette critique inepte qui, en France, ne parle sans lire que de ces livres qui lui renvoient un reflet avantageux et lui donne occasion de resserrer ses rangs. 



Critiques sur Web, avis de Lecteurs :

 

http://www.jacquelinepeker.com/blog/2009/05/02/des-livres-pas-comme-les-autres/

 

http://prix-orange-du-livre.event.orange.fr/livre/G%C3%A9rard-Larnac-Le-voyageur-fran%C3%A7ais-289.html

 

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Published by Gérard - dans Chemin faisant
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commentaires

jcm 07/05/2009 14:39

Je découvre votre blog. J'aime, faute d'avoir lu le livre, ce que vous dites ici le concernant : le plan impersonnel. On ne peut ni partir de lui ni y aboutir, seulement vaquer entre, le creuser de temps en temps, le temps d'une mince fente qui s'ouvre et donne à voir dans l'écartèlement des mots.

Gérard 10/04/2009 14:54

Note de bas de page : cette manie de juger, "c'est bien c'est pas bien", n'apporte au fond pas grand chose. Il faudrait en sortir. Un livre, c'est d'abord une intention ; puis dans un deuxième temps c'est l'adéquation entre le résultat perceptible et l'intention. A l'applaudimètre, le dernier salon du livre a plébiscité l'équipe de la série tv "Plus belle la vie", me semble-t-il...

sunny 10/04/2009 11:03

j'aime beaucoup ce blog !