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6 mars 2009 5 06 /03 /mars /2009 14:51

D'année en année le Salon du Livre de Paris (qui débute le 13 mars prochain) s'est réduit à une grande surface à l'usage de petits lecteurs de feuilleton. Je me souviens de ma rencontre avec Jean Edern-Hallier, et tous les gens autours qui murmuraient : "Ouais, chouette, il est comme à la télé". C'est quoi, un écrivain, quand il est "comme à la télé"?

Même les émissions littéraires puent la grande surface : La "Grande" Librairie, ovni anti-artistique du si sympâthique Busnel aux si sympâtiques questions mongoloïdes (comme si écrire n'existait pas) : on y invite les diva "tête de gondole" comme à la pire période Pivot. Mais on ne peut lui en tenir rigueur : il n'est que le pur produit d'un processus à l'oeuvre depuis longtemps.  Le Centre national des Lettres s'appelle désormais Centre national des Livres. Ca fait belle lurette que nous sommes passés de la défense de l'Art à celle de l'industrie.

Le salon du Livre ? Il enrichit d'abord des vendeurs de mètres carrés. Un salon, c'est le bizness. Les auteurs ? Quand il ne s'appelle ni Anna Gavalda, ni Marc Lévy, ni François Bégaudeau... un écrivain n'a pas de fonction sociale, n'enrichit personne, et donc ne sert à rien. 

Ceci dit, pas un drame. C'est lorsque cela ne sert plus à rien d'écrire qu'advient le livre. Le vrai. Ni tête de gondole ni "grande librairie" ni Fnac de la Porte de Versailles. Juste une oeuvre qui vient.  

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Published by Gérard - dans Signes de piste
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commentaires

Gérard 07/03/2009 13:02

@Laurent : Vous avez tout à fait raison, les salons permettent encore de découvrir des fonds, notamment chez les petits éditeurs, qui sont quasi introuvables. A côté des chasseurs d'autographes il y a ces dénicheurs invétérés qui savent encore sursauter devant la beauté de l'inouï, de l'inattendu.
Pour le reste bien peu d'ambiguité me semble-t-il : dégager un champ pour pouvoir exercer cette liberté qui consiste pour moi à écrire, voilà tout. Moins de stratégie, plus de cohérence. Moins de coups, plus d'audace vraie. C'est tout ce que l'on peut souhaiter à ce petit monde !

Laurent 07/03/2009 00:02

Gérard... votre indignation fait plaisir à voir, même à ceux qui ne regardent pas plus la télévision qu'ils ne vont à ces salons et autres représentations dont le niveau de sincérité dépend de la gratification qu'il y a à ne pas l'être, sincère. Avec d'autres, qui ré-écrivent les idées du doute, sous des formes aussi variées que la philosophie, la poésie ou - bien plutôt - la simple appréhension vivante et sensible de la présence du monde, nous ne nous laissons pas berner.

Et pourtant... ? Vous participez aux mêmes effets d'annonce. La différence se situe bien dans la perception des choses et à ce sujet, combien votre conviction est admirable. Et quel pari faites-vous. Car avec vous, moi ignare, de formation scientifique (vous imaginez le chemin fortement balisé), j'ai découvert des petits éditeurs, des petits livres dont le plaisir de lecture dure bien plus longtemps que la diffusion du stock.

Mais combien de fois ai-je senti l'ambiguité de votre position vis-à-vis de la société du spectacle. Avez-vous donc à ce point l'envie de "messager", spectaculairement, pour accepter tous les vices que vous connaissez ?

Vous parliez dans votre précédent billet de cette tribue éloignée de l'occident, de ce territoire de différence vierge. "Savoir respecter cet écart tout en apprenant de lui". La flamme est là. Elle brille comme la naissance de l'animal, la chaleur du foyer, le temps où l'on respire. Mais plus que cela, par une aventure extraordinaire que peu conte, elle est entrée dans nos univers symboliques. Le respect d'un temps ancien nous attire parce que tout ces atavismes sont nécessaires à la simple mémoire, pour véritablement faire tout.

Quelle difficulté alors aux racines ? Saurons-nous identifier pour rejeter ce qui nous brule par manque de cette véritable raison ? Loin de tous les cartésianismes, de toutes les rationalités ?

Gérard 06/03/2009 15:15

Note de bas de page : Bon, ceci dit j'y serai peut-être sur le stand de mon éditeur (Aube) le soir de l'inauguration.