Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
30 janvier 2009 5 30 /01 /janvier /2009 12:12

Et si on arrêtait un peu avec toutes ces phrases qui commencent invariablement par : « La Littérature, c’est… ».  Soyons francs. Toutes ces définitions aussi péremptoires qu’appauvries ne visent en général qu'à prendre droit de propriété sur cette toute petite part de littérature dont on possède à peu près la maîtrise, qui sert nos intérêts particuliers, ou encore qu’un pur hasard a placé sur notre chemin. La Littérature, ce sont d’abord Les littératures : écrites, orales, venues de partout… Et non, justement, on ne sait pas ce que c’est.  On fait littérature de cela ; de ne pas savoir de quoi l’on parle. Alors on écrit le livre. Après, on n’en sait pas plus. Du moins a-t-on arpenté, un peu, la vieille route.  

Serait donc littéraire ce qui, a priori, échappe à toute tentative de classification, de définition. De mise aux normes (L’art est énorme !). Et si c’était dans la diversité qu’existait la littérature, précisément, dans l’archipel de son impossible totalisation, dans le compte impossible de sa somme jamais ronde ? Les écritures s’ajoutent les unes aux autres plus qu’elles ne se contredisent. Elles se créolisent parfois, mais ne s’opposent pas plus qu’une pierre ne contredit une autre pierre.

Lorsqu’elle est sincère, puissante, la langue n’a pas besoin de s’opposer pour se poser. Elle va son propre chemin, à la découverte de cette radicale singularité qui est la sienne, qu’elle ne postule pas et se contente d’expérimenter lorsque par bonheur il lui arrive de prendre forme.


Ce que c’est, la Littérature ? Cette liberté peut-être de tenir ouvert pareil questionnement.

Partager cet article

Repost 0
Published by Gérard - dans Signes de piste
commenter cet article

commentaires

Sonia 06/03/2009 15:22

J'aime bien : votre doute quant à la nécessité d'avoir à définir la littérature/votre sens d'une littérature polymorphe.

Martin Zygmunt 06/02/2009 19:38

Gérard: tout à fait d'accord avec ce que vous dites. Quoi qu'il arrive il y aura toujours moins d'œuvres de qualité à notre disposition que de lectures faciles. C'est sûrement normal vu qu'on ne peut pas demander non plus à tous les écrivains d'être des Albert Cohen. Et sûrement tant mieux pour tous les autres qui peuvent se dire écrivains tout en ayant une écriture légère.

frederique perez 04/02/2009 19:03

Puisque votre blog, Gérard, semble être pris comme nid par des coucous dont l'effet littéraire ne cache pas la grimace philosophique, je me permets d'envahir votre blog par cette petite histoire:
Un petit oiseau, à peine sorti de l'oeuf, sautille sur sa branche, se penche pour voir le monde, bascule, se casse l'aile dans le pré. Une vache pleine d'expérience, le prend en pitié, et afin qu'il y répare son membre blessé, le couvre de sa bouse. Lorsqu'enfin guéri, l'oisillon ressurgit, il sautille et claironne. Cui ! Cui ! Le renard passant par là l'entend, l'extirpe de la bouse, l'emmène dans un fourré et le mange.
Moralités :
C'est pas parce qu'on te fout dans la merde qu'on te veut du mal. C'est pas parce qu'on te sort de la merde qu'on te veut du bien. Et quand on est dans la merde, on chante pas. On ne chante pas...
A bientôt, Gérard, pour des sujets plus légers !

Salam 03/02/2009 00:10

Chers frères et soeurs,
chers ami(e)s,
chers concitoyens,
Que la Paix soit sur vous.
Cette paix, nous la chérissons tous,
nous la désirons tous.
En France et ailleurs,
nous goûtons à cette paix depuis 1962 environ.
Jamais depuis notre vie ici n'a été menacée de basculer à cause de la guerre,
mais nous avons vu
-et certains d'entre nous ont connu ailleurs-
le drame et l'horreur inévitable que contient toute guerre.

En ces heures graves,
nous recevons la peine immense
des victimes de l'interminable guerre israëlopalestinienne.
Juifs, chrétiens de tous bords, musulmans de tous bords et autres
souffrent de ce sang qui coule à flots depuis 60 ans.
L'hémoragie de la Palestine ne s'interrompt que rarement,
dans des conditions insoutenables,
pour durée condamnée à s'écourter
et s'achever irrémédiablement dans de nouveaux assauts désespérés.

A chaque assaut de l'Etat d'Israël,
grandit dangereusement la haine du peuple juif,
le peuple Israël.
Chaque attaque baptisée riposte déclenche un nouveau massacre
et une nouvelle vague de hargne et de colère,
dont patissent les juifs du monde entier,
s'obligeant à défendre encore un rêve déchu qui leur est cher,
et sans lequel leurs souffrances passées ne sembleraient avoir de sens:
le rêve du rappel en Terre Promise,
récupéré par des idéologues de la conquête maximale à tout prix,
les sionistes.
Hier encore, seuls les fascistes et les néonazi,
ainsi que d'autres sortes d'extrémistes aux conceptions racistes
dénonçaient le sionisme.
Tant nous voulions pardonner et comprendre
après la détresse endurée sous le reich allemand.

Aujourd'hui, les horreurs et les violations de droits fondamentaux perpétrés
ont hissé -dans les nombreux esprits excédés- le peuple juif,
à nouveau, en "ennemi des peuples opprimés",
à cause de cette politique du bulldozer.
Les partisans de la paix y sont pourtant nombreux!
Ils aspirent à la paix
tout autant que nous aspirons
à conserver la paix ici.

Quant aux palestiniens,
tant de larmes ont coulé depuis six décennies,
mêlées à tant de sang,
tant de vies ont été fauchées ou confisquées,
tant de familles ont disparu ou été réduites à la terreur
et aux mauvaises moeurs des armées d'occupation
que l'on s'étonne toujours de les voir se battre encore,
avec dignité plus souvent qu'avec rage.

Aujourd'hui qu'Ehud Olmert annonce une nouvelle "riposte disproportionnée"
aux ripostes gazéennes qui ont fait deux morts après la pluie de bombes
qui chez eux a fait -aux dires des israëliens-
au moins 600 morts,
Aux dires du Hamas,
plus de 1300.
Depuis 1948,
750 000 palestiniens ont été victimes de cette guerre sans fin.

Levons-nous courageusement pour la paix:
envoyons un signe de paix pour les israëliens,
par un signe d'amour pour les palestiniens...

...Portons tous, chaque fois que nous en avons le droit
le kéfié palestinien.

Par cet acte, accompli par des français de souche,
des immigrés, des touristes, des juifs,
des descendants de la migration,
par toutes les couches de la population,
en tailleur et costume autant qu'en jean basquet,
nous pouvons montrer que nous aimons la Palestine,
que nous aimons les palestiniens,
et que lorsque l'on nous voit vivre des peines ou des moments de joie,
des moments de colère ou des moments de honte,
nous aspirons à la paix pour tous les hommes,
à la dignité pour tous les hommes et toutes les femmes,
au droit à la vie pour tous les enfants du monde.

Faites ce geste simple: portez le kéfié
pour dire tout ceci sans avoir autre chose à faire
que sourire et vivre en paix.

Que la paix, la grâce et la miséricorde soient sur vous,
et qu'innondant de vous,
elle coule jusqu'au peuple de Palestine.
Amîne.

Gérard 02/02/2009 09:59

@Martin : Pour rebondir sur ce que vous dîtes il me semble qu'à une époque le Centre national des Livres s'appelait Centre nationale des Lettres, ce qui bien sûr évoque une tout autre idée. On le voit aujourd'hui avec la publication des "meilleures ventes" : le roman de gare pèse infiniment plus que les livres de littérature, et c'est tout naturel, il a une fonction "plus belle la vie", pur divertissement. Il en faut, mais l'art d'éditer des livres ne doit pas s'y réduire. (ce qu'il ne fait pas, par ex Fred Vargas chez Viviane Hamy permet la publication de textes éminemment plus ambitieux)