Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
28 décembre 2008 7 28 /12 /décembre /2008 23:29

Bon, ce roman qui sort, va sortir. Pourquoi ce retour aux histoires, toi qui n'y croyais plus ? Langue mécanique, psychologie névrotique, situation stéréotype... S'en fout du roman, un genre mort depuis lurette. Mais pourtant : des romans de rebord, qui mettent fin au roman. Voilà quelque chose. Et puis : cette langue qui soudainement échappe, parce qu'un personnage s'en empare, vous possède, et achève par lui même la réplique que vous vouliez lui donner, mais autrement, comme il l'exige de la nature qui lui est propre et qui ne vous appartient pas, sur laquelle vous n'avez aucun droit. Cet écart soudain. Cette parole étrangère. Vous n'êtes ici, auteur, que pour lui faire accueil. Alors oui un roman, pour aller au-devant de cette langue étrangère qui s'est écrite malgré moi. Pour prêter ma voix à ce tout autre. Ce n'est qu'après avoir pris conscience de cette vie autonome de l'écriture à travers les personnages que le projet de roman me parut encore contenir un peu de cette littérature dont je suis en quête. 

Partager cet article

Repost 0
Published by Gérard - dans Traduire le vent
commenter cet article

commentaires

frédérique perez 19/01/2009 10:08

Bonjour passeur de voix - ces histoires promises et achevées par l'autre, imaginaire conteur d'une vie achevée, je les connais aussi. Parfois il me traverse, et remplace ma voix. Alors le lendemain, je relis son message, c'est la terre qu'il écoute, et son chant malgré moi m'entraîne vers l'ailleurs, que je ne connais pas.