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6 octobre 2008 1 06 /10 /octobre /2008 17:52

Soleil revenu, début d’après-midi tranquille sur la baie de Tokyo face au Rainbow Bridge sur fond de gratte-ciel. Ici à Odaiba, au pied de l’immeuble de la télé qui ressemble à un mécano géant une dame passe avec une ombrelle tandis qu’une autre pêche, un groupe de collégiens s’est abattu sur les bancs comme une volée d’étourneaux et se sont installés pour pique-niquer, un club de lolita blondes permanentés passe en gloussant, demoiselles toutes excitées d’elles-mêmes, certaines arborent des bonnets de laine plantés de travers sur la tête, des t-shirts jaunes vifs, mini jupe et cuissardes, mais aussi des snowboots ou des bottes en caoutchouc – toute cette tension pour échapper à la banalité - mais au fond mes lapins à des degrés divers nous en sommes tous un peu là. Plus loin une bande paisible de petits papys peignant des aquarelles, ou dessinant au fusain. Des couples de jeunes gens. Tout un peuple essayant de passer un moment de sa vie à jouir de cette lumière.

Du côté de l’aéroport domestique d’Haneda on aperçoit les 747 qui décollent droit sur nous, puis spectaculaire virage vers le sud, en recherche maximum d’altitude, histoire d’éviter la zone habitée qui clignote de partout pour rester bien visible – un des décollages les plus verticaux de la planète, et sans doute l’une des positions les plus limites qu’un avion puisse tenir en plein ciel ! Il y a dans une telle envolée une beauté taoïste.

Devant moi des oiseaux noir pétrole se prélassent au son des vagues, immobiles sur leur rocher, tandis qu’à intervalle régulier passe un canard qui tient absolument à me montrer combien de temps il peut tenir sous l’eau – frimeur ! Des poissons volants jettent par moment leur trait argenté : « floc ».
A l’ancre entre les îles : sur la péniche aux lampions rouges le karaoké est enfin terminé. Soudain, profitant du silence, une voix venue d’on ne sait où traverse le paysage.

 

*

Ici au Japon je suis un « oversea ». Un type d’au-delà des mers.

 

*

Omotendo. Assis en terrasse, regardant le passage : toutes les excentricités de la mode, toutes les vanités du look, toutes les terreurs d’être soi – et pourtant je me perds dans la contemplation du boulevard comme devant mes espaces sacrés. Façon de dire, peut-être, à la Walt Whitman : « Je vous ai vu et aimé ».

 

*

Mon plus grand défaut quand je voyage ? Mon manque absolu de sens de l’orientation. Mon plus grand atout ? Mon manque absolu de sens de l’orientation.

 

*

J’adore ces plans dans Tokyo où tout est en japonais, excepté You Are Here.

 

*

Quelques bières Asahi sur Omotesando, tequila frappée à Roppongi, « Purple rain » en sono, nuit lumière samsara, quelques verres d’un excellent vin rouge dans un bar néo-zélandais, « Country Road » version remix et la fille d’à côté qui dans son dos porte en lettres d’or « Touch’s dangerous ».

 

 *

Lorsque j’ai commencé à voyager, mes lettres de recommandation, elles étaient paraphées Jack Kerouac de Lowell, Gary Snyder de la Shasta Bioregion, Kenneth White de Gwenved, certaines d’entre elles n’étaient pas signées du tout, elles disaient simplement : « Va ! »

 

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Published by Gérard - dans In extenso
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commentaires

jer 08/10/2008 15:12

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