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2 septembre 2008 2 02 /09 /septembre /2008 09:27

Proposition : Qu'est-ce qu'un "poème translaté"?

1. Prenez une phrase. Par exemple : "Longtemps je me suis couché de bonne heure".
2. Faites-la transiter dans cet incroyable mixer que constitue un traducteur en ligne : traduisez la successivement en anglais, espagnol, italien, hébreu, japonais, russe, etc.
3. Au terme de ce déplacement automate, retraduisez-en le produit en français.
4. Dégustez frais.

Ainsi la phrase : "Longtemps je me suis couché de bonne heure", au terme du voyage, est devenue ceci :
"Dans la longue durée du temps, je suis le premier mensonge".
Le premier poème translaté. Une écriture automatique moins la psychologie. Nous le dédions à André Breton et à Georges Perec.

Partout où il y a du jeu dans la langue il y a, automatiquement, poème. La poésie est un accident lexical qui ouvre sur des sens inattendus. L'imaginaire n'utilise pas le langage, c'est le langage qui utilise l'imaginaire pour nous faire voir autre chose.
  


 

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Published by Gérard - dans Chemin faisant
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Gérard 03/09/2008 20:51

Merci pour l'info. Muriel Leray utilise la belle expression de "poésie éventuelle" (et on aimerait que la poésie, la littérature, aient autant de liberté de mouvement que les arts plastiques !). Vous avez raison, générer du texte objectif ne suffit pas en soi. Cerner ce moment où une singularité est à l'oeuvre.

Jerome Guitton 03/09/2008 18:21

Je me permets de signaler l'approche de Muriel Leray, artiste plasticienne, qui a utilisé ce type de procédé pour générer du matériel et construire ses installations, en particulier pour son exposition galerie Michel Journiac, 2007 :

http://www.muriel-leray.info/articlejourniac.html

Je soutiendrais, comme elle, que la génération seule ne suffit pas ; pour qu'il y ait pensée, il faut, me semble-t-il, aller chercher "quelque chose" dans l'hétérogène, en exception de sa prolifération aveugle ; y sauver une "singularité", en quelque sorte.