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23 juin 2008 1 23 /06 /juin /2008 18:15

Quand la pluie tombe avec tant de justesse que l’on dirait un chant. Galerie souterraine des carrières troglodytiques de Vignemont, à Loches (Indre et Loire). Depuis les romains on extrait là la pierre de tuffeau, qui blanche étincelle aux façades du Val de Loire. Choc : devant la beauté plastique, mais plus encore par la poésie chamanique des « Songs sculptures » de Will Menter, musicien et plasticien : gouttes d'eau tombant sur des lames d'ardoises, bulles d'air jouant dans des bambous, vents dans des lames de merisier... Geste parfait des éléments entre eux.
Quand l’esprit s’accorde au temps, qu’il reste fidèle aux échos de la terre, à la fugace éternité des choses lorsqu’elles se font conscience, que la beauté se fait source (loin, loin du foot, coupe d’europe, laideurs enchauvinées du moment).
Quand la terre parle à l’esprit, que l’esprit parle le même langage que la terre, de puissance fécondante à puissance fécondante ; on écoute. Longuement. On entre dans ce mystère qui est aussi notre seule origine. Le Temps du Rêve. Tu y es.  

 


Le site de Will Menter :  
  http://www.neufportes.net/

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Published by Gérard - dans Signes de piste
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commentaires

Liciter A. 30/06/2008 17:31

J'aime l'embrasure de votre porte.
Des notes qui dénotent et résonnent dans les yeux. Merci.

Gérard 24/06/2008 23:04

@Laurent : Tu interroges la démarche de ce blog : sans doute la démarche est « pas de démarche ». Une succession de bouts perdus, de notes arrachées à des carnets obscurs, des écritures live avec doutes et larsens. En ce sens le web est un générateur de textes qui m’intéresse. Les mots ensuite : ils produisent des vers d’Hölderlin comme les divagations de Mein Kampf. La vérité des mots échappent à l’univers des mots. Ils ne sont pas nécessaires. Ils sont comme la peinture pariétale de Lascaux : la mise en évidence de lignes de force, un champ d’échos sonores. Le mot, en effet, indique la direction d’une vérité possible – mais plus souvent c’est le mensonge, l’approximation, la duperie, tu as raison. La parole poétique est un langage qui s’avance vers le silence sans en briser le sceau (d’après Mc Diarmid, je crois, poète écossais). Merci de ton passage. On ne répond pas aux interrogations ; on leur trouve une place.

Chris-Tian Vidal 23/06/2008 19:29

Voilà les impressions que je retrouve sur le site impérial de Angkor où la jungle se mêle à la pierre.

Gérard 23/06/2008 19:22

Note de bas de page : rien vu-entendu d’aussi beau depuis les œuvres éphémères d’Andy Goldsworthy / cf la section L’art à la fortune du vent, in L’éblouissement moderniste (lien : Regard sur l’Art). Will est un grand sorcier !