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16 juin 2008 1 16 /06 /juin /2008 07:08

Pour qu'il y ait littérature, mais littérature vraiment, il faut que l'écriture parvienne, sous la parole du familier, à la langue étrangère. Ce n'est que de cet écart, de cette étrangeté, qu'elle se produit. Non pas écrite d'abord pour épater un lecteur, mais pour ouvrir un chemin à la lucidité. Parvenir à la langue étrangère, c'est ça, la littérature. Larguer les amarres sur la mer des mots. Alors, et alors seulement, la grande aventure.

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Published by Gérard - dans Traduire le vent
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commentaires

Gepeto 04/08/2008 23:47

Ouvrir le chemin à la lucidité, cette expression est magnifique et traduire le vent est un travers que j'essaye aussi d'apprivoiser.
Je me retrouve en forte résonance avec ce texte. Merci.

Gérard 18/06/2008 13:57

Antoine Volodine aussi. Il va de soi que l'art, le vrai, est toujours une terre étrangère.

nicolas vasse 18/06/2008 10:37

périlleuse aventure l'humain avec ses mots ses morceaux de terre qu'il emporte pour la traverser cette flaque de rien.

langue étrangère c'est curieux j'utilise cette même expression

merci

salamone 16/06/2008 12:06

C'est bien l'aventure qui compte, nous sommes comme ces goutellettes d'eau qui parcourent sans cesse les airs... tantôt noyés au fond des mers et tântot suspendus à l'astre céleste.

Le sage et le mal

Il avait pris cette habitude angélique
Bercée par des mots doux et fuyant sa haine
De se consoler le soir venu sous les étoiles
Ravi mais un peu perdu devant la toile

Il parcourait le monde avec sa fringale
Son désir de bonnes mœurs ô mais les mygales !
Venaient de le mordre mon Dieu que de douleurs
Et là stupeur ! Le venin entra dans son cœur

Mais d’où vient-il au sage cette envie de vivre
Cette passion à qui l’infortune ne rend pas ivre
Cette manière de rester digne devant sa geôle ?

Nul n’est féroce ô Dieu nul n’est vraiment sage !
On s’inspire du mal du bien et de douces paraboles
Nul ne semble vil mais l’homme quel personnage !

Le 10 février 2007
Giuseppe

Gérard 16/06/2008 08:19

Note de bas de page : et tenter la grande aventure, aujourd'hui, retarde la parution de vos livres de quoi - 15, 20 ans ? Mais c'est l'aventure qui compte, plus que les livres.