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27 janvier 2008 7 27 /01 /janvier /2008 12:11

Le Time, dans son édition européenne du 3 décembre, titrait en une « La mort de la culture française ». La thèse a déjà fait couler beaucoup d’encre et grincer bien des dents. Pour péremptoire qu’il soit, cet article cependant nous dit trois choses fondamentales, qu’il aurait fallu entendre : la culture française se meurt de nombrilisme, de manque d’audace et de consanguinité. Le fait de connaître d’une écrivaine et/ou narratrice la vie supposée de sa petite culotte dès la page trois d’un récit ne possède aujourd’hui plus aucune charge de rébellion. Il faudrait que l’édition parvienne à rompre avec les audaces qui n’en sont plus depuis longtemps, avec ces libérations niveau potaches qui ne sont plus désormais que de bien plates conventions. Dans un monde bouleversé par les guerres, les ravages de toutes sortes, les injustices les plus insensées, l’autofiction devient une injure à l’intelligence, voire une indignité. Quand on ne s’appelle pas Montaigne, on ne fait pas dans l’autofiction ! Voici pour la critique. La façon de remonter la pente ? Regarder là où se créent les énergies nouvelles : dans les marges, chez les barjes, les excentriques, les décalés, les minorités (mais sans la supercherie du "politiquement correct"), les autodidactes non formatés. La France, devenue « un bazar multiethnique », peut, en puisant dans les forces vives du métissage, régénérer sa scène culturelle. C’est du reste ce qui est en train de se passer, notamment par des auteurs francophones mais non français d’origine, dont la contribution à l’espace culturel national (et mondial) est de plus en plus évident. C’est aussi la démarche des Etonnants Voyageurs de Michel Le Bris dont le Festival de Saint-Malo (10-12 mai 2008) aura pour thème : « Migrations » : « Jusqu’ici nous pensions essentiellement le monde dans les catégories du stable : état/nation, territoires, frontières, opposition intérieur/extérieur, communautés, familles, identité. Il se pourrait que le monde qui naît devant nous et nous emporte déjà nous oblige à une révolution : penser le monde, désormais, – et nous-mêmes avec lui – à partir, non plus du stable mais du mouvant. Moins une pensée des structures qu’une pensée des flux : flux de populations, comme jamais le monde n’en connut, migrations, volontaires ou subies, flux de capitaux, flux d’images et de sons, immédiateté d’une communication mondialisée. Où l’imaginaire individuel et collectif, paradoxalement, retrouve dans le grand tohu-bohu planétaire une place centrale de puissance de création de communautés imaginaires, fluides, plurielles, en perpétuelles recompositions », écrit Le Bris.

Alors, morte, la culture française ? Non : en train de se régénérer. Men at work.

http://www.etonnants-voyageurs.com/

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Published by Gérard Larnac - dans Signes de piste
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commentaires

gmc 30/01/2008 13:39

LA VALLEE DES ROIS

Dans les champs mortuaires de la culture, peuplés d'icônes et de stèles élevées par les adorateurs du funéraire, de loin en loin, une étincelle de feu-follet brille toujours, rappelant à ces vaillants enlumineurs que l'iceberg de la création poursuit son oeuvre dans leur dos et sous leurs yeux. Il suffit juste d'une oreille attentive pour entendre le son du napalm bruire de mille feux, reléguant l'étourderie lotophage à sa juste mesure. Des vers incandescents ravagent en tous temps les tombeaux et autres délices du caravansérail mécanique que des ilotes encensent, se parcheminant derechef de sciure d'escampette comme d'un strass vermoulu. Les scarabées bousiers se parfument à l'essence irlandaise ou au champ de mauvaises odeurs, leurs fumets iconoclastes apposent des sceaux de lumière pourpre au creux du ventre rebondi de la terre noire des cimetières, parsemant de leurs sourires espiègles les arabesques vertes de squelettes anthropophages qui font jaillir de leurs yeux édentés des versets de malachite ou des amulettes en verre de Lybie.

Yann 28/01/2008 01:27

Pardon, je ne me suis pas présenté... c'est Yann... j'ai mis le lien pour mon blog etc,

Yann 28/01/2008 01:01

Ca a toujours existé, Gérard, le tragique inconnu que l'on rencontre ou pas, il s'en sort toujours le sincère, le styliste, le génie dans l'ombre, qui reste vivant, on ne l'attend pas, jamais, il s'impose, et c'est marre, il n'y a pas de recette, d'endroits où aller chercher, la "marge", le "politiquement correct", ce sont des mots, de journalistes, rien, foutre et compagnie, il existe, en ce moment aujourd'hui, de très grands auteurs circulent et de très grands intellectuels philosophes aussi, le "grand public" ne le sait pas, pas encore, et tant mieux, la littérature change, aujourd'hui, maintenant, tout le temps, petits ou grands éditeurs, foutaises et poudre aux yeux, un écrivain est bon, et c'est tout, il est là, nous le rencontrons, ou pas, et c'est tant pis, bien sûr de nouveaux territoires sont à investir (dans l'édition, la diffusion, la politique culturelle) mais j'affirme que lautréamont, rimbaud n'était pas des stars, aujourd'hui des gens comme guyotat, bernard noel, sont de très très grands auteurs de littérature, et les gens s'en tapent une couille par-terre, ça a toujours existé, on ne peut pas convertir tout l'monde (et puis y'a la télé haha) bref, sinon moi je serai présent au salon étonnants voyageurs, au stand "droguerie de marine" (le plus alcoolisé) qui heberge P.O.L et Diabase etc..., j'espère qu'on s'y croisera... et puis y'a le salon de paris, avant... ps : je connais bien maet chantrel. A bientôt. Ps 2 : l'oniréalisme c'est du vent, en fait, c'est potache mon idée, bref, pas besoin de mouvement à la con, vive la liberté

Ulrich 27/01/2008 15:58

Bonjour,
je vous invite à venir lire mon blog.

Idothée 27/01/2008 15:26

oui, complètement- mais y a t-il réellement encore aujourd'hui une "marge" ? J'ai le sentiment qu'elle est en très grand partie rapatriée.
Où trouver de la libération qui ne soit pas "niveau potache" et qui évite le politiquement correct ?
dans la multiethnie oui :)
Chez les autodictates je suis moins sûr, ou alors en cherchant les perles rares. A moins que je ne comprenne pas le mot autodidacte de la même façon. Si c'est tous ceux qui (comme moi d'ailleurs) s'essayent à l'écriture, au dessin etc..ça donne surtout un foisonnement important (trop), de créations et il faut bien reconnaître- à parcourir le net, qu'elles sont assez formatées et sages et que le vrai talent y est rare (je ne m'exclue pas de ce constat :) )