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7 décembre 2007 5 07 /12 /décembre /2007 22:46

isis.gifSix personnages en quête de Bob Dylan. Un petit black vagabond joueur de guitare et déjà raconteur de bobards invétéré (Marcus Carl Franklin). Heath Ledger en Dylan période « New Morning » déchirant son amour (Charlotte Gainsbourg). Incroyable Cate Blanchett en Dylan androgyne et lunaire version psychédélique époque « Don’t Look back » speed électricité tournée folie sans fin ulcérations londoniennes « Judas ». Richard Gere en Dylan version Billy the Kid, sage et outlaw en paix avec lui-même… Et Christian Bale. Et Ben Whishaw. Dans son splendide I’m not there, Todd Haynes laisse passer la parade des avatars illuminés, des monstres à deux têtes, déconstruit la légende dont il laisse flotter ça et là les symboles. Et se garde bien de faire converger les voies/voix diverses de la geste dylanesque. Puzzle aux pièces manquantes : rendez-vous avec le chaos. « Je n’aimerais pas être moi », dit Bob Zimmerman en prenant des nouvelles de Bob Dylan dans les journaux. Tout se passe dans les chansons qui sont là, en appui (interprétations ou originaux) lampes tempêtes qui agitent l’obscur. Une vie n’est pas la somme des ratages et des succès. Rien ne jointe. Rien ne s’annule. Que sait-on jamais d’un homme ? Que sait-il de lui-même ? Tout se déroule ailleurs, backstage. Une machine à écrire qui fonce dans la nuit du désir comme un Southern Pacific et jamais ne revient en arrière pour reprendre un seul de ses mot. Et puis ça, perle absolue des bootlegs, jamais entendue par le grand public : I’m not there, enregistré en 1967 à Big Pink, Woodstock, avec le Band, période Basement Tapes. Cette voix blanche qui recouvre tout, ce nœud dans la gorge qui est la signature de notre humaine condition, de notre humain cirque : le fait de n’être pas là. A combien manquons-nous ce soir, à combien d’autres manquerons-nous bientôt. Bonne question, murmure Mister Jones à côté de moi avant de s’éclipser bien avant la fin de la séance, l’air d’avoir pissé sous lui. Plus tard dans la nuit - poursuivre avec le double cd ; indispensable pour se glisser encore une fois dans les immensités sauvages et colorées de l’œuvre dylanienne. Et repartir en freewheeling…

A ne pas manquer chez François Bon http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1029
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commentaires

G
Ceci dit j'ai parcouru ton site et ton approche me semble extrêmement stimulante. Je vais tâcher d'aller y voir de plus près.
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G
J'adore Zappa et ne l'oppose pas à Dylan. L'un est dans le registre de la distance critique (à écouter sa magistrale parodie de Bob sur Sheik Yerbutti !), de la citation, l'autre de la méditation. Mais les deux ont des usages communs, comme l'emprunt, le détournement. Même si les chemins qu'ils suivent sont radicalement différents, ce sont deux explorateurs de la matière musicale. Mais oui, sur le plan musical Zappa serait du côté deleuzien de l'immanence et Bob dans quelque chose de plus ancré, de plus mystique. Enfin, peut-être.
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G
pour brancher avec ton amour de Deleuze, j'oppose l'infigurabilité de Zappa comme "figure" nomade, à celle de Dylan qui se prête un peu trop au jeu du discours et aux formats pour agencer notre surf d'immanence. Je sais pas, c'est comme si Dylan se dérobait aux captures de la compréhension pour mieux forger son mythe et faire de ce mythe une fin en soi, c'est comme si ses fans jouissaient de la déception de leur sens (le "bon" ou le "savant") devant l'effet de langage qu'est "Bob Dylan", plutôt que de la disruption de l'ordre de leurs sens à l'aune de la musique. Je sais pas (bis), c'est comme si, ben, Dylan, ce serait moins un agenceur de désir que de territorialisation nostalgique, la petite ritournelle de ce qu'on fut, plutôt que sa déterritorialisation....<br /> bref....
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G
Note de bas de page :<br /> - "Bob Dylan, un mot pour nos auditeurs.<br /> - Astronautes..."
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