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31 octobre 2007 3 31 /10 /octobre /2007 10:03

Au milieu de toute cette incessante dispersion de la pensée, tenir le cap. Malgré la violence des raisonneurs sans fin et des discours sagement appris. En dépit de cette incompréhension de principe derrière laquelle se retranchent les immobiles. Contre ce silence auquel on voudrait réduire celui qui n'appartient ni au village ni à la paroisse. Tenir le cap, nom de dieu ! Ferme dans les brisants. Que ta main ne tremble pas. Que ta voix se fasse blanche. Que la tempête passe sur tes lèvres. Et que dans les mots nouveaux qu'elle imprègne gronde l'orage qui vient, souffle la première brise de l'aurore.

 

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Published by Gérard Larnac - dans Lignes de faille
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commentaires

PM 31/10/2007 21:26

Le poète..sourire!

salamone giuseppe 31/10/2007 17:10

Bonsoir,

Tenir le cap c'est une obligation, une nécessité.
Il nous faut tenir bon gré, mal gré.
Ne pas se laisser surprendre par la meute et les sarcasmes violents de la nature des hommes.

A l’ombre du tombeau

La lumière viendra et voudra entrer chaque jour dans la demeure
Jusqu’à ce que cette odeur nauséabonde s’épuise et meurt
Et qu’il n’y ait plus d’habit de chair et ne reste que les os
La dentition sera mise à nu fermé sans plus de force sans dire un mot

Des métamorphoses s’en suivront avant que l’absence y demeure
Car à l’ombre du tombeau on y vit mais très vite on y meurt
Et si là le sombre vit caché il ne laisse aucune place aux indécis
Ô ambre d’une peau dispersée sur sa glaise et qui engendre encor la vie

Aux rythmes des gouttes qui se brisent et tombent dans son unique univers
La couche de terre dès l’aube venue sera vide de sa substance tel un ver
Tout près de la tombe on fera la fête on la contemplera le jour et la nuit
Et le tambour résonant au vent sous le poitrail ouvert finira dans l’oubli

Là-haut tant de nuits se battront entre elles mais n’auront pas d’ennemie
Elles pourront s’adonner au spectacle tout en prenant part à la vie
Et seulement lorsque la fatigue ou la clarté viendra se poser sur le caveau
Qu’elles entreront combler et en silence à l’ombre du tombeau

L’âme verra dépérir le corps et d’amour restera là seule durant des heures
Là sous son étoffe noire blottie aux lambeaux de chair et tout en pleurs
Adam Eve Le Nil Moïse ou alors l’indicible Néant lui raconteront sa vie
Puis en entrant dans la demeure la guideront vers le Dieu ou le Saint-Esprit

Les soirées d’automne étaleront sur le tombeau tout un tapis de feuilles
L’hiver s’en suivra et le couvrira de neige et d’épaisse glace de deuil
Lorsque le printemps viendra quelques papillons butineront son aire
Et l’été le chauffera si fort qu’il voudra s’ouvrir pour entrevoir la lumière

Là à l’ombre du tombeau s’éternisera le corps sous des bouquets secs
Eux aussi sans vie et couvert de règnes invisibles et de silence de métèque
Qu’est-ce donc que le bruit ? Ô qu’est-ce donc que ces fracas burlesques ?
Sous la pierre on y dort ! sous le béton on ne contemple plus le dantesque

Et me voilà dans ce cimetière cherchant Apollinaire Edith Piaf la misère
Me voilà en larmes sur les pentes du Père Lachaise où des âmes errent
Des hommes à la stature glorieuse des femmes aux intentions pieuses
Mon Dieu à l’ombre des tombeaux chapelles en ruine et détresse porteuse.

LE 7 MAI 2007
GIUSEPPE